Le match entre Paris et Strasbourg a offert un spectacle offensif haletant, mais il a aussi mis en évidence des failles inquiétantes dans la défense du champion de France. Si les attaquants ont assuré le spectacle avec un score de 3-3, les observateurs retiennent surtout les erreurs défensives, notamment celles du portier Lucas Chevalier. Arrivé cet été pour plus de 40 millions d’euros, l’ancien Lillois peine à confirmer son potentiel et à faire oublier Gianluigi Donnarumma. Une situation qui commence à agacer les suiveurs et pourrait pousser Luis Enrique à revoir sa hiérarchie dans les buts.
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AFPUne soirée contrastée pour Lucas Chevalier
Face à Strasbourg, le jeune gardien français a pourtant débuté son match de manière brillante. Ses réflexes sur une double parade spectaculaire contre Panichelli et Enciso ont d’abord rassuré le Parc. Mais l’illusion n’a pas duré. Le portier du PSG s’est retrouvé impliqué sur deux des trois réalisations alsaciennes, ce qui a ravivé les critiques déjà apparues après sa prestation contre l’Olympique de Marseille (défaite 1-0) au Vélodrome.
Chevalier traverse une phase difficile depuis qu’il a pris la succession de Donnarumma. À Paris, chaque erreur coûte cher et se voit amplifiée par l’exigence du très haut niveau. Être gardien du PSG, c’est devoir briller à chaque match, et pas seulement une fois de temps en temps. Le moindre raté se transforme en débat national, et celui de Strasbourg n’a pas échappé à la règle.
AFPUn poste à haute pression
Sur les réseaux sociaux, les critiques se sont multipliées. Certains remettent en cause son niveau, d’autres son mental. Pourtant, même son prédécesseur, Gianluigi Donnarumma, n’a pas été épargné récemment, notamment avec une erreur grossière en sélection italienne. Ce qui montre à quel point le rôle de gardien au PSG reste ingrat, quel que soit le nom sur la feuille de match.
Dans l’émission After Foot, les analystes n’ont pas mâché leurs mots. Lionel Charbonnier, champion du monde 1998, a livré un constat sévère. « Selon moi, et pour l’instant, l’habit est trop grand pour Chevalier. Il faut quand même se rappeler que c’était pareil pour Donnarumma. Mais contre Strasbourg, le deuxième but, il ne doit pas le prendre, c’est une erreur. Chevalier, tu le mets avec les prestations qu’il faisait à Lille contre Strasbourg, il ne prend pas deux buts. Il avait une vraie confiance à Lille, là, il est tout petit. Quand tu le regardes dans le but, tu as l’impression que le but est immense, alors que sur le penalty, le gardien de Strasbourg, tu as l’impression qu’il est énorme et le but paraît petit. Pour l’instant, il n’a pas le charisme. Il va prendre de l’envergure, et il faut lui laisse le temps. Il y a quelque temps, Luis Enrique avait sorti Donnarumma pour le remplacer par Safonov, et cela avait lancé Donnarumma », a souligné l’ancien international français.
GettyLuis Enrique face à un dilemme
Le technicien espagnol pourrait donc de nouveau faire appel à Matvey Safonov, déjà utilisé par le passé pour provoquer une réaction chez Donnarumma. Le gardien russe n’a jamais caché sa frustration de ne pas avoir plus de temps de jeu depuis son arrivée à Paris. Ses prestations en Coupe avaient pourtant séduit le staff, notamment par sa sérénité et sa puissance sur sa ligne.
Safonov n’a jamais caché ses envies d’ailleurs. Selon plusieurs sources internes, et même d’après les récentes déclarations du portier, il serait ouvert à un départ dès cet hiver, ou à défaut à l’été 2026. Une décision qui dépendra sans doute de l’évolution de la hiérarchie dans les buts. Si Luis Enrique décidait de le relancer, le Russe pourrait retrouver l’espoir d’un rôle plus important.
GETTYUn futur incertain dans les cages parisiennes
Le PSG se retrouve donc dans une situation inconfortable. Entre un Chevalier en quête de confiance et un Safonov en attente de reconnaissance, Luis Enrique devra trancher rapidement. Les deux gardiens possèdent du talent, mais le poste n’admet aucune erreur au sein d’un club aussi scruté.
Paris sait qu’un seul geste peut tout changer, une parade ou une faute. Et à ce jeu-là, Chevalier n’a plus le droit à l’erreur.

