Mais ce qui n'a pas été prouvé, c'est l'existence d'un lien de causalité entre les deux : on ne peut pas affirmer que c'est l'offre du Real Madrid qui a poussé l'Atlético à fixer par la suite la valeur de Julian aux alentours de 150 millions d'euros.
On peut toutefois assurer que le montant annoncé par Florentino Pérez s'est finalement transformé en principal prix de référence de toute l'opération.
Et du point de vue catalan, c'est là que réside le soupçon : si l'Atlético savait qu'il était extrêmement difficile de vendre sa grande star au Real Madrid, et si le Real Madrid n'a plus tenté de le recruter par la suite, alors cette offre a eu pour effet, dans les faits, de relever le plafond financier auquel Barcelone devait faire face.
Les faits documentés dessinent ainsi une séquence frappante : Apollo et ACS étaient partenaires commerciaux à parts égales, à hauteur de 50 %.
Puis Apollo a participé au financement du stade Santiago Bernabéu, et Apollo est désormais l'actionnaire principal de l'Atlético. Par ailleurs, le nouveau conseil d'administration du club madrilène, dans lequel Apollo jouit d'une forte présence, soutient à l'unanimité la décision de refuser de négocier avec Barcelone. Et avant tout cela, le Real Madrid avait annoncé une offre de 150 millions d'euros pour Julian, une offre qui a été interprétée à Barcelone comme ayant peut-être été une manœuvre destinée à faire grimper le coût du recrutement de l'attaquant argentin.
Ce sont des faits qui justifient que l'on pose des questions, mais qui ne permettent pas de répondre par l'affirmative à la question principale : il n'existe aucune preuve publique que Florentino Pérez ait utilisé sa relation avec Apollo pour empêcher Alvarez de rejoindre Barcelone, tout comme il n'existe aucune preuve qu'Apollo ait pris la décision de l'Atlético en pensant aux intérêts du Real Madrid.
La relation commerciale existe. Le financement du stade Bernabéu a bel et bien eu lieu. L'offre de 150 millions d'euros a bel et bien eu lieu et a été annoncée officiellement par le Real Madrid, tout comme l'interprétation de cette offre comme une démarche susceptible de causer un préjudice économique à Barcelone est apparue dès le premier instant.