La polémique autour d’Adrien Rabiot continue d’enflammer l’actualité olympienne. Mis à l’écart par l’Olympique de Marseille après son altercation avec Jonathan Rowe, le milieu de terrain cristallise les débats au sein du club phocéen. Cette situation a récemment provoqué une réaction tranchante d’Eric Di Meco. L’ancien défenseur marseillais, aujourd’hui consultant, n’a pas mâché ses mots dans l’émission Rothen s’enflamme sur RMC, ce lundi.
AFPOM, la sortie cinglante d'Eric Di Meco sur l'affaire Rabiot
Getty/GOALEric Di Meco ne croit pas à la version de l’OM dans l’affaire Rabiot
Le 15 août dernier, après la défaite contre Rennes (1-0) en ouverture de Ligue 1, une violente dispute a éclaté entre Adrien Rabiot et Jonathan Rowe dans le vestiaire marseillais.Pablo Longoria, président de l’OM, avait parlé d’une scène “d’une violence inouïe”, justifiant ainsi la mise à l’écart des deux joueurs. Mais pour Eric Di Meco, les déclarations de la direction sont exagérées. “La semaine dernière, on nous a pris pour des jambons et je vois que certains ont plongé la tête la première”, a lancé l’ex-défenseur de l’OM sur RMC.
Eric Di Meco souligne surtout l’attitude du coach Roberto De Zerbi, qui, après le départ de Rowe à Bologne, a rouvert la porte à un retour de Rabiot. “Si De Zerbi n’avait jamais rien vu d’aussi violent durant la bagarre, jamais il n’aurait rouvert la porte à Adrien Rabiot. Donc ça nous explique ce qui s’est vraiment passé, c’est-à-dire une baston de vestiaire. On en a tous connu.”
Getty ImagesDi Meco ironise sur la fermeté des dirigeants de l’OM
Pour appuyer ses propos, Eric Di Meco a même évoqué ses propres expériences. “Heureusement que les dirigeants d’aujourd’hui n’étaient pas dirigeants à l’époque, sinon je n’aurais pas joué la finale de la Ligue des champions 1993, Basile (Boli) non plus, parce qu’on s’est battus dans le bus en partant du Vélodrome pour aller à Munich. Il lisait le journal, je lui ai allumé avec un briquet, c’était la connerie qu’on faisait, et il y a eu bagarre dans le bus. Heureusement que les dirigeants de l’époque étaient peut-être moins enclins à l’institution, parce que du coup, on était sur le terrain et Basile a marqué.”
L’ancien international français estime donc que l’affaire Rabiot n’est qu’un épisode anodin exagéré par la direction marseillaise. “Pour moi, c’est du vent, c’est du flanc. On nous a expliqué que le vestiaire était choqué par la bagarre. Mais je reste persuadé que les Hojbjerg et autres ont dû dire: ‘Comment c’est possible de virer un joueur pour ça?’ Ils ont plutôt été choqués par ce qu’on a fait à Rabiot.”
AFPJean-Pierre Papin rejoint Eric Di Meco
Eric Di Meco n’est pas le seul à partager ce scepticisme. Jean-Pierre Papin, présent lui aussi dans Rothen s’enflamme, a soutenu l’analyse de son ancien coéquipier. “Je suis d’accord avec Eric, on ne sait pas tout. Moi aussi, des bagarres, j’en ai vu, j’en ai connu. Et ça se règle très souvent dans le vestiaire, avec le coach et les joueurs, éventuellement le président.”
Papin a par ailleurs défendu le profil d’Adrien Rabiot, rappelant son importance pour Roberto De Zerbi. “Le plus à plaindre, c’est De Zerbi, parce que quand tu lui enlèves Rabiot avec la saison qu’il a fait l’année dernière, pour lui c’était un élément important cette année. Pour moi, il peut reporter le maillot de l’OM.”
AFPPapin apporte son soutien à Adrien Rabiot
Dans la continuité, Jean-Pierre Papin a mis en avant la personnalité d’Adrien Rabiot, bien différente de ce qui a été relayé par certains médias. “Il s’est excusé et De Zerbi lui a tendu la main. (…) Il y a eu une altercation, il y a eu ci, il y a eu ça… Mais les joueurs n’ont pas trop parlé. Rowe, on ne l’a pas entendu. Rabiot, on ne l’a pas entendu non plus. Moi, je connais bien Adrien, je l’ai côtoyé l’année dernière. C’est quelqu’un d’une simplicité et d’une discrétion totale. Ça m’a vraiment surpris de voir ce qui s’est passé et ce qu’on a dit. Ce n’est pas le Adrien Rabiot que je connais.”
Ainsi, entre les propos directs d’Eric Di Meco et l’appui de Jean-Pierre Papin, l’affaire Rabiot prend une tournure plus nuancée. L’ancien joueur du PSG pourrait bien réintégrer le vestiaire marseillais, malgré la communication tranchée des dirigeants.



