Jean-Michel Aulas, ancien président emblématique de l’Olympique Lyonnais, a accordé un entretien au média Carré pour revenir sur les circonstances de sa mise à l’écart en mai 2023. Celui qui a dirigé le club durant plus de trois décennies a révélé que les désaccords avec John Textor, son successeur, allaient bien au-delà des simples questions financières, malgré ce que certains pourraient penser.
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AFPDes différends sur la stratégie du club
L’homme de 75 ans a tenu à clarifier les choses. « Ce n'est pas un problème d'argent », a-t-il affirmé. Selon lui, le premier point de friction est apparu lorsque Textor aurait voulu vendre l’équipe féminine de l’OL, une décision qu’Aulas qualifie d’« impensable ». « La première décision de John Textor a été de vouloir vendre l'équipe féminine, qui me tenait plus qu'à cœur », a déclaré Jean-Michel Aulas. L’équipe féminine, pilier du club et multiple championne d’Europe, représentait pour Aulas un symbole fort de l’identité lyonnaise.
Un deuxième différend remonte à octobre 2022. À l’époque, bien que Textor ne soit pas encore propriétaire de l'OL, le processus de vente était en cours. Lors du remplacement de l’entraîneur, Aulas avait opté pour Laurent Blanc, un choix qu’il soutenait depuis des années, mais qui ne faisait pas l’unanimité chez l’homme d’affaires américain. « Il y a eu un deuxième différend, personne ne l'a su. On change d'entraîneur et je prends Laurent Blanc que je voulais faire venir depuis très longtemps. John était moyennement favorable », a-t-il expliqué.
Ces tensions se sont accentuées, Textor ayant finalement mis fin à la collaboration avec Aulas et suspendu certains paiements, alimentant des rumeurs sur des disputes financières. « Il a pris la décision de me faire partir comme il en avait la possibilité mais surtout il a arrêté de me payer ce qu'il me devait. C'est ce qui a fait croire que c'était une question d'argent alors que c'était une opposition sur la stratégie », a ajouté Aulas.
AFPUn regret tenace concernant la vente
En décembre 2022, la vente du club à John Textor avait été entérinée. Selon Aulas, un accord stipulait qu’il resterait trois ans au sein de l’organigramme, sauf si Textor décidait de s’en séparer, ce qui ouvrirait droit à une indemnité. Aulas regrette aujourd'hui cette vente : « J'étais le principal actionnaire mais je n'étais pas majoritaire... L'annonce a été faite en bourse de telle manière que je ne pouvais pas résister ».
Jean-Michel Aulas a également évoqué les pressions subies après la pandémie de COVID-19. Certains actionnaires, tels qu’IDG et Jérôme Seydoux, souhaitaient vendre, contraignant l’ancien dirigeant à trouver un repreneur. Bien qu’il ait favorisé une option avec la famille Gillett, célèbre pour avoir dirigé Liverpool, les banques ont finalement privilégié John Textor.
AFPDes inquiétudes pour l'avenir de l'OL
Outre ses désaccords avec Textor, Jean-Michel Aulas a exprimé ses craintes pour le futur du club, notamment en ce qui concerne les décisions de la DNCG, organisme de contrôle financier.
Après des décennies au service de l’OL, Aulas reste une figure incontournable du football français, malgré son retrait définitif de la scène lyonnaise.



