Didier Deschamps FranceGetty

Didier Deschamps sur le retour d'Olivier Giroud : "Plus le même statut"

Il ne faisait pas partie de la liste initiale mais a été appelé après le forfait de Karim Benzema. Le nom d'Olivier Giroud a monopolisé une bonne partie de la conférence de presse de Didier Deschamps. Durant plusieurs minutes, le sélectionneur de l'équipe de France a expliqué les raisons qui l'ont poussées à rappeler le champion du monde mais aussi à s'en passer durant quelques mois. Et il lui a fallu jouer de certaines comparaisons pour que le message passe.

Pourquoi avoir rappelé Giroud ? Et que doit-il faire pour être rappelé de manière durable ?

Le plus important pour moi, c'est d'être cohérent et juste par rapport au discours que je peux avoir avec les joueurs. Olivier va nous rejoindre, il n'a pas à faire plus ni moins, il a fait partie de cette équipe de France très performante, qui l'a aussi été sans lui. Je l'ai toujours dit, il fait partie des joueurs sélectionnables. Il est là aujourd'hui, c'est lié à la blessure de Karim Benzema. Je ne vais pas avoir une attention particulière avec lui, il fait partie d'un groupe qu'il connaît très bien avec toujours les mêmes.

Le fait qu’il ne revienne pas en équipe de France après l’Euro, était-il lié au terrain ou à des choses en dehors ? Est-ce plus facile de gérer avec Karim Benzema et Olivier Giroud ou seulement quand l’un des deux est là ?

C’est une bonne question. Ce n’est pas une question de relation même s’il y a de la concurrence entre les deux. Mais la réflexion n’est pas de dire, si Karim n’est pas là, ça sera Olivier. Cela va plus loin que ça. C’est toujours la grande difficulté quand un joueur qui a un statut, qu’il a mérité d’avoir, n’a plus le même statut et qu’il est toujours là. C’est toujours difficile à vivre, voire impossible. C’est humain. Olivier n’est pas le seul, il y en a eu d’autres avant et c’est humainement très difficile à vivre.

Attendez-vous de voir s’il est capable de tenir un autre rôle ? Ou ça sera toujours soit l’un, soit l’autre parce que c’est plus simple comme ça ?

Non je ne pense pas que ce sera plus simple pour moi mais plus pour le bien-être collectif. Je ne le prends pas pour lui dire « t'auras 30 ou 40% » pour voir comment il va réagir. Je ne fais pas de cas à part avec Olivier. Un joueur qui a un statut, c'est compliqué psychologiquement d'avoir moins et ça peut peser sur le groupe parce qu’il peut avoir des affinités avec certains. Le joueur qui a un statut a besoin d’avoir un rôle important à jouer, je suis convaincu de ça.

Olivier Giroud sera-t-il devant Wissam Ben Yedder dans la hiérarchie des attaquants ?

Le statut et la hiérarchie, il faut les dissocier. Ce n'est pas lié. Un statut, c'est par rapport au rôle du joueur, au fait de jouer ou de ne pas jouer.

Est-ce à cause de son statut que vous ne l’avez pas rappelé ?

Il a eu un statut pendant de longues années. C'est par rapport à son utilisation et à son temps de jeu. Il y a de la concurrence, mais ce n'est pas lié à la présence Mbappé ou Benzema. C'est par rapport à mes choix sur le plan offensif. Il a eu du temps de jeu sur de très longues années.

Vous voulez dire que l’on ne peut pas laisser sur le banc un joueur qui a longtemps été titulaire en équipe de France ?

Tout est possible, ce n'est pas spécifique à Giroud. Je considère qu'un joueur habitué pendant des années à avoir un statut, c'est humainement compliqué d'avoir moins. Je considère que c'est la réalité aujourd'hui, et ça l'a été de tous temps. Et on peut élargir à d’autres métiers. Vous les journalistes, si vous êtes habitués à avoir un statut et que dans votre entreprise, au lieu de faire le match du dimanche soir et bien vous faîtes le match que peu de personnes ne regardent, est-ce que vous allez le faire ? Je ne pense pas que vous allez bien le vivre. C’est humain non ? C’est un bon exemple hein (rires) ! Je pense que vous m’avez compris (rires).

Vous parliez en novembre de ne pas céder au buzz concernant Jonathan Clauss. Vous l’avez finalement appelé et les images de sa réaction en apprenant qu’il ferait partie du groupe France ont fait le buzz…

Je ne suis pas là pour faire des cadeaux. S'il est là, c'est parce que je considère qu'il le mérite. Après, l'histoire est belle, parce que ce n’est pas un parcours linéaire en arrivant en pro après un centre de formation. Il est arrivé tard au très haut niveau et il connaît l’équipe de France tard. Mais ce n’est pas sa fête ni son jubilé. Il ne doit pas voir ça comme une finalité, même si ce n’était pas programmé dans sa tête il y a un an et demi ou deux ans, mais considéré cela comme une étape. Il aura du temps de jeu. La seule vérité est celle du terrain, celle qui l'a emmenée ici.

Vous avez convoqué deux nouveaux défenseurs. Est-ce un secteur dans lequel il y a des places à prendre ?

Ce sont les circonstances qui font que... Si Saliba est là aujourd'hui, c'est parce qu'il n'y avait pas suffisamment de marge pour Pavard (positif à la covid-19). Ils vont avoir un rôle à jouer. On ne sait pas ce qu'il va se passer car leur niveau de performance en club peut être moins bien et la concurrence s’intensifier.

L’absence de Karim Benzema ou le retour d’Olivier Giroud modifie-t-il votre approche tactique de ce rassemblement ?

Vous lui donnez beaucoup d’importance. Le fait d’avoir rappelé Olivier ne va pas faire changer les choses. Je pars avec une idée, il n'y a pas de souci sur le rôle des uns et des autres, on reste sur ce que je vous ai dit jeudi (schéma de jeu avec trois défenseurs centraux).

Qu’est-ce qui fait que vous avez choisi d’appeler William Saliba plutôt qu’un autre ?

On le suit depuis un moment, il est avec les espoirs. J'échange beaucoup avec Sylvain Ripoll, il était d'ailleurs au courant depuis la fin de semaine. J'aurais pu annoncer sa convocation hier, mais j'ai attendu la fin de son match avec l'OM pour la rendre officielle. Il connaît le système de jeu. Il a un bon jeu de tête et dégage beaucoup de sérénité et de tranquillité, même s'il y a parfois quelques petits excès dans ces situations de relance avec le ballon.

Cette saison, on a remarqué que Kylian Mbappé avait gagné en leadership au PSG. Avez-vous constaté la même chose en équipe de France ?

C'est quelqu'un qui a toujours eu beaucoup de maturité de par ce qu’il fait sur le terrain il est un leader offensif. Ses prises de parole ont du poids. Entre le Kylian d’aujourd’hui et celui qui est arrivé en équipe de France, il y a eu un parcours. Il a une place importante, très importante même en équipe de France. Après ce n’est pas quelqu’un qui revendique beaucoup de choses en dehors du terrain. Lui, c'est le terrain, le jeu. Après pour l’extérieur, quand il y a une prise de parole de sa part, forcément ce n’est jamais anodin, ça prend beaucoup de place.

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