Après l’intervention du Sénat sur la gouvernance du football français, Christophe Bouchet, ancien président de l’Olympique de Marseille, a adressé ce vendredi une lettre à la ministre des Sports, Marie Barsacq, pour réclamer la mise sous tutelle de la Ligue de football professionnel (LFP). Une prise de position qui ne passe pas inaperçue et qui alimente le débat sur l’état actuel du football en France.
AFP
AFPUne demande choc face aux dérives du football français
Dans son courrier, Bouchet justifie cette demande en s’appuyant sur plusieurs événements récents ayant terni l’image du football français. Il évoque notamment les incidents survenus lors de Montpellier-ASSE (0-2), où un début d’incendie dans la tribune des ultras montpelliérains a conduit à l’interruption du match, ainsi que les banderoles et chants homophobes lors du Classique PSG-OM (3-1), visant entre autres Adrien Rabiot et sa famille.
Au-delà des comportements des supporters, l’ex-dirigeant marseillais dénonce également les critiques répétées envers l’arbitrage, le manque d’autorité des instances et les difficultés économiques du football français, notamment en raison de problèmes récurrents avec les diffuseurs télévisuels.
AFPUne Ligue en pleine tourmente
Selon Bouchet, la LFP ne parvient plus à assumer pleinement ses responsabilités. « Ces deux incidents de tribune (Le club parisien s’était pourtant engagé à contrôler les banderoles) viennent s’ajouter aux inadmissibles atteintes à l’arbitrage de la part de plusieurs dirigeants ou acteurs éminents du football », a-t-il déploré. Il appelle ainsi la ministre des Sports à nommer un administrateur provisoire indépendant pour remettre de l’ordre dans la gestion du football professionnel.
Un Sénat déjà en action
Cette demande fait écho à une proposition de loi déposée mercredi au Sénat par Michel Savin (LR) et Laurent Lafon (UDI). Cette loi, qui sera examinée en mai, vise à inscrire dans la législation la possibilité pour la Fédération française de football (FFF) de retirer à la LFP sa subdélégation en cas de difficultés financières majeures des clubs affiliés.
Si elle était adoptée, cette mesure donnerait à la FFF un levier supplémentaire pour reprendre le contrôle du football professionnel français, dans un contexte où plusieurs clubs de Ligue 1 et Ligue 2 partagent déjà certaines critiques envers la gestion de la LFP.
AFPUne riposte cinglante des dirigeants de la Ligue
Sans surprise, cette initiative ne plaît pas aux dirigeants de la LFP, qui y voient une tentative de déstabilisation. Un proche de Vincent Labrune, président de la Ligue, a réagi vivement :
« Christophe Bouchet parle en son seul nom puisqu'il n'a plus un seul mandat. Il a perdu toutes les élections auxquelles il s'était présenté dans les instances du foot et depuis ce moment-là, tous les 6 mois, il essaie de faire un coup d'éclat pour exister et torpiller la LFP, que ce soit avec un livre dont tout le monde se rend désormais compte qu'il comportait des erreurs manifestes ou avec une sortie dans la presse ».
La tension est donc à son comble, et la question de la gouvernance du football professionnel en France n’a jamais semblé aussi fragile. Reste à savoir si cette pression exercée sur la Ligue aboutira à des changements concrets dans les semaines à venir.