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Barça, une Messi-dépendance marquée et prouvée par les chiffres

Dire que Messi manque au Barça quand il est absent ou diminué est un euphémisme. Mais ses méformes éventuelles affectent aussi son équipe quand il est sur le terrain. Tenu en échec au Pirée en Ligue des champions mardi soir (0-0), le Barça affiche une constante depuis les débuts de l'Argentin. Il a du mal à remporter ses matches quand ce dernier n'est pas inspiré. Les chiffres le montrent : quand Messi ne marque pas ou ne fait pas marquer ses coéquipiers, Barcelone a, historiquement et presque invariablement, du mal à l'emporter.

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Marronnier notoire de la presse espagnole, ce phénomène est pourtant très ancien. Il remonte à après les années Rijkaard, où Leo n'était pas encore le Messi que l'on connaît et n'avait pas encore arboré le fameux numéro 10 sur ses épaules qui ne le quittera plus depuis l'été 2008. Si Ernesto Valverde tente de résoudre cette équation sans inconnues et s'en sort à peu près bien en ayant réussi à gagner 50% des matches où La Pulga n'a ni marqué ni donné de passes décisives cette saison, ce n'était pas forcément le cas de ses devanciers. Certains coaches, à l'instar de Pep Guardiola, se reposaient énormément sur le talent (immense) de l'Argentin. Difficile de les en blâmer. Notre analyse porte sur les 207 matches disputés par Messi où il n'a pas marqué ou donné de passe décisive. Et le ratio n'est pas glorieux pour le Barça. Quand Messi n'a pas eu d'inspiration, le Barça a affiché un ratio de victoires de 47% seulement.

Il s'agit d'une moyenne, certains techniciens s'étant appuyés davantage que d'autres sur Messi. On le répète, on pense bien-sûr à Pep Guardiola. Les deux hommes avaient permis au Barça de toucher les étoiles en pratiquant un jeu somptueux. Mais si le tacticien catalan avait contribué à propulser Messi au firmament, ce dernier le lui a bien rendu. En 2011-2012, le Barça de Guardiola n'avait remporté que 2 des 13 matches où Messi n'était pas directement impliqué dans le résultat. Un ratio misérable de 15%, qui représente le point culminant de la Messi-dépendance dans l'histoire commune entre La Pulga et son équipe.

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En revanche, c'était carrément l'inverse avec l'arrivée de Luis Enrique avec la MSN déployée sur le terrain, avec un Messi enfin invité à déléguer les responsabilités offensives aux deux autres pointes du trident. Lors de la saison 2014-2015, Barcelone a signé ses meilleures performances sans l'influence directe de Messi, atteignant un quota de 56% de victoires lors des matches pendant lesquels sa star n'avait pas marqué ou donné d'offrande.

Au final, sur les 207 rencontres concernées par notre analyse (sur 14 saisons), l'influence de Messi a été de l'ordre de 46% de rencontres gagnées sans l'implication directe de l'attaquant argentin, pour 94 victoires, 62  nuls, et 51 défaites. La Messi-dépendance est bien réelle.

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Il s'agit d'une question d'équilibre, voire d'équilibriste entre faire de Messi la plaque tournante de son attaque et ne pas dépendre exclusivement de lui. La problématique que tous les coaches du Barça ont connu depuis que Messi a explosé au plus haut niveau. Une problématique qu'Ernesto Valverde va devoir lui aussi affronter, surtout avec la blessure d'Ousmane Dembélé et les performances en berne de Luis Suarez depuis le début de la saison.

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