Parler de la victoire d'Arsenal comme d'une simple « remontada » revient à minimiser le travail tactique qui l'a précédée. Arteta a pris plusieurs décisions imbriquées : « il a choisi Havertz au poste d'attaquant, a donné davantage de liberté à Ødegaard, a poussé Lewis-Skelly au milieu, a opté pour Zubimendi sur l'aile et s'est appuyé sur Konsa en défense. »
Chaque décision a influé sur les autres. La liberté d'Ødegaard n'aurait pas été possible au même degré sans l'équilibre apporté par le milieu de terrain. Et les mouvements de Havertz sont devenus plus efficaces parce qu'Ødegaard était en mesure de rejoindre la surface. Quant à Zubimendi, il a contribué à créer des angles de passe supplémentaires qui ont placé la défense de Chelsea face à plus d'une option. C'est là le point le plus important dans la lecture de ce match : « Arteta n'a pas gagné grâce à une seule décision, mais parce que ses décisions se sont complétées les unes les autres. »
Au final, le score dit qu'Arsenal a gagné 2-1, mais le match dit quelque chose de plus grand : l'équipe a encaissé un but vers la deuxième minute, et pourtant elle n'a pas perdu sa structure. Menée au score, elle a ensuite égalisé, puis pris l'avantage, avant de résister à la pression des dernières minutes. Cette séquence est très importante pour une équipe qui défend son titre. La saison ne se joue pas dans les matches où l'équipe est au sommet de sa forme, mais dans ceux où les choses se compliquent. C'est pourquoi la victoire face à Chelsea revêt une valeur qui dépasse les trois points.
Arsenal n'a pas livré un match parfait ; l'équipe a laissé des occasions à Chelsea, n'a pas plié la rencontre tôt et aurait pu payer certaines maladresses en fin de match. Mais elle possédait quelque chose de plus important que la perfection : « la souplesse. Une souplesse dans le dispositif, une souplesse dans les rôles et une souplesse dans la gestion du scénario du match. » Et c'est précisément ce qui a fait fonctionner les paris d'Arteta.
Havertz a prouvé qu'il était capable de mener l'attaque, Ødegaard a exploité l'espace que le plan lui a offert, Zubimendi a démontré que son choix n'était pas un pari risqué, et Lewis-Skelly a contribué à redistribuer les rôles au milieu, tandis que Raya a préservé l'avantage de son équipe au moment où l'erreur était interdite.
Quant à Chelsea, malgré la défaite, l'équipe a confirmé qu'elle avait de quoi inquiéter les grands, mais elle a perdu le match dans lequel elle avait besoin de rentabiliser ses moments avec le plus d'efficacité. C'est pourquoi on peut dire que le derby de Londres n'a pas été une confrontation tranchée par les grands noms, mais un match tranché par « la qualité des détails ».
Chelsea a possédé le début. Arsenal a possédé le match. Et la différence entre les deux a résidé dans la capacité d'Arteta et de ses joueurs à transformer le plan en réalité, puis à gérer les changements du match sans perdre leur identité. Les paris d'Arteta ont réussi, mais le plus important est qu'Arsenal a prouvé qu'il avait la personnalité de l'équipe qui sait comment gagner, même lorsque les choses ne commencent pas en sa faveur.