La Juventus a sauvé un point dans les dernières secondes face à la Lazio Rome (2-2). Un résultat arraché dans l’urgence, mais qui n’a pas suffi à apaiser Luciano Spalletti. Au coup de sifflet final, l’entraîneur turinois n’a pas caché son irritation, surtout après un penalty non accordé plus tôt dans la rencontre. Une frustration qu’il a exprimée de manière pour le moins singulière, devant les caméras de DAZN.
Getty ImagesScandale en Italie : quand Luciano Spalletti embrasse une journaliste pour expliquer la VAR
AFPUn nul au goût amer malgré un final héroïque
Menée 0-2, la Juventus a longtemps couru après le score dimanche soir. Bousculée, parfois désorganisée, elle a pourtant trouvé les ressources pour revenir à hauteur dans le temps additionnel. Un point précieux sur le plan comptable, mais insuffisant pour calmer la colère de son entraîneur.
Luciano Spalletti estimait que son équipe aurait dû bénéficier d’un penalty bien avant ce dénouement tardif. En cause, une intervention jugée litigieuse de Mario Gila sur Juan Cabal dans la surface romaine. Une action passée au crible de la VAR, sans sanction finale, au grand dam du technicien italien.
Getty Images SportSpalletti, la VAR et un geste qui fait le tour de l’Italie
Interrogé sur DAZN après la rencontre, Spalletti a voulu illustrer ce qu’il considère comme une incohérence persistante dans l’interprétation arbitrale. Pour appuyer son propos, il a sollicité la journaliste Federica Zille, lui demandant son accord avant toute démonstration. Puis, dans un geste qui a surpris, il a embrassé son épaule.
« Puis-je te toucher le bras? C'est un contact. Puis-je t'embrasser? C'est un contact aussi. Puis-je le caresser ? C'est un contact. Mais le contact est différent de l'impact. Il ne suffit pas de définir le contact de manière générale, par exemple en disant que si on le touche avec la main, c'est une faute », a-t-il déclaré.
La scène, captée en direct, a déclenché des rires sur le plateau. Federica Zille, loin de se formaliser, a accompagné l’explication d’un sourire. En fin d’émission, Diletta Leotta a conclu sur le ton de la plaisanterie : « Fede est encore un peu rouge, comme son pull ».
AFPUne critique plus large du système arbitral
Derrière l’anecdote, Spalletti a surtout livré une analyse sévère du cadre réglementaire actuel. À ses yeux, l’arbitrage reste trop dépendant d’interprétations variables, même avec l’assistance vidéo.
« La faute sur Cabal peut être interprétée comme l'arbitre le souhaite », a ensuite développé Spalletti. « Le défenseur a commis une faute dangereuse, mais je ne suis pas là pour décider s'il y a penalty ou non. Ce sont des choses qui arrivent. Cabal a été touché, McKennie n'aurait pas pu conclure le une-deux. Tout le monde proteste contre les règles. Mais il y a toujours une part d'interprétation. Un coup de pied? Une main? Et la pression exercée lors du coup de pied? La faute que personne ne voit? On ne peut certainement pas généraliser. Il nous faut une réforme qui améliore le métier d'arbitre, car nous sommes les seuls arbitres temporaires de tout le stade. Nous devons tous être professionnels! C'est trop important. Cela crée un déséquilibre. Il sera toujours difficile de généraliser une règle. La VAR a la capacité d'évaluer. Et ce soir, si la faute avait été interprétée correctement, il y aurait eu penalty, toujours ».
Getty Images SportAutocritique et exigences internes
Malgré la polémique, l’entraîneur bianconero a aussi pointé les manques de son équipe. Il a salué la réaction collective, tout en regrettant une gestion émotionnelle imparfaite.
« J'ai aimé la réaction, la performance. Pas la frénésie et la confusion. Il faut apprendre à gérer la pression. Il faut que ce soit une bonne occasion de voir si l'on est vraiment au sommet de son art. La personnalité, c'est avoir la lucidité nécessaire pour réfléchir et prendre des décisions. En tête du classement des erreurs qui mènent à des buts? C'est peut-être une question d'exigence. À commencer par ne pas perdre le ballon. Souvent, nous devrions être capables de percevoir les situations dangereuses, mais nous n'y parvenons pas et nous le payons cher. Locatelli a été parmi les meilleurs jusqu'à présent ; perdre un ballon, ça arrive au football. Il faut aller de l'avant sereinement et progresser », a conclu Spalletti.



