Alors que l'équipe de France dispute actuellement la Coupe du monde féminine, un an après la victoire des garçons en Russie, la question du gouffre financier qui sépare le football féminin de son homologue masculin peut se poser. Avant tout, les Françaises devront atteindre le podium - ce qui ne sera pas une mince affaire alors qu'elles affronteront le Brésil en huitièmes puis potentiellement les Etats-Unis en quarts - pour toucher une prime de la part de la Fédération.
Des primes qui resteront dans tous les cas dix fois inférieures à celles touchées par les joueurs de Didier Deschamps l'an dernier en Russie. Antoine Griezmann et ses coéquipiers avaient en effet reçu environ 400.000 euros chacun pour leur sacre ; ce sera 40.000 en cas de couronnement le 7 juillet prochain pour les filles de Corine Diacre, 30.000 euros en cas de défaite en finale, 20.000 pour une troisième place et sinon rien. Pour les hommes comme pour les femmes, la FFF reverse 30% de la dotation FIFA aux joueurs et joueuses, mais c'est bien cette dernière qui diverge en fonction du sexe, et cela semble tout à fait normal puisque le football féminin ne rapporte pas autant d'argent que son homologue masculin.
Autre exemple : les droits télévisés. Quand les diffuseurs dépenseront plus d'un millard d'euros à partir de 2020 pour retransmettre la Ligue 1, les droits TV de la Division 1 atteignent tout juste 1,2 million d'euros par an, alors que le championnat est diffusé depuis la saison dernière en intégralité sur Canal+.
Des salaires qui ne dépassent pas 30.000€/mois
Du côté des salaires, l'écart est encore plus important. Parmi les 23 sélectionnées, ce sont les Lyonnaises qui s'en sortent le mieux selon les informations de L'Equipe. Amandine Henry, capitaine des Bleues et Wendie Renard, capitaine à Lyon, toutes deux parmi les stars de la Division 1, arrivent en tête avec des rémunériations mensuelles proches des 30.000€ - des chiffres démentis par le club. A titre de comparaison, le salaire moyen des joueurs d'Amiens, en Ligue 1, est de 27.000€.
Derrière, le reste des joueuses issues de l'OL culminent entre 10 et 20.000€ mensuels, suivies par les Parisiennes. Périsset, Geyoro et Diani gagnent ainsi un peu moins de 10.000€ par mois, dans un club pourtant vice-champion de France et quart de finaliste de la Ligue des champions, où le salaires les plus bas dépassent à peine le SMIC.
En dehors de Lyon et du PSG, aucune joueuse ne dépasse les 5.000€ et huit sont même en-dessous de 3.000€ par mois. Le plus petit salaire des 23 est celui de la Guingampaise Solène Durand, situé légèrement au-dessus du SMIC. Enfin, plusieurs joueuses ont un emploi à côté du football à l'image de Maéva Clemaron, architecte, de Gaëtane Thiney, employée à la FFF, ou encore de Julie Debever, éducatrice spécialisée.
Des salaires davantage comparables à ceux des internationales françaises en basket ou en handball. Des sports où l'ensemble des joueuses de première division sont professionnelles, ce qui n'est pour l'heure pas le cas du football.
