Borussia Dortmund v Bayer 04 Leverkusen - BundesligaGetty Images Sport

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Le BVB affronte des difficultés bien plus sérieuses que de simples sifflets, certes compréhensibles, à l’encontre de Nico Schlotterbeck

Il convient de saluer la réaction des joueurs et des dirigeants du Borussia Dortmund, qui – après la défaite 0-1 contre le Bayer Leverkusen – ont publiquement défendu Nico Schlotterbeck et ont dénoncé les sifflets isolés dont le défenseur a été la cible au moment de l’annonce du onze de départ et durant la rencontre. 

Une réaction aussi prévisible qu’indispensable, car toute autre attitude aurait été contre-productive. Resserrer les rangs de manière ostentatoire, afficher une unité de façade et protéger Schlotterbeck « en tant que Borussiens », comme l’a souligné l’entraîneur Niko Kovac, est une chose. 

  • Borussia Dortmund v Bayer 04 Leverkusen - BundesligaGetty Images Sport

    La condamnation des sifflets – isolés et, selon les supporters, parfaitement justifiés – s’est révélée excessive (« Ce n’est pas correct », a tranché le directeur général Carsten Cramer ; « Une aberration », a jugé le défenseur Waldemar Anton). Elle a surtout détourné l’attention de sujets bien plus cruciaux qui méritaient d’être abordés cet après-midi-là.

    Car les Borussen sont en train de laisser filer cette saison. 

    Certes, le BVB occupe toujours la deuxième place du classement : il n’a concédé que deux défaites en Bundesliga, contre le futur champion bavarois et, plus récemment, face au Bayer Leverkusen, déjà croisé en Coupe. Si le spectacle n’a pas toujours été au rendez-vous, les résultats et la fameuse mentalité du groupe ont répondu présent. La défaite contre le Bayer Leverkusen, en lutte pour la Ligue des champions, n’y change rien. Il est compréhensible que l’équipe, confrontée à un classement figé depuis des semaines – le FC Bayern est hors d’atteinte, mais RB Leipzig et VfB Stuttgart aussi –, ne se batte plus de toutes ses forces pour éviter une défaite imminente. 

    Néanmoins, un bémol de taille persiste : la baisse de tension au sein de l’effectif prend des proportions préoccupantes. 


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  • VfB Stuttgart v Borussia Dortmund - BundesligaGetty Images Sport

    Face au VfB Stuttgart puis au HSV, le BVB a dû son salut à ses « super-subs ».

    La semaine dernière à Stuttgart, le BVB n’a affiché l’intention, jusqu’aux arrêts de jeu, que de viser au mieux un match nul 0-0 ; l’équipe semblait même se contenter du statu quo. Le 2-0 final, flatteur, ne doit son existence qu’aux entrants Karim Adeyemi, Julian Brandt et Fabio Silva, passeurs décisifs puis buteurs, ont ainsi forcé leur entrée dans le onze de départ contre Leverkusen. Brandt, en particulier, s’est distingué lors de la défaite 1-0.

    Déjà, lors du 3-2 face au Hambourg SV juste avant la trêve internationale, alors que le score était de 0-2, l’équipe avait moins bénéficié d’une amélioration collective que des entrées décisives de Ramy Bensebaini et Fabio Silva, deux « joker » de Niko Kovac.

    Contre Leverkusen, les Borussen ont certes bien entamé la rencontre et ont même réussi à se montrer légèrement supérieurs, sans pour autant se créer de véritables occasions dans la surface adverse. Après l’ouverture du score, toutefois, aucune réaction notable n’a été observée en seconde période, bien au contraire. Il est à noter que les deux tribunes, ayant cessé de soutenir leur équipe suite à une urgence médicale en tribune, ont plongé le stade dans un calme inhabituel ; cette atmosphère semblait davantage troubler les joueurs du BVB que les sifflets précédemment adressés à Schlotterbeck, lequel a pourtant livré une performance correcte. Mais ceci n’est qu’une parenthèse. 

  • Borussia Dortmund v Bayer 04 Leverkusen - BundesligaGetty Images Sport

    BVB : Dortmund a-t-il vraiment l'empreinte d'une équipe de Niko Kovac ?

    « Le champion d’Allemagne n’est pas encore connu », a répété Niko Kovac jeudi dernier. Mathématiquement, tout reste possible, en tête comme en queue de classement. Réaliste avant tout, le technicien ne pensait pas, bien sûr, que son équipe pourrait encore ravir le titre au Bayern.

    Il ne voulait pas non plus suggérer que la qualification pour la Ligue des champions, que le BVB n’a pas encore assurée mathématiquement après sa défaite contre Leverkusen, pourrait encore leur échapper. Son objectif était avant tout d’éviter tout relâchement chez ses joueurs, comme celui constaté contre Leverkusen – et déjà face au VfB Stuttgart et au Hambourg SV. 

    L’une des plus grandes réussites de Niko Kovac cette saison au BVB a été d’empêcher, même à l’état embryonnaire, l’émergence du traditionnel débat sur la mentalité, souvent paralysant et stérile à Dortmund. Si le jeu de possession a parfois manqué d’inspiration, le technicien a inculqué à son groupe la capacité à ne jamais abdiquer, à se relever et à franchir les obstacles. Les résultats ont jusqu’ici confirmé cette approche, même si ce mental semble s’être dilué ces dernières semaines. Un nouveau faux pas samedi prochain contre le TSG Hoffenheim pourrait ainsi offrir le titre au Bayern avec plusieurs journées d’avance.

    Bien sûr, les Borussen peuvent se moquer de savoir quand le Bayern fêtera son prochain titre. Mais si ce BVB veut vraiment porter l’empreinte de Niko Kovac, il doit aborder la rencontre à Hoffenheim avec la même intensité que celle déployée samedi pour réprimander les supporters ayant sifflé Nico Schlotterbeck.