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Al Ittihad v Al Fayha: Saudi Pro LeagueGetty Images Sport

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Analyse : comment Fesing a rebattu les cartes d'Al-Ittihad en 60 jours ?

60 jours seulement ont suffi pour voir émerger un Al-Ittihad totalement différent, une équipe qui ne s'appuie pas tant sur les noms de ses stars que sur un système intégré, dans lequel tout le monde se déplace pour un seul et même objectif, et où chaque joueur sait ce que son coéquipier et l'entraîneur attendent de lui sur le terrain.

Depuis que le jeune Allemand Jens Wiesing a pris en main l'entraînement d'Al-Ittihad le 10 juillet dernier, le manager a entrepris de rebattre les cartes du « Doyen » de manière progressive, au point que l'équipe, après une courte période, s'est dotée d'une identité claire, perceptible dans la manière de construire les attaques, le pressing après la perte du ballon, les transitions, et jusqu'aux tâches défensives des attaquants.

Fait remarquable, Wiesing n'a pas eu besoin d'années pour imposer ses idées ; il a au contraire réussi en deux mois environ à façonner une équipe qui semble travailler ensemble depuis longtemps, ce qui est clairement apparu dans l'esprit collectif dont fait désormais preuve Al-Ittihad, et dans la capacité des joueurs à remplir leurs rôles même lorsque le ballon est loin des zones de danger.

  • imago-sport-1080559235.jpgZUMA Press Wire

    Un système qui ne repose pas sur l'individu

    Ce qui frappe en premier chez l'Ittihad de Vissing, c'est que l'équipe ne semble pas dépendre d'un seul joueur pour faire la différence, mais évolue comme un bloc unique : le ballon circule rapidement, les joueurs se déplacent les uns pour les autres, et chaque mouvement d'un joueur ouvre un espace pour un coéquipier.

    Et lorsque l'Ittihad a le ballon, l'objectif n'est pas simplement de le conserver, mais de chercher rapidement l'espace derrière les défenseurs, que ce soit par des passes directes qui cassent la ligne défensive ou par des ballons en profondeur exploités lors des transitions offensives.

    À lire aussi : de buteur à défenseur, comment le style de jeu de Youssef En-Nesyri a-t-il changé avec l'Ittihad ?

    Cette rapidité dans le passage de la phase défensive à la phase offensive confère à l'Ittihad une grande capacité à frapper l'adversaire avant qu'il ne retrouve son organisation, d'autant que l'équipe possède des joueurs capables d'exploiter les espaces et de courir derrière la ligne défensive.

    Le plus important, c'est que cette méthode ne repose pas uniquement sur la qualité de la dernière passe, mais sur le mouvement de l'ensemble du groupe : l'attaquant décroche, l'ailier plonge dans l'axe, le latéral monte et le milieu se déplace pour sécuriser l'espace, si bien que l'attaque devient une série de mouvements coordonnés au lieu d'attendre une solution individuelle.

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  • Le pressing, première arme d'Al-Ittihad

    Lorsqu'Al-Ittihad perd le ballon, une autre phase du système de Facchetti s'enclenche : tenter de le récupérer le plus rapidement possible, plutôt que de reculer et d'attendre l'adversaire à proximité de la surface de réparation.

    L'équipe se déplace de manière collective pour presser le porteur du ballon, et les espaces proches de lui deviennent la cible des joueurs, de sorte qu'Al-Ittihad tente de contraindre l'adversaire à prendre une décision rapide susceptible de lui faire perdre à nouveau le ballon.

    C'est ici qu'apparaît l'importance de la coordination entre les lignes, car le pressing ne peut réussir si un joueur se déplace seul. C'est pourquoi nous voyons désormais les joueurs d'Al-Ittihad se déplacer comme un seul bloc : le milieu de terrain avance en même temps que l'ailier, l'arrière latéral se déplace pour réduire l'espace, tandis que l'attaquant presse les défenseurs.

    Cette méthode confère à Al-Ittihad un avantage supplémentaire, car récupérer le ballon dans des zones avancées signifie que l'équipe n'a pas besoin de construire l'attaque depuis l'arrière, mais peut passer directement au but adverse, ce qui correspond à la volonté de Facchetti de pratiquer un jeu rapide et direct.

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  • Al Ittihad v Al Hazem: Saudi Pro LeagueGetty Images Sport

    Les latéraux et les ailiers : une équation offensive différente

    Parmi les détails tactiques les plus marquants du système de Vissing figure la forte dépendance vis-à-vis des deux latéraux pour donner de la largeur à l'équipe, avec des ailiers qui rentrent dans l'axe, ce qui crée une densité numérique plus importante aux abords de la surface de réparation adverse.

    Lorsque le latéral monte, l'ailier obtient la liberté de pénétrer dans les espaces intérieurs, au lieu de rester collé à la ligne de touche, et la défense adverse se retrouve alors face à plusieurs menaces en même temps, que ce soit dans l'axe ou sur les côtés.

    Vissing veille également à placer ses ailiers dans des situations de un contre un, car il sait que disposer d'un joueur capable d'éliminer son vis-à-vis peut ouvrir tout le dispositif défensif, et c'est pourquoi les mouvements collectifs interviennent pour créer les conditions propices à ces duels individuels.

    De cette manière, l'attaque de l'Ittihad ne se réduit pas à une simple tentative d'atteindre la surface de réparation, mais devient une opération organisée dont l'objectif est de créer plusieurs options devant le porteur du ballon, au point que la défense adverse se voit contrainte de prendre des décisions difficiles entre fermer l'axe, surveiller l'ailier ou gérer la montée du latéral.

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  • Al Ittihad v Al Fayha: Saudi Pro LeagueGetty Images Sport

    Le Naciri, la preuve la plus éclatante de la transformation

    Youssef En-Nesyri est peut-être le meilleur exemple de l'ampleur du changement apporté par Vicente à Al-Ittihad. L'attaquant marocain n'est en effet plus un simple avant-centre qui attend le ballon dans la surface de réparation, mais il assume désormais des rôles qui dépassent sa mission offensive traditionnelle.

    À certains moments des matches, on peut voir En-Nesyri revenir dans des zones défensives avancées pour contribuer à fermer les espaces et surveiller certaines sources de danger chez l'adversaire, avant de se transformer rapidement, dès la récupération du ballon, en un attaquant qui cherche l'espace derrière les défenseurs.

    Ce type de rôles reflète l'idée fondamentale de Vicente : le joueur n'est pas seulement tenu de remplir sa fonction d'origine, mais il doit servir le système à chaque instant du match, que le ballon soit en possession d'Al-Ittihad ou de l'adversaire.

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    C'est ici que l'on peut comprendre pourquoi Al-Ittihad semble plus soudé et plus animé sur le plan collectif ces derniers temps ; parce que l'équipe ne joue pas avec un ensemble d'individus, mais avec un groupe de joueurs qui se déplacent selon une seule et même idée, une transformation que Vicente a réussi à ancrer en 60 jours seulement.

    En définitive, la durée passée par Vicente à Al-Ittihad est peut-être courte, mais son empreinte est désormais évidente : l'équipe possède maintenant une identité qui repose sur les transitions rapides, le pressing direct, la montée des latéraux, la rentrée des ailiers dans l'axe et l'exploitation des duels individuels, sans oublier la disposition des attaquants à assumer des tâches défensives.