Chelsea shambles Enzo Maresca GFX 16:9Getty/GOAL

Le chaos total : pourquoi le limogeage d'Enzo Maresca expose l'amateurisme du "projet" Chelsea

La saison de Chelsea tanguait déjà dangereusement après le nul 2-2 contre Bournemouth mardi soir. Mais le licenciement d'Enzo Maresca au matin du Nouvel An a fait basculer le club dans la crise ouverte. Officiellement malade pour la conférence de presse d'après-match, l'Italien savait sans doute que son sort était scellé. Si ses contacts répétés avec Manchester City ont pesé, ce sont surtout les arguments contraires qui accablent la direction des Blues.

En virant le cinquième manager permanent de l'ère BlueCo (après Tuchel, Potter, Pochettino et Lampard en intérim), Chelsea expose au grand jour l'échec de son modèle. L'espoir né de la victoire 3-0 contre le Barça en novembre n'était qu'un mirage. Avec une seule victoire en sept matchs de Premier League et une chute à la 5e place, à 15 points d'Arsenal, Maresca a payé l'addition d'un mois de décembre catastrophique. Mais le vrai problème est structurel.

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    Des milliards pour une équipe moyenne

    Au bout du compte, les meilleures équipes ont les meilleurs joueurs. Chelsea, malgré des milliards investis, n'a pas assez de stars de classe mondiale. Cole Palmer et Moisés Caicedo surnagent, mais le reste de l'effectif est d'une médiocrité affligeante pour un tel budget. Liam Delap et João Pedro sont-ils vraiment meilleurs que Nicolas Jackson, prêté au Bayern ? Pedro Neto, Garnacho et Jamie Gittens apportent-ils plus que Noni Madueke, qui brille désormais à Arsenal ?

    Le recrutement frénétique de jeunes talents a créé un embouteillage de joueurs moyens qui ne font pas bouger l'aiguille. Maresca, en 18 mois, n'a jamais semblé connaître son onze type, effectuant plus de changements que n'importe quel autre coach de Premier League. Une tâche ingrate : essayer de contenter tout le monde avec un effectif déséquilibré et sans hiérarchie claire.

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    L'indiscipline comme symptôme du manque de leadership

    Ce vide de leadership se traduit par une indiscipline chronique. L'équipe de Maresca pointe à la dernière place du classement du fair-play, avec 34 cartons jaunes et quatre rouges. On a longtemps blâmé Nicolas Jackson, mais son départ n'a rien réglé. C'est désormais Moisés Caicedo qui collectionne les sanctions, suspendu pour le choc à venir contre City après avoir déjà manqué trois matchs pour un rouge contre Arsenal.

    Maresca a bien tenté de corriger le tir en public, mais ses appels à la discipline n'ont fait qu'exposer sa perte d'autorité. Pire, l'équipe a développé une nouvelle maladie : l'incapacité à défendre sur coups de pied arrêtés. Malgré la création d'un département dédié dirigé par Bernardo Cueva Martinez, Chelsea encaisse plus de buts sur longues touches que n'importe qui. Une faillite tactique et mentale qui pointe vers un manque de culture club.

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    Des directeurs sportifs invisibles

    Le plus grand scandale de ce licenciement est peut-être l'impunité dont jouissent les architectes de ce désastre. Laurence Stewart et Paul Winstanley, les directeurs sportifs encensés pour leur recrutement "innovant", restent invisibles. Contrairement au Bayern Munich, où la direction fait front avec le coach, ou à Tottenham où Antonio Conte réclamait du soutien public, à Chelsea, l'entraîneur est le seul fusible.

    Si le travail de Maresca était jugé insuffisant, celui de Stewart et Winstanley devrait l'être tout autant. Depuis quatre ans, ils tentent d'implanter une nouvelle identité qui éloigne le club de son ADN de gagneur. Maresca avait, comme Conte avant lui, déploré d'être le seul visage public de l'échec. En le virant, les propriétaires ne règlent rien ; ils ne font que changer de bouclier.

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    Gagner guérit tout, mais qui peut gagner avec ça ?

    Le prochain entraîneur héritera d'un chantier immense mais pas désespéré. La course à la Ligue des champions reste ouverte, et une demi-finale de Carabao Cup contre Arsenal se profile. Mais l'histoire récente prouve que Chelsea dévore ses entraîneurs.

    Si les propriétaires veulent sauver la saison, ils doivent utiliser le mercato de janvier pour recruter des joueurs confirmés, capables d'encadrer cette classe biberon. Mais la question fondamentale demeure : qui voudra venir travailler dans ce cirque ? Convaincre un manager de top niveau de rejoindre un projet aussi instable et mal planifié sera le plus grand défi de BlueCo. Pour l'instant, le "projet" Chelsea ressemble plus à une farce coûteuse qu'à une vision d'avenir.

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