Bubista Cape Verde 2026Getty Images

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« Nul homme n'est une île » : qui est Bubista, le sélectionneur du Cap-Vert qui a mis l'Espagne à genoux ?

Pedro Leitão Brito, alias Bubista, est entré dans la légende du football par la grande porte : le sélectionneur du Cap-Vert a réalisé l'un des exploits les plus épiques de l'histoire de la Coupe du monde, entenant en échec (0-0) l'Espagne, championne d'Europe en titre et l'une des favorites de la compétition, lors des débuts des Requins Bleus en Coupe du monde. Dans son pays, il est déjà un héros, et son nom restera gravé dans les mémoires bien au-delà des frontières cap-verdiennes.



  • « BOA VISTA » : UN NOM QUI EN DIT LONG

    Un nom prédestiné : Boa Vista, « belle vue », enréférence à l’île la plus orientale du Cap-Vert où il vit le jour en janvier 1970.Nomen omen, comme le disaient les Latins. En tant qu’entraîneur, il a su forger un groupe compact et discipliné, capable de frapper en transition à pleinevitesse. Tout au long de la rencontre, ila maintenu lasélection espagnole à distance du bloc défensif de ses joueurs, offrant aux Requins Bleus un scénario digne d’un conte de fées pour leur premier match en Coupe du monde. Un souvenir gravé à jamais.

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  • Le Requin Bleu

    L’histoire l’avait déjà consacré l’an passé en le propulsant, pour la première fois, à la tête du Cap-Vert qualifié pour la Coupe du monde. Mais son travail remonte à six ans, depuis 2020, lorsqu’il a pris les rênes de la sélection nationale où il a évolué de 1989 à 2006, pendant seize ans, le brassard de capitaine au bras : Sous sa direction, les Requins Bleus ont émergé des profondeurs ducontinent pour se hisser parmi les formations les plus régulières, au point d’évincer une pointure comme le Cameroun – première sélection africaine à avoir brillé en Coupe du monde, avec Roger Milla en Italie en 1990.


  • UNE CARRIÈRE SOUS HAUTE TENSION

    Sa ville de Boa Vista est jumelée avec Zocca, bourgade italienne d’Émilie-Romagne qui a vu naître Vasco Rossi. Comme le chante justement le Commandant, Bubista a mené une « vie trépidante ». Il a commencé sa carrière en Espagne, à Badajoz, en deuxième division, avant de s’expatrier au championnat angolais (Atlético Sport Aviação), puis au Portugal (Estoril), et enfin de rentrer au pays, aux Falcoes do Norte. Défenseur solide malgré seulement trois apparitions chez les professionnels espagnols, il se distinguait par un jeu viril, des interventions rugueuses mais aussi par son grand cœur et sa capacité à guider ses coéquipiers, comme un véritable entraîneur sur le terrain.


  • La Coupe du monde 1982 et l'équipe d'Espagne emmenée par son sélectionneur, Luis Suárez, marquent l'histoire du football.

    Dans une interview accordée à Coaches Voice, Bubista rappelle que la première Coupe du monde gravée dans sa mémoire est celle d’Espagne 1982, remportée par l’Italie de Bearzot, événement fondateur de sa passion pour le football. Parmi ses modèles d’entraîneur, il cite notamment Vicente del Bosque, vainqueur de la Coupe du monde avec l’Espagne.


  • « Aucun joueur n’est une île : sur un terrain, chaque action dépend de la collectivité. »

    Il y a plus de 400 ans, le poète John Donne écrivait qu’« aucun homme n’est une île », une maxime qui vaut aussi pour ceux qui portent le nom d’une île. « Nous avons toujours affirmé que notre qualification pour la Coupe du monde dépasse le simple cadre sportif : c’est une affaire culturelle, musicale, c’est tout. Nous voulons faire découvrir notre pays au monde entier. Notre ambition est de concourir sans crainte, en restant fidèles à notre identité, et de jouer avec courage pour montrer au monde qui nous sommes en tant qu’équipe et en tant que nation. Notre identité, c’est ce que nous sommes en tant que peuple face aux difficultés. » Avec ses quelque 550 000 habitants répartis sur un archipel dont la superficie est plus de cent fois inférieure à celle de l’Espagne,le Cap-Vert est le troisième pays le moins peuplé de l’histoire de la Coupe du monde et le deuxième le plus petit en surface.Un rappel constant, pour l’entraîneur et pour tous, de leurs origines insulaires.



  • « PERSONNE NE DOIT FÊTER CELA PLUS QUE NOUS » Telle est la déclaration sans équivoque du capitaine, qui rappelle que, sur ce terrain, aucune équipe ne doit célébrer une victoire avec plus d’intensité que la sienne.

    Avant le match d’aujourd’hui, ses propos ressemblaient à une prophétie : « Dès le premier jour, j’ai affirmé que nous étions là pour notre peuple : il doit savourer la rencontre et rayonner durant la Coupe du monde. En tant que Cap-Verdien, nous ne pouvons pas laisser une autre nation célébrer le tournoi plus que nous. L’essentiel est que notre drapeau flotte sur la plus grande scène du football mondial ; pour un petit pays comme le nôtre, c’est une fierté inégalable. Nous nous engageons à faire en sorte que chaque Cap-Verdien, qu’il vive ici ou à l’étranger, soit fier de nous. »Mission accomplie, Bubista.