En décidant d’exposer publiquement ses frustrations, Ruben Amorim a précipité une situation déjà fragile. Quelques jours après qu’Enzo Maresca a fragilisé sa position à Chelsea par des déclarations similaires, le technicien portugais a, à son tour, choisi de régler ses comptes en public. La veille de Noël, il laissait entendre que Manchester United ne lui donnerait ni le temps ni les moyens nécessaires pour imposer son 3-4-3. Dimanche, après le nul à Leeds, il est allé plus loin, affirmant ne pas avoir la main sur les décisions sportives majeures.
Amorim a insisté sur une distinction claire : il se voyait comme un « manager » à l’anglaise, pas comme un simple entraîneur, rappelant que son mandat était limité à 18 mois, quoi qu’il arrive. Un discours ferme, presque fataliste, qui a surtout acté la rupture avec sa direction.
La conséquence a été immédiate : la recherche de son successeur est désormais lancée, à peine plus d’un an après son arrivée. Dans un contexte normal, le changement aurait sans doute eu lieu plus tôt, tant les résultats et les choix tactiques ont agacé supporters et observateurs. Mais Jim Ratcliffe et le groupe INEOS avaient longtemps maintenu leur confiance, après avoir beaucoup investi pour l’attirer.
Cette sortie médiatique a visiblement été la goutte de trop. Reste que les supporters ne sont pas dupes : Amorim n’est pas seul responsable du marasme actuel. Depuis la prise de contrôle sportive par INEOS, les décisions contestables se sont accumulées à Old Trafford. Et rien n’indique, à ce stade, que la prochaine nomination sera celle qui remettra enfin le club sur les rails.