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Liam Rosenior GFXGOAL

"Le Professeur" débarque à Londres : génie tactique pour les Blues, traître pour le Racing ?

Il y a un sentiment de nostalgie à voir Chelsea virer un entraîneur pour en chercher un autre dans l'urgence. Mais cette fois, la cible n'est pas un grand nom européen, c'est le coach de la filiale. En nommant Liam Rosenior, BlueCo confirme que Chelsea n'est plus le club de Roman Abramovich, prêt à tout pour gagner tout de suite, mais une entité focalisée sur le développement à long terme de ses "actifs".

Pour les fans anglais, Rosenior est un ancien défenseur de Premier League devenu un jeune coach prometteur à Derby et Hull. Pour les Strasbourgeois, c'est l'homme qui a donné une identité au Racing avant de l'abandonner sur ordre de la maison-mère. Ce transfert interne brutal confirme les craintes des supporters alsaciens : leur club n'est qu'un laboratoire pour Chelsea. Mais au-delà de la polémique, que peut apporter vraiment Rosenior aux Blues ?

  • Liam Delap Liam RoseniorGetty Images

    L'architecte de la jeunesse : pourquoi BlueCo l'adore

    Le CV de Rosenior coche toutes les cases du projet Chelsea actuel. À Derby County, il a épaulé Wayne Rooney en se concentrant sur le développement individuel des talents. À Hull City, il a fait briller des jeunes comme Liam Delap (qu'il retrouvera à Londres) ou Fabio Carvalho. Mais c'est à Strasbourg qu'il a prouvé sa valeur aux yeux de BlueCo.

    Avec l'effectif le plus jeune de Ligue 1 (22,6 ans de moyenne), il n'a pas seulement joué le maintien ; il a visé l'Europe. Il a transformé Andrey Santos en l'un des meilleurs milieux du championnat avant son retour à Chelsea. « Coacher, c'est éduquer », répète-t-il. Pour un vestiaire londonien indiscipliné et immature, Rosenior arrive avec une mission claire : faire grandir des hommes. C'est un formateur d'élite déguisé en manager, exactement ce que réclame le modèle économique des propriétaires.

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  • FBL-FRA-LIGUE1-STRASBOURG-ANGERSAFP

    "Le Professeur" et son 3-4-3 audacieux

    Surnommé "Le Professeur" en France, Rosenior n'est pas un pragmatique ennuyeux. Contrairement à un Maresca jugé trop rigide, il prône une "bravoure" tactique. Son Strasbourg évoluait souvent en 3-4-3 fluide, cherchant à relancer court et à dominer la possession (7e de Ligue 1 avec 52,9%). Son équipe n'a pas peur de jouer, même contre les gros.

    Le match nul 3-3 contre le PSG au Parc des Princes en octobre reste son chef-d'œuvre. Luis Enrique lui-même avait salué la performance : « Strasbourg est l'une des meilleures équipes de Ligue 1 dans le jeu. » Cependant, cette audace a un revers. Le public de Stamford Bridge, habitué à un jeu rapide et direct, pourrait s'agacer des séquences de possession risquées dans sa propre surface. Rosenior vit et meurt par ses principes, et les erreurs de jeunesse font partie du package.

  • FBL-FRA-LIGUE1-STRASBOURG-LE HAVREAFP

    L'amertume alsacienne : la fracture BlueCo

    Si Chelsea se frotte les mains, Strasbourg serre les dents. Le départ de Rosenior en janvier est vécu comme une trahison. Alors que le club alsacien jouait les premiers rôles et brillait en Conference League (premier de la phase de ligue), se faire piller son coach par le club propriétaire renforce le sentiment d'être une simple commodité.

    Les supporters du Racing, déjà hostiles au rachat, voient leurs pires cauchemars se réaliser. Le projet sportif strasbourgeois est sacrifié pour colmater les brèches à Londres. Rosenior laisse derrière lui une équipe fatiguée, qui a souvent craqué en fin de match, mais qui avait une âme. Son successeur en Alsace héritera d'un chantier mental autant que tactique.

  • FBL-FRA-LIGUE1-BREST-STRASBOURGAFP

    Un symbole fort, un risque immense

    Nommer Rosenior est aussi un symbole sociétal fort. Il devient le deuxième entraîneur noir de l'histoire de Chelsea après Ruud Gullit, une étape importante pour un club qui travaille activement à redorer son image. Paul Canoville, premier joueur noir des Blues, y voit un message d'espoir : « Voir quelqu'un comme Liam, qui a grandi ici, diriger le club... c'est puissant. »

    Mais le symbole ne suffira pas si les résultats ne suivent pas. Rosenior n'a jamais dirigé un club de la dimension de Chelsea. Il passe d'un environnement où l'erreur est tolérée au nom de l'apprentissage (Strasbourg) à une cocotte-minute où chaque faux pas est disséqué (Chelsea). Si Maresca, avec son expérience, a échoué, le pari Rosenior ressemble à un coup de poker absolu. Pour BlueCo, c'est la validation ultime du modèle multi-clubs. Pour Rosenior, c'est l'opportunité d'une vie, mais le filet de sécurité a disparu.

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