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Erreur de jeunesse, excuses sincères : il est temps de tourner la page Amoura

Il faut savoir raison garder. Depuis le coup de sifflet final de cet épique huitième de finale entre l'Algérie et la RDC, Mohamed Amoura se retrouve au cœur d'un tourbillon médiatique d'une violence inouïe. Son tort ? Avoir célébré la qualification arrachée à la 118e minute en parodiant la posture du célèbre supporter congolais "Lumumba", avant de s'allonger au sol comme pour lui intimer l'ordre d'aller dormir. Certes, ce détournement de l'immobilité hiératique de Michel Kuka Mboladinga, transformé en moquerie finale, peut surprendre, voire choquer ceux qui y voient une atteinte à un symbole historique. Mais de là à instruire un procès contre un jeune homme de 25 ans emporté par l'ivresse d'une victoire, il y a un pas que la bien-pensance franchit un peu trop allègrement

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    L'ignorance n'est pas un crime

    Soyons sérieux deux minutes : qui peut croire sincèrement que Mohamed Amoura, attaquant au bulletin disciplinaire sans rature et concentré sur son football, maîtrise sur le bout des doigts la symbolique politique de la statue de Patrice Lumumba à Kinshasa ? Lui reprocher de ne pas connaître l'histoire de la résistance anticoloniale congolaise au moment où il exulte après deux heures d'effort intense relève de la malhonnêteté intellectuelle. Amoura n'a pas voulu insulter la mémoire d'un héros africain ; il a simplement vu une posture atypique dans les tribunes et l'a reproduite dans un élan de chambrage bon enfant, comme cela se fait sur tous les terrains du monde. C'était maladroit, peut-être. Méchant, certainement pas.

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  • Faute avouée, polémique enterrée ?

    Ce qui devrait clore le débat, c'est la réaction du joueur lui-même. Loin de s'enfermer dans l'arrogance, Amoura a fait preuve d'une maturité exemplaire en présentant ses excuses le lendemain du match. "Je n'étais pas au courant de ce que représentait cette personne... Si mon attitude a pu être mal comprise, je le regrette sincèrement", a-t-il écrit. Que veut-on de plus ? Qu'il se flagelle en place publique ? La Fédération Algérienne a d'ailleurs parfaitement géré l'incident en invitant le supporter à l'hôtel des Verts, transformant le malaise en moment de fraternité. L'incident est clos, diplomatiquement et humainement.

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    L'indignation à géométrie variable

    Pourtant, certains continuent de réclamer des sanctions exemplaires, surfant sur l'émotion pour s'offrir une tribune vertueuse à peu de frais. C'est oublier un peu vite que le football est un jeu, fait d'émotions brutes et d'imperfections. Vouloir aseptiser chaque célébration, chaque geste spontané au nom d'une morale supérieure, c'est tuer l'esprit même de ce sport. Amoura n'a insulté personne, n'a frappé personne. Il a commis une erreur de jeunesse, s'est excusé, et la vie continue.

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    Laissons-le jouer

    Il est temps de redescendre sur terre et de laisser Mohamed Amoura faire ce qu'il sait faire de mieux : jouer au football. Ce lynchage médiatique n'a plus lieu d'être. L'erreur est humaine, le pardon devrait l'être tout autant, surtout quand il est demandé avec autant de sincérité. Ceux qui s'acharnent aujourd'hui feraient bien de se regarder dans un miroir avant de jeter la pierre à un gamin qui a juste voulu célébrer une victoire avec un peu trop d'insouciance. Passons à autre chose, le quart de finale n'attend pas.

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