Longtemps restée dans les tiroirs, la fameuse "Loi Wenger" s’apprête à refaire surface. Conçue par Arsène Wenger, aujourd’hui directeur du développement du football mondial à la FIFA, cette réforme du hors-jeu pourrait bouleverser la manière d’interpréter les actions offensives. Après deux années de silence, le projet sera de nouveau discuté au sein de l’IFAB, l’organisme responsable des règles du jeu. Si le calendrier se confirme, un vote décisif interviendra dès 2026, ouvrant peut-être la voie à une nouvelle ère dans l’arbitrage.
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Getty Images SportLe retour d’une idée signée Arsène Wenger
L’idée avait disparu des discussions depuis plusieurs mois, mais elle n’a jamais été totalement abandonnée. La fameuse "Loi Wenger", proposée par l’ancien entraîneur d’Arsenal, refait surface. Son objectif est clair : offrir plus de liberté aux attaquants et redonner du spectacle au football.
Depuis des années, la question du hors-jeu alimente les polémiques. Les décisions au millimètre près, appuyées par la VAR, ont souvent frustré les joueurs comme les supporters. Avec la réforme imaginée par Wenger, le hors-jeu ne serait signalé que si le corps entier de l’attaquant se trouve devant le dernier défenseur. Autrement dit, une épaule, un genou ou un bout de chaussure ne suffiraient plus à annuler un but.
Cette approche, jugée plus juste par certains, divise pourtant les puristes. Pour ses défenseurs, elle encouragerait le jeu offensif et augmenterait le nombre de buts. Pour ses détracteurs, elle risquerait de déséquilibrer les équipes et d’altérer la rigueur tactique.
Getty Images SportUne réforme enfin sur la table de l’IFAB
Après deux ans d’attente, la question sera de nouveau débattue lors de l’assemblée générale annuelle de l’IFAB, prévue le 20 janvier 2026. Cette instance, composée notamment de 23 joueurs et de 11 arbitres, a pour mission de définir les règles officielles du football mondial.
Si les discussions aboutissent à un consensus, la réforme sera soumise au vote en février. Les chances d’une adoption sont réelles puisque près de 95 % des propositions validées par la réunion préparatoire finissent approuvées par l’assemblée générale.
En cas de feu vert, la "Loi Wenger" pourrait être testée dès 2026 dans certaines compétitions secondaires avant une éventuelle adoption globale. L’IFAB prévoit toujours une phase d’expérimentation avant d’officialiser tout changement majeur, afin de mesurer l’impact concret sur le jeu et sur l’arbitrage.
AFPDes tests déjà réalisés à l’étranger
La réforme n’en est pas à son coup d’essai. Depuis novembre 2023, plusieurs tournois de jeunes en Suède et en Italie appliquent déjà cette nouvelle manière d’interpréter le hors-jeu. Les premiers retours sont encourageants. Les arbitres estiment que les décisions sont plus simples à prendre et que le jeu devient plus fluide. Les attaquants, eux, apprécient de pouvoir se projeter plus librement dans le dos des défenses.
Ces expérimentations constituent un premier pas vers une adoption plus large. Si les résultats continuent à être jugés positifs, l’IFAB pourrait accélérer le processus. Certains observateurs évoquent déjà la possibilité de voir cette règle testée lors de compétitions plus importantes, voire dans certains championnats nationaux.
Getty Images SportVers une application dès la Coupe du monde 2026 ?
Même si aucune décision officielle n’a encore été prise, plusieurs sources en Espagne et en Angleterre estiment que l’IFAB pourrait valider la réforme assez tôt pour qu’elle soit introduite avant la Coupe du monde 2026. Ce scénario reste toutefois jugé prématuré par la plupart des acteurs du football.
Les responsables souhaitent éviter une transition trop brusque avant un tournoi majeur. L’idée serait plutôt de multiplier les essais à petite échelle avant une généralisation à long terme. Mais si les tests sont concluants et la logistique maîtrisée, rien n’empêcherait la FIFA d’autoriser son usage partiel lors du Mondial.
Getty Images SportUn tournant historique en perspective
Le football moderne n’a jamais cessé d’évoluer, et la "Loi Wenger" pourrait marquer une étape décisive dans cette transformation. En modifiant la définition du hors-jeu, elle changerait la manière de défendre, d’attaquer et même de former les jeunes joueurs.
Si elle est adoptée, les entraîneurs devront repenser leur placement défensif et leur gestion de la profondeur. Les attaquants, eux, retrouveraient une marge de liberté perdue depuis l’introduction de la VAR. Le jeu pourrait alors redevenir plus instinctif, plus spectaculaire, et peut-être plus imprévisible.
Le rendez-vous de janvier 2026 sera donc crucial. Arsène Wenger, toujours aussi passionné par la modernisation du football, pourrait enfin voir son projet se concrétiser. Le monde du ballon rond retient son souffle, conscient qu’un simple vote pourrait redéfinir l’essence même du hors-jeu.