Le proverbe est vieux comme le monde : on ne réveille pas la bête qui dort. Éric Fouda, le courageux mais imprudent entraîneur de Bayeux, l’a appris à ses dépens ce mardi soir. En s’aventurant sur le terrain glissant de la critique tactique avant son seizième de finale de Coupe de France face à l’OM, le technicien amateur a déclenché une tempête qu’il n’avait sans doute pas anticipée. Résultat : une fessée historique (9-0), la plus large victoire de l’ère De Zerbi, et une leçon de réalisme administrée par un coach italien piqué au vif.
AFP
AFPUne réponse cinglante sur le pré
Il faut reconnaître à Roberto De Zerbi une certaine élégance dans la cruauté. Attaqué publiquement sur son style de jeu jugé trop "parisien" et manquant d'identité marseillaise par son homologue de Régional 1, l'Italien a répondu de la seule manière qui compte : sur le terrain. Loin de prendre ce match par-dessus la jambe, ses joueurs ont livré une partition d'un sérieux absolu, transformant la rencontre en démonstration de force. En conférence de presse, De Zerbi avait ironisé, proposant de donner son numéro à Fouda pour recevoir des conseils. Sur la pelouse, il a coupé la ligne. L’OM a joué, écrasé, et respecté son adversaire en ne levant jamais le pied.
AFPLa liberté de parole a un prix
On peut, avec le recul, s’interroger sur la pertinence de la sortie médiatique d’Éric Fouda. Avait-il raison de "chauffer" ainsi un adversaire déjà supérieur de cinq divisions ? La liberté d'expression est sacrée, et il est rafraîchissant de voir un coach amateur refuser le rôle de victime expiatoire pour livrer une analyse sincère. Mais en football, la parole se paye cash. Fouda a parlé, a voulu jouer au tacticien égal, et il a pris le risque de surmotiver une équipe qui n'en demandait pas tant. Il a lui-même reconnu après coup avoir "un peu trop chauffé" les Marseillais. C’était audacieux, c’était risqué, et la note a été salée.
AFPDe la colère au trophée ?
Maintenant que le "Petit Poucet" est balayé, le vrai défi commence. C'est bien beau de passer ses nerfs sur une équipe de sixième division, mais on attend désormais que De Zerbi applique cette même intransigeance face aux ténors pour aller chercher cette Coupe de France qui fuit Marseille depuis 1989, d'autant que le PSG est éliminé. Alors que les rumeurs l'envoyant à Manchester United se font insistantes, l'Italien a prouvé son investissement émotionnel à l'OM. À lui de confirmer que ce 9-0 n'était pas juste un coup de sang d'un soir, mais le début d'une véritable conquête.

