Luka Modric, l’inoxydable milieu croate désormais à l’AC Milan, revient dans une longue interview au Corriere della Sera sur les moments forts de sa vie et sa carrière. Entre souvenirs personnels douloureux et rencontres marquantes avec de grands entraîneurs, le Ballon d’Or 2018 évoque José Mourinho, Massimiliano Allegri et Carlo Ancelotti, offrant une plongée rare dans son univers.
AFP"Je l'ai vu faire pleurer Cristiano Ronaldo", Luka Modric passe aux aveux après le Real
AFPUne carrière façonnée par des entraîneurs exigeants : merci Mourinho
À 40 ans, Modric n’a rien perdu de sa lucidité ni de sa capacité à analyser le football et les hommes qui l’entourent. Son passage au Real Madrid a été ponctué par des expériences fortes avec des techniciens de renom. « Exceptionnel », résume-t-il lorsqu’il parle de José Mourinho, qu’il a côtoyé lors de la saison 2012-2013.
« Comme entraîneur et comme personne. C'est lui qui m'a voulu au Real Madrid. Sans Mourinho, je ne serais jamais arrivé. Je regrette de ne l'avoir eu qu'une seule saison », confie Modric, rappelant combien le Portugais a compté dans sa trajectoire.
Le Croate note la rigueur du tacticien portugais, plus marquée que celle de Massimiliano Allegri ou Carlo Ancelotti. « Je l'ai vu faire pleurer Cristiano Ronaldo dans les vestiaires, un homme qui se donne à fond sur le terrain, parce que pour une fois, il n'avait pas couru après le latéral adverse. Mourinho est très direct avec les joueurs, mais il est honnête. Il traitait Sergio Ramos et le nouveau venu de la même manière: s'il avait quelque chose à vous dire, il vous le disait. Max (Allegri) est pareil: il vous dit franchement ce qui est bien et ce qui est mal. L'honnêteté est fondamentale », explique-t-il.
(C)Getty imagesMassimiliano Allegri, un mentor subtil : Ancelotti devant
Modric évoque ensuite sa relation actuelle avec Allegri, désormais entraîneur de l’AC Milan. « Je ne peux rien vous dire tant qu’il est là », plaisante-t-il avant de nuancer : « Blague à part, il a une personnalité incroyable. Il ressemble un peu à Ancelotti: sensible, drôle et il adore faire des farces. Mais sur le terrain, comme entraîneur, c’est un maître. Il connaît le football comme peu d’autres. Je ne le connaissais pas très bien, mais je suis ravi qu’il soit mon entraîneur maintenant ».
Si Allegri séduit par son franc-parler et son sens de l’humour, Modric place tout de même Carlo Ancelotti en haut de son panthéon. « Carlo est le numéro un », souligne-t-il. « C'est difficile à exprimer. Pour sa personnalité, pas seulement pour ses qualités sur le banc. On a souvent parlé de Milan et de l'AC Milan quand on était à Madrid. Cet endroit était unique pour lui aussi. Je me souviens de notre rencontre. J'étais seul en ville. Il m'a appelé et m'a dit: 'Viens dîner avec moi.' On a parlé pendant des heures, de tout. Du foot, de la famille, de la vie. En général, les entraîneurs ne font pas confiance à leurs joueurs. Lui, si », a-t-il fait savoir.
Getty ImagesUne leçon d’humanité et de football
À travers ses confidences, Modric ne parle pas seulement de tactique ou de rigueur. Il raconte des relations humaines, des moments intenses et parfois douloureux, qui ont façonné son parcours et sa personnalité. Entre exigence sportive et bienveillance, les entraîneurs qu’il a croisés ont tous contribué à faire de lui l’un des milieux les plus respectés du football mondial.



