Plus de quinze ans après avoir pris sa retraite de joueur, Bruno Rodriguez a pris la décision de se faire amputer de la jambe droite, lui qui souffrait d'importantes douleurs après avoir eu recours à des infiltrations récurrentes pour pouvoir jouer.
"Ça a fait des dégâts importants dans ma vie"
Un calvaire sur lequel il s'est confié dans les colonnes de L'Equipe : "Quand je jouais, j'ai eu beaucoup d'entorses de la cheville, retrace-t-il aujourd'hui. J'avais tout le temps envie de jouer, pour les petits comme pour les grands matches, donc on me faisait des infiltrations. Et ça laisse des traces.
"La cortisone qu'on m'injectait, c'est connu, ça ronge le cartilage, et s'il n'y a plus de cartilage, ça couine à l'intérieur. Nous, en tant que footeux, on n'est pas forcément au courant des conséquences. C'est sûr que si on m'avait expliqué, j'aurais dit que je laissais passer le match à venir."
Autant de traitements à l'origine de séquelles après sa carrière. "Je n'avais plus d'autonomie. Je ne pouvais plus conduire. Ma femme était obligée de me laver", raconte-t-il.
"Je ne pouvais plus travailler, donc il n'y avait plus de rentrée d'argent. Ça a fait des dégâts importants dans ma vie. Je n'ai pas pu profiter de mes enfants. Je ne pouvais plus rien faire, je restais à la maison.
"On ne sert plus à rien. Je n'étais pas forcément déprimé. Enfin, je le pensais. Mais je ne faisais que manger. J'étais facilement irritable. Ce n'était plus une vie pour ma femme. Si elle n'avait pas été là, j'aurais pu faire une connerie."
"Il faut que ça fasse un choc"
Jusqu'à cette décision de se faire amputer de la jambe droite pour mettre fin à cette souffrance.
"Il faut que ça fasse un choc. Sensibiliser les jeunes. Qu'on s'en serve dans les centres de formation", affirme encore l'ancien joueur de Metz ou du PSG.
"Avec mes conseils, des avocats spécialisés, on essaye de trouver une solution pour savoir ce qu'on peut faire, soit une association, soit une fondation, pour créer quelque chose.
"Je prends un nouveau départ, mais s'il y a la fondation avec. J'ai besoin que les clubs adhèrent. Je ne veux pas m'arrêter là. Mon exemple doit servir au monde sportif. On ne veut pas faire du sport pour être handicapé après."


