C'était la surprise du chef mercredi à Stamford Bridge. Pour affronter Chelsea en Ligue des champions, l'entraîneur rennais Julien Stéphan avait décidé de titulariser le jeune Yann Gboho. Malgré un score largement en faveur des Blues, le milieu offensif de 19 ans n'a pas démérité. Une première apparition dans la plus grande des compétitions européennes que Thomas Leyssales a pu observer devant son poste de télévision, lui qui a entraîné Gboho au FC Rouen entre 2013 à 2016. Maintenant responsable de la préformation au PSG, il jette un regard sur son ancien élève avant le duel alléchant entre Paris et Rennes samedi soir.
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Vous avez entraîné Yann Gboho pendant trois ans à Rouen. Quel souvenir vous a-t-il laissé et avez-vous gardé contact avec lui ?
Thomas Leyssales : Oui, on a encore des contacts. J'ai aussi gardé contact avec la famille qui est très sympathique. Dès son arrivée à Rouen, on a tout de suite vu ses qualités. Je me souviens de ses premiers matches amicaux en U13. Il avait quelque chose de différent par rapport aux autres. C'est quelqu'un de très jovial, qui apporte de la fraîcheur dans un groupe. Avec nous, c'était déjà un joueur offensif, un peu délié avec des dribbles chaloupés, une belle gestuelle et une conduite de balle très fine. Bien sûr, il avait des axes d'amélioration, c'est normal à cet âge-là. Il devait progresser sur l'aspect défensif. On a appuyé sur ça pendant trois ans tout en continuant à améliorer ses points forts. On a avancé petit à petit, et quand je vois son match contre Chelsea mercredi j'ai l'impression qu'il évolue bien, très bien même.
Qu'avez-vous ressenti en le voyant titulaire à Stamford Bridge et quelle impression vous a-t-il fait ?
J'étais ravi qu'il soit titulaire pour son premier match en Champions League. Il a montré sa capacité à faire les efforts, à défendre. Il a fait les courses défensives. Quand il sortait sur l'adversaire, c'était vraiment intéressant. J'ai bien regardé son match, après avoir pris soin de regarder celui du PSG. Il jouait dans le couloir et je dois dire qu'il est plutôt bluffant sur le côté parce qu'avec nous, et même plus jeune à Rennes, il évoluait plutôt dans l'axe, derrière l'attaquant. Il montre qu'il peut aussi jouer couloir, et c'est la preuve qu'il s'est bien développé à Rennes. Si on regarde les statistiques, je crois qu'il est très intéressant sur le nombre de kilomètres parcourus. Il a beaucoup d'activité et avec ballon il est toujours aussi à l'aise. Il a cette capacité à aller provoquer balle au pied même si j'aurais aimé qu'il y aille un petit peu plus, qu'il ait encore moins froid aux yeux entre guillemets. Mais pour une première en Champions League, c'est prometteur et il me tarde de voir la suite.

Julien Stéphan l'a utilisé sur l'aile, en deuxième attaquant ou en milieu relayeur. Cette polyvalence est-elle une force pour Yann Gboho et doit-il se lâcher davantage sur le terrain ?
Sur les premières chances, on a souvent tendance à assurer un petit peu. C'est humain, on ne veut pas décevoir le coach. Mais s'il répète les matches, Yann va se lâcher et il pourra montrer de très bonnes choses j'en suis convaincu. Aujourd'hui, sa polyvalence est une force pour moi. Le coach a plusieurs cordes à son arc. Il peut entrer sur certains matches ou être titulaire de temps en temps. C'est bien pour l'instant. Après au fil de sa carrière, on lui demandera sûrement de se fixer à un poste. Lequel ? Ça dépendra des performances qu'il aura au fil des matches, du système de jeu du coach et surtout de l'animation qu'il choisira de mettre en place.
Que doit-il améliorer pour s'installer durablement dans cette équipe du Stade Rennais ?
En tant que coach, je dirais encore l'aspect défensif, en respectant les consignes sur le replacement, le jeu de transition... Après derrière, ça reste un joueur offensif donc c'est bien qu'il puisse apporter une touche technique, qu'il puisse fluidifier le jeu. On attendra qu'il soit efficace dans l'avant dernière passe, la dernière passe ou qu'il marque comme il a pu le faire la saison dernière contre Toulouse et Angers.
Propos recueillis par Benjamin Quarez




