Par Fatih Demireli – En l'an 2000, à l'âge de dix-sept ans, le footballeur allemand Sebastian Kneißl quittait son club formateur, l'Eintracht Francfort, sans avoir encore joué en Bundesliga, pour rejoindre Chelsea.
Pendant ses cinq années chez les Blues, Kneißl n'a joué aucun match en équipe première et a été prêté à plusieurs reprises (Dundee en 2004 puis Westerlo en 2004-2005).
Mais lors de sa présence au club, Chelsea a été racheté par Roman Abramovitch. C'était en 2003 et en exclusivité pour GOAL et SPOX, Kneißl est revenu sur ce moment qui a changé la vie du club londonien.
Sa première rencontre avec Abramovitch : « C'est quand il est venu au centre d'entraînement. Six limousines noires sont arrivées et ont filé vers notre terrain. J'ai pensé : « Putain de merde, qu'est-ce qui se passe ? ». Abramovitch se déplaçait toujours avec cinq ou six limousines, ils changeaient de trajet tous les jours parce qu'ils craignaient une attaque contre lui. Personne ne savait dans quelle voiture il était. C'était surréaliste. Il est sorti de sa limousine et est venu sur le terrain. Nous nous sommes alignés comme pour un match officiel. John Terry, notre capitaine, lui a présenté tous les joueurs. Il nous a regardé droit dans les yeux un par un, nous disant à tous bonjour et ensuite, il a essayé de dire quelque chose en anglais. »
Sa première impression sur Abramovitch : « C'était drôle, parce que je pensais qu'un gars gigantesque allait sortir de la limousine. Un genre de culturiste. Mais en fait, Abramovitch est plutôt petit et mince. Cette première rencontre s'est bien passée. Il m'a serré la main. Il était aussi heureux qu'un enfant qui ouvre ses cadeaux de Noël. Il a regardé notre séance d'entraînement et a voulu tirer un penalty à la fin. Le gardien était Carlo Cudicini et il a fait exprès de ne pas l'arrêter parce qu'il savait que Roman Abramovitch était son nouveau patron. Si Carlo avait stoppé le penalty, je peux vous dire que Roman l'aurait immédiatement viré. Pour lui, les indemnités de licenciement d'un joueur, c'est l'équivalent de son argent de poche. »
Sur le comportement d'Abramovitch avec les joueurs : « Après les victoires, il aimait faire la fête avec les joueurs. Pas dans le sens de « je vais descendre cinq bières » mais juste pour être là avec nous, dans le vestiaire, pour partager le succès et nous saluer. Et ensuite il s'en allait. Dès son arrivée au club, j'ai senti qu'il voulait changer les choses. C'était amusant parce qu'il se souciait aussi de la réussite de notre centre de formation, de l'amélioration des infrastructures et notamment du centre d'entraînement. Vous ne trouverez pas un joueur qui dira quelque chose de négatif sur Roman Abramovitch. »


