Le transfert de Bouna Sarr de l'Olympique de Marseille au Bayern Munich à l'été 2020 en a surpris plus d'un dans le monde du football. Désirant une recrue au poste de latéral droit, le club bavarois avait penché son dévolu sur le joueur de l'OM. Un transfert surprenant pour le grand public, mais aussi pour le principal intéressé. Dans une interview accordée à L'Equipe, Bouna Sarr est revenu sur les dessous de son transfert au Bayern Munich.
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"On a affronté les Munichois en amical, pendant l'été. Le lendemain, un analyste vidéo de l'OM, Anthony Santiago, m'envoie un message pour me dire que j'ai plu à pas mal de dirigeants du Bayern assis à côté de lui en tribunes. Pour moi, c'est anodin, je ne calcule pas. Il reste cinq ou six jours de mercato. Un beau matin, mon agent m'appelle tôt. Je dois aller en soins. A l'époque, j'ai des problèmes de genou, ça m'a gêné pendant ma préparation, et privé du Classique. Moralement, c'est compliqué, j'ai envie de revenir vite. Bref, ce matin-là, il m'appelle vers 8 heures et me demande : "Est-ce que tu serais apte à passer une visite médicales ?" Etonné, je réponds : "Oui, pourquoi ?". Il enchaîne : "Le Bayern veut te prendre"", a déclaré Bouna Sarr.
Sarr surpris par l'intérêt du Bayern
"Généralement, il ne me prévient que s'il y a du concret, il ne s'avance jamais. Je viens de me réveiller, je raccroche. Puis, quelques minutes après, je le rappelle : "Attends, tu m'as dit quoi déjà ? Le Bayern !?" Tout s'est enchaîné, j'ai signé le dernier jour du mercato. J'avais cette petite crainte que l'OM me bloque, mais après cinq saisons au club, tout le monde était gagnant, j'ai été récompensé de mon sérieux. C'est aussi valorisant pour l'OM qu'un joueur file au Bayern, le coach Vilas-Boas était fier de moi", a expliqué l'international sénégalais.
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Le latéral du Bayern a expliqué ses difficultés lors de sa première saison en Bavière : "Je me suis mis dans les meilleures conditions. Le coach Flick me dit : "Tu es le profil que j'attendais. Je ne t'ai pas pris pour être une doublure, mais un n°1 bis. Si tu es bon, tu vas jouer". En Coupe d'Allemagne, ça se passe bien, je fais deux passes décisives à Choupo. J'intègre la rotation, Pavard est blessé. Ce que les gens ne savent pas, c'est que je joue en serrant les dents, j'ai mal au genou, je prends mon anti-inflammatoire avant chaque match. La veille du Klassiker contre Dortmund, je me fais mal à l'entraînement. Il n'y a pas d'autre latéral droit, je suis obligé de jouer malgré la douleur. Une prestation vraiment très moyenne, on gagne 3-2. Je me dis en rentrant chez moi : "Mais comment je vais faire ? Je n'ai pas été bon aujourd'hui, j'ai encore mal au genou, comment va se passer la suite?".
Un rendez-vous manqué avec les Bleus
"Deux jours après le Klassiker, un des adjoints de Didier Deschamps m'appelle : "Tu es où ? Tu fais quoi ? Il faut que tu nous rejoignes ce soir". Johannes, qui gère la logistique pour les joueurs du Bayern, me dit : "Je suis au courant, je suis en train de parler avec les médecins, ils vont te déconseiller d'y aller". D'un côté, j'ai l'équipe de France qui me dit de rappliquer, de l'autre, les docs du Bayern qui hésitent... Je retourne à l'hôtel faire ma valise et lorsque j'arrive à l'aéroport, le docteur des Bleus, Franck Le Gall, que j'ai connu à l'OM m'annonce : "Je pense que ce n'est pas une bonne solution que tu viennes. Au Bayern, ils m'ont dit que ça pouvait être dangereuxn que tu ne pourrais pas être à 100%". Ils n'avaient pas tort : aller chez les Bleus, ne pas être bon à cause d'un genou, ne pas être rappelé, tout en me mettant à dos le Bayern alors que je viens d'arriver... J'ai vité digérer cet épisode-là, je me suis concentré sur le Bayern, même si ce pépin a pourri ma première saison ici", a ajouté l'ancien latéral de l'OM.
Malgré un temps de jeu bien plus faible cette saison, Bouna Sarr ne compte pas rendre les armes : "Un départ en janvier ? A aucun moment, ça ne m'a traversé l'esprit. Je ferai un point en juin avec le Bayern. L'année dernière a peut-être compté aux yeux des gens, mais pour moi, elle était tronquée par la blessure. Je ronge mon frein, mais j'ai déjà connu àa à Marseille. Le Bayern est un club d'un grand standing, il y a moins d'indulgence. D'un match à l'autre, il faut être toujours au top. J'ai conscience que je dois aller chercher cela, faire penser au staff : "Ne vous focalisez pas sur la saison dernière, il faut me donner de la confiance, du crédit. Si le Bayern m'a recruté, ce n'est pas pour rien". Je vais me servir de la CAN pour montrer de quoi je suis capable".




