Continuité ou révolution, comment l’OL va-t-il gérer l’après Genesio ?

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Après l’annonce du départ de Bruno Genesio en fin de saison, l’OL doit négocier un virage important pour son évolution.

Il y a effectivement eu plusieurs types de réactions samedi matin lorsque Bruno Genesio, après un entretien préalable avec Jean-Michel Aulas, a annoncé à ses joueurs qu’il ne remettrait pas le couvert la saison prochaine. Mais dans l’ensemble, un sentiment dominait : l’incompréhension. Comment le sol s’est-il totalement dérobé sous les pieds lyonnais en l’espace de seulement 15 jours ? Mais même sonnés, les joueurs devront remettre les interrogations à plus tard.

Les réponses peuvent de toute façon varier sur la répartition des responsabilités ; celle du coach et de son management, celle des joueurs eux-mêmes ou du président et de sa communication… « Chacun fera son auto-critique, moi j’ai fait la mienne », résumait Bruno Genesio lors de sa conférence de presse exceptionnelle du week-end. Car l’heure est déjà à la suite pour l’OL. Si elle active d’abord un dernier levier pour les 6 matches restants en Ligue 1 et la lutte pour la qualification en Ligue des champions, l’officialisation du départ de Bruno Genesio a surtout fait basculer les Rhodaniens dans l’après.

Difficile d’imaginer un changement radical

Elles apparaissent déjà mais les rumeurs vont fleurir de plus belle dans les semaines à venir. Les noms de Marcelo Gallardo et de Laurent Blanc - qui sont presque des serpents de mer pour l’OL - ont déjà été évoqués tout comme celui de José Mourinho, petit nouveau dans la galaxie des prétendants au poste. Une chose est sûre, cette fois, Jean-Michel Aulas et son équipe iront au bout et recruteront donc l’homme qui symbolisera un nouveau cycle. Et son identité en dira long sur les intentions du président quant aux orientations qu’il souhaite prendre.

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Marcelo Gallardo

Parmi les hypothèses qui ont aujourd’hui un peu de crédit, celle menant à Marcelo Gallardo est la plus renversante. D’abord parce qu’il s’agirait d’un entraîneur étranger, ce qui n’est arrivé qu’une fois à l’OL et jamais sous la présidence de Jean-Michel Aulas. Mais aussi parce que cela ferait prendre un virage à 180 degrés à la modélisation du club qui, en caricaturant juste un peu, ne fonctionne qu’avec un grand patron et des exécutants. Or depuis sa dernière prolongation de contrat à River Plate, Marcelo Gallardo est un coach aux allures de manager général. L’Argentin de 43 ans a les clés du club et s’est vu confier une mission qui, en plus du management de l’équipe première, redescend dans toutes les équipes de jeunes pour la mise en place et l’application d’une philosophie de jeu commune. Alors que le directeur sportif Enzo Francescoli s’affaire davantage sur le marché des transferts et les préoccupations administratives avec le président Rodolfo D’Onofrio, Marcelo Gallardo est le grand patron du sportif. Un rôle aux prérogatives étendues qui serait une révolution pour l’Olympique lyonnais.

Difficile d’imaginer que Jean-Michel Aulas s’y résolve. Au regard de ses dernières interventions, son expérience et son savoir-faire en matière de gouvernance semblent toujours être ses meilleurs guides et la nomination d’un « homme fort » tel que pourrait l’être Gallardo ou, de manière encore plus appuyée, José Mourinho, s’inscrirait en rupture avec ses préceptes. Laurent Blanc, lui, cocherait plusieurs cases. La souplesse de son management et de ses rapports hiérarchiques tels qu’ils étaient au PSG seraient plus enclins à un mariage des genres. Le fait que son passé n’ait rien de lyonnais et que son passif soit, en comparaison aux entraîneurs de la dernière décennie, celui d’un coach de renom, pourrait aussi être des arguments. Avec ce profil d’entraîneur, Jean-Michel Aulas pourrait même recaser Bruno Genesio dans un rôle de directeur sportif ou une autre fonction « qui resterait à définir », selon les termes de l’actuel entraîneur des Gones. Les pistes internes n’étant jamais à écarter aveuglément à Lyon, il serait même raisonnable de les penser plus probables qu’une vraie révolution.

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