Sa décontraction en conférence de presse jeudi avant le choc très attendu face aux États-Unis n’a pas empêché l’expression de sa détermination. Du haut de ses 29 ans, Amandine henry a vécu bien trop de déceptions avec les Bleues pour laisser passer cette chance unique au Parc des Princes, en quart de finale de la première Coupe du monde féminine organisée en France. Mondial 2015, Jeux Olympiques 2016, Euro 2017, la Lyonnaise a été de toutes les mésaventures de cette sélection à l’immense potentiel mais aux résultats jusque-là décevants dans les grandes compétitions. "C’est à nous d’écrire notre histoire, assurait-elle devant les journalistes. Sur le terrain, il y aura deux grandes équipes et ce sera à nous d’aller chercher notre qualification."
Bleues - Corinne Diacre : "On va affronter la meilleure équipe du monde"
Diacre : "C'est un vrai relai entre le staff et les joueuses"
Dans une équipe française qui a fait carton plein depuis le début de la compétition (quatre victoires en quatre matches), elle ne se cache pas derrière ses responsabilités. Devenue capitaine des Bleues sous les ordres de Corinne Diacre, la milieu de terrain de 29 ans est une pièce maîtresse selon sa sélectionneure, qui apprécie son dévouement sur le terrain mais aussi dans le vestiaire. "Amandine c‘est la capitaine. Au départ, ce n’était pas un rôle naturel pour elle, on lui a laissé le temps de faire les choses, de les appréhender. Aujourd’hui c’est un leader sur le terrain, elle impulse beaucoup de choses. C’est un vrai relai entre le staff et les joueuses."
Cette estime provient aussi des adversaires. La plupart des observateurs étrangers pensent qu’Amandine Henry est actuellement la meilleure joueuse du monde à son poste et une candidate crédible au Ballon d’Or féminin 2019. Megan Rapinoe, capitaine et icône de l’équipe américaine, a indiqué son admiration pour celle qui a joué une saison au pays de l’Oncle Sam, du côté de Portland (2016-2017). "Amandine a une très bonne mentalité en tant que joueuse, elle a quitté Lyon pour participer au championnat américain. Pour les joueuses françaises quitter une équipe comme Lyon, ça veut dire beaucoup sur sa détermination. Sur le terrain, elle est vraiment très complète."

Son apport sur le terrain se traduit également en chiffres. Elle est la joueuse française qui a remporté le plus de duels (39) depuis le début du tournoi. Offensivement, Amandine Henry est juste derrière Amel Majri sur le nombre d’occasions créées (9). Au niveau des passes, elle a réussi 83% de ses transmissions, soit plus que la moyenne de son équipe (80%). Enfin comment ne pas revenir sur ses buts, notamment le dernier en date face au Brésil en prolongation. Copier-coller du but de Thierry Henry en 2006 en quart de finale face à la Seleção, la capitaine des Bleues a été l’héroïne d’un soir après un service minutieux d’Amen Majri. Cette réalisation n’a fait qu’augmenter sa popularité auprès des supporters mais aussi son influence sur le terrain.
Un passage riche en enseignements à Portland
Sa détermination est sans faille pour ce rendez-vous face aux tenantes du titre. Sans doute la plus américaine des joueuses du groupe de Corinne Diacre, par son passage à Portland, elle a expliqué qu’il n’y aurait plus d'histoire d’amitiés au coup d’envoi, notamment avec Tobin Heath. "On n’a aucun contact entre nous depuis le début de la compétition. Ce sont mes copines en-dehors du terrain mais pour ce match, il n’y aura pas de cadeaux à se faire." Sur son année passée dans l’Oregon, Amandine Henry n’en retient que du positif. "Ça a été un plus notamment humainement. J’ai découvert un autre style de jeu, beaucoup plus direct et physique. Je vais m’en servir et le partager avec mes coéquipières." Le message a le mérite d’être clair et nul doute que cette motivation sera un modèle à suivre pour ses partenaires, à l’heure de cette immense défi.


