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Analyse approfondie de la dernière saison de Mohamed Salah : déclin ou évolution du système ?

Mohamed Salah a réalisé une saison 2024-2025 exceptionnelle, menant Liverpool à son 20e titre de Premier League, un triomphe tant attendu célébré en grande pompe avec les supporters, contrairement au titre remporté sous le coup de la pandémie. Sa situation contractuelle restant en suspens, cette saison avait des airs de dernière déclaration. Salah s’est montré à la hauteur, confirmant ainsi un schéma bien connu dans le monde du football : récompenser une superstar par un contrat mirobolant après une saison exceptionnelle en fin de carrière comporte toujours un risque.

Du point de vue de Liverpool, la décision était loin d’être simple. Laisser partir Salah aurait été la décision rationnelle à long terme, mais aussi celle qui risquait de provoquer un tollé général compte tenu de son statut au sein du club. De son côté, Salah est resté ferme lors des négociations. Le résultat a été un compromis : un contrat de deux ans assorti d’un salaire record pour un joueur de 33 ans, une décision qui, avec le recul, soulève aujourd’hui des questions légitimes.

D'où vient donc ce déclin actuel ? Est-il dû à Salah lui-même, ou y a-t-il des facteurs structurels plus profonds qui expliquent ce que nous observons ?

Salah hier et aujourd'hui : qu'est-ce qui a changé ?

Pour bien comprendre le déclin de Salah, il faut d'abord identifier ce qui a réellement changé. Plutôt que de nous concentrer uniquement sur les résultats finaux, nous avons extrait ses actions offensives clés (buts, tirs, passes décisives et passes clés) sur les deux saisons afin de comparer ses schémas d'implication, son placement et son profil de tir.

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Tirs en jeu ouvert et implication dans les tirs de Salah au cours de la saison 2024-25.

Ce qui a le plus marqué lors de la saison dernière, c'est le volume et la régularité de ses interventions. Salah recevait régulièrement le ballon dans des zones décisives, notamment à l'intérieur de la surface de réparation et dans l'espace de droite. Sa capacité à se recentrer créait une double menace : il pouvait aussi bien conclure qu'initier des actions, ce qui s'est traduit par un nombre de tirs inhabituellement élevé pour un joueur souvent qualifié de pur buteur.


La qualité des tirs est tout aussi importante. Sa distance moyenne de tir était faible, ce qui signifie qu'il se positionnait systématiquement près du but dans les zones centrales. C'est exactement ce que l'on attend d'un buteur de premier plan : des touches fréquentes dans les zones dangereuses, une forte implication dans les actions décisives et une capacité à créer des occasions de manière répétée.

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Tirs en jeu et implication dans les tirs de Salah au cours de la saison 2025-2026.

Le contraste avec cette saison est flagrant.

On observe une baisse visible du volume sur tous les indicateurs : moins de tirs, moins de passes décisives et une implication globale réduite. Ses emplacements de tir sont plus dispersés, avec une augmentation notable de la distance moyenne de tir, ce qui indique moins de touches de balle dans les zones centrales à fort xG.

Au-delà de son placement, son rôle au sein de l'équipe a évolué. Certaines de ses passes décisives proviennent désormais de coups de pied arrêtés, ce qui reflète une tendance tactique plus générale dans le championnat vers un football plus direct et axé sur les phases arrêtées. Liverpool, et Salah en particulier, semblent moins dominants dans la création d'occasions en jeu ouvert par rapport à la saison dernière.

Sous la houlette d'Arne Slot, les tentatives d'adaptation à ce paysage en mutation ont modifié le rôle de Salah. Il n'est plus le pivot des séquences offensives, mais plutôt un maillon d'un système plus réparti. Il lui est même arrivé d'être écarté de la composition, en partie en raison de ses limites sans ballon et de la nécessité de rééquilibrer la structure de l'équipe.

Il en résulte non seulement une baisse de rendement, mais aussi un changement fondamental dans la manière dont Salah influence le jeu et dans les zones où il le fait.

Le contexte compte

Les données peuvent nous montrer des tendances, mais elles ne peuvent pas les expliquer entièrement. L'interprétation de ces tendances nécessite un contexte, et dans le cas de Salah, ce contexte a considérablement changé.

Liverpool n’est plus la même équipe que la saison dernière. La structure offensive qui mettait autrefois Mohamed Salah en valeur a été remodelée. Auparavant, il évoluait aux côtés de profils familiers, Luis Díaz, Darwin Núñez et le regretté Diogo Jota, des joueurs dont il comprenait les mouvements, le timing et les tendances. Derrière lui, Trent Alexander-Arnold offrait une source de créativité unique qui l’alimentait constamment dans des zones dangereuses.

Cet écosystème n'existe plus sous la même forme. Malgré d'importants investissements et l'arrivée de grands talents, Liverpool a perdu des repères essentiels, tant sur le plan tactique qu'émotionnel. Salah lui-même a reconnu que la construction d'une alchimie prend du temps, et que les changements constants au sein de l'effectif ne font que ralentir ce processus.

Dans le même temps, le championnat a évolué. On observe une tendance marquée vers un jeu plus direct et une importance accrue accordée aux coups de pied arrêtés, une évolution déjà perceptible lors de la pré-saison. Les équipes se sont rapidement adaptées, notamment des clubs comme Manchester United, tandis que la transition de Liverpool a été moins immédiate. Ce changement tactique général a réduit la prédominance des systèmes offensifs structurés, axés sur une possession de balle élevée, ce qui a eu un impact indirect sur des joueurs comme Salah, qui excellaient dans ce type de jeu.

Cela ne dégage pas Salah de toute responsabilité, ses performances ont clairement baissé, mais cela remet les choses en perspective. Cette baisse n’est pas purement individuelle, elle résulte d’un système, d’un championnat et d’un effectif qui ont tous changé en même temps.

Dans cette optique, le renouvellement de contrat devient plus facile à remettre en question. Dans la plupart des cas, récompenser un joueur du niveau de Salah serait logique. À ce moment précis, avec des changements tactiques et un renouvellement de l'effectif se produisant simultanément, cela comportait plus de risques que d'habitude. Ce jugement est toutefois plus clair aujourd'hui qu'il ne l'était à l'époque.

Ce qui reste incontestable, c’est l’héritage de Salah. Il quitte Liverpool en tant que l’un des joueurs emblématiques d’une époque. Et si cette saison suggère un déclin dans ce contexte, cela ne signifie pas pour autant qu’il en a fini au plus haut niveau. Dans un environnement différent, ou avec plus de stabilité autour de lui, il dispose encore de suffisamment de qualités pour performer.

Il lui reste peut-être même un chapitre à écrire. La Coupe d’Afrique des nations reste le seul titre majeur qui manque à son palmarès, un objectif qu’il a frôlé à plusieurs reprises. Non pas pour se légitimer, mais pour boucler la boucle.


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