Avant le derby, les Verts ne sont pas d'attaque

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Malgré le projet de jeu d'Oscar Garcia, Saint-Etienne souffre encore de son manque de créativité. C'est un problème qui persiste dans le Forez.

La fin de l'ère Galtier a dessiné de nouvelles perspectives, à Saint-Etienne, quand Oscar Garcia, élevé dans le moule de Johan Cruyff, a débarqué en bombant le torse avec ses idées. Au cœur de l'automne, le premier bilan n'a pourtant rien de flatteur. Sixième de Ligue 1, Saint-Etienne semble à sa place sur le plan comptable. Mais les Verts peinent encore et toujours à réchauffer le Chaudron. Quel est le problème ?

Cherche créateurs et buteurs désespérement

Il faut peut-être remonter au début de la décennie pour avoir le souvenir d'une équipe stéphanoise pétillante. Pierre-Emerick Aubameyang n'était pas encore avant-centre à l'époque, mais son pouvoir de percussion l'avait projeté dans une autre dimension. L'histoire retiendra que c'est à Saint-Etienne que l'actuel buteur du Borussia Dortmund a entamé sa mue. De l'eau a coulé sous les ponts depuis, et Christophe Galtier (pendant son passage) a vu l'équipe enchaîner les saisons avec les mêmes ingrédients : une organisation fiable et un manque d'imagination criant. 

Il n'y a pas de hasard à ce que Stéphane Ruffier ou Loïc Perrin aient tous les honneurs depuis quelques années. Le premier est indispensable pour ses performances pures, le second l'est autant pour son leadership. Mais à l'autre bout de la chaîne, l'attaque stéphanoise se cherche toujours une tête de gondole. Excepté Max-Alain Gradel - et l'Ivoirien évoluait sur un côté - aucun attaquant n'est parvenu à laisser une trace notable depuis 4 ans. Mevlüt Erding, Nolan Roux, Robert Beric (pas épargné par les pépins physiques) ou le très décrié Alexander Søderlund se sont tous cassés les dents dans le Forez, à des degrés divers.

Garcia : "Je ne peux pas leur demander ce qu’ils ne savent pas faire..."

La dernière illustration de cette malédiction est certainement Loïs Diony, arrivé cet été après une année pleine à Dijon et devenu le joueur le plus cher de l'histoire du club (10 millions d'euros). L'ancien Dijonnais n'a pas perdu ses qualités, mais son adaptation difficile confirme la complexité du rôle. Car il serait réducteur de réduire la production offensive de Saint-Etienne au simple rendement de ses attaquants. Ce serait occulter la responsabilité des créateurs, une catégorie trop souvent négligée dans le recrutement stéphanois. Il suffirait ainsi d'énumérer tous les milieux passés depuis quelques années pour mettre le doigt sur le cœur du problème. 

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HD Oscar Garcia

Cette saison encore, Romain Hamouma, polyvalent et talentueux, pourrait avoir les clés du camion. L'ancien Caennais a les attraits d'un vrai détonateur, mais il est encore sur courant alternatif. Même refrain pour Rémy Cabella, forfait d'ailleurs (comme Diony) pour ce derby. C'est donc le jeune Jonathan Bamba, du haut de ses 21 ans, qui affiche les statistiques les plus flatteuses de l'effectif (4 buts et 1 passe décisive). Pire, l'international Espoirs est le seul élément de l'effectif avec Bryan Dabo à avoir inscrit plus d'un but depuis le lever de rideau... D'autres statistiques sont assez parlantes. Huitième attaque de Ligue 1, Saint-Etienne présente un ratio peu glorieux : 1,18 buts marqués par match.

Derrière ces chiffres, il faut pourtant distinguer les intentions de l'impression laissée. Depuis son arrivée, Oscar Garcia ne cesse de clamer ses principes : une volonté de repartir de derrière, un football de possession et une capacité à perforer des blocs sur du jeu placé. L'Espagnol expérimente, mais il a lâché une phrase qui en dit long sur ses pensées : "Je ne peux pas leur demander ce qu’ils ne savent pas faire". C'était après un match maussade à Toulouse (0-0), il y a une semaine. Il n'en pas fallu davantage pour qu'une légende du club, Robert Herbin, sorte de ses gonds. "Cette réflexion est surprenante. C’est les condamner", a lâché le Sphinx dans Le Progrès. "Ce sont des choses que l’on peut dire pour toucher l’orgueil des joueurs mais on doit le faire dans l’intimité, pas publiquement. Car ça peut conduire au renoncement des joueurs, installer un je-m’en-foutisme". On dit souvent qu'un derby n'est pas un match comme les autres. Le peuple du Chaudron l'espère, au fond. Dans le climat actuel, c'est la meilleure des choses pour voir Saint-Etienne reverdir.

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