Ronaldo, Jorginho... Les gagnants et les perdants du départ de Sarri à la Juventus

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Getty/Goal
Maurizio Sarri est le nouvel entraîneur de la Juventus. Quels sont les gagnants et les perdants de cette opération ?

C'est officiel : Maurizio Sarri sera bien l'entraîneur de la Juventus. Le technicien à la cigarette quitte Chelsea pour regagner son Italie natale, où le plus grand club du pays lui faisait les yeux doux après le départ de Massimiliano Allegri. Du côté de Londres comme de Turin, cette opération a une certaine résonnance. Quels sont les gagnants et les perdants de ce mouvement ?


PERDANT : Jorginho


Maurizio Sarri Jorginho Chelsea Europa League 2019

Jorginho, LE joueur qui personnifie le  "Sarrisme", est sans doute le plus gros perdant de l'affaire.

Le métronome du milieu de terrain avait accepté de rejoindre le Manchester City de Pep Guardiola l'été dernier avant que le président de Napoli, Aurelio De Laurentiis, intervienne et insiste pour qu'il s'installe à Chelsea. Jorginho reste donc orphelin de son mentor, à Londres.

Il devra convaincre le successeur de Sarri de son utilité dans son rôle de sentinelle par rapport à un N'Golo Kanté dont le rendement au poste assure plus de garanties, d'autant que le champion du monde français avait été déplacé plus haut sur le terrain pour les principes de Sarri.

Guardiola suivra cette situation avec un intérêt particulier ...


GAGNANT : Cristiano Ronaldo


Cristiano Ronaldo Juventus

Nous l'avons constaté lors de la finale de l'Euro 2016 il y a trois ans, Cristiano Ronaldo n'a aucun problème à assumer le rôle de coach. Mais CR7 serait désormais, semble-t-il, tout aussi disposé à assumer celui de directeur sportif, avec une vraie détermination à influer sur la stratégie de recrutement de la Juve cet été.

Devant les caméras, l'attaquant a tenté de persuader le défenseur néerlandais Matthijs de Ligt, très sollicité (notamment par le PSG), de le rejoindre à Turin quand les deux hommes se sont croisés en finale de la Ligue des Nations. On pense également qu'il essaie en privé de persuader son ancien coéquipier du Real Madrid, Marcelo de le retrouver en Italie.

Après avoir vu la Juve éliminée lors des quarts de finale de la Ligue des champions de la saison dernière, Ronaldo est clairement convaincu que la Vieille Dame a besoin de plus de qualité.

Il entretenait d'excellentes relations avec Allegri mais, lors de plusieurs matches la saison dernière, il n'a pas caché sa frustration par rapport au manque de maîtrise de la Juve lors de ses matches.

En ce sens, il se félicitera de l'arrivée d'un entraîneur obsédé par la possession, un profil qu'il n'a d'ailleurs jamais connu dans sa carrière. Car CR7 a beau préférer la culture de résultat à l'esthétisme, évoluer à la pointe d'une équipe qui tient le ballon lui offrira plus d'occasions - et donc plus de buts...


PERDANTS : les supporters de Chelsea


Maurizio Sarri Chelsea 2018-19

De nombreux fans de Chelsea se considéreront comme gagnants. Après tout, ils sont de retour en Ligue des champions, ils ont dompté Arsenal, leur rival londonien, en finale de la Ligue Europa et, surtout, ils ont fini par se débarrasser de Sarri.

Mais il est toutefois impossible de réduire l'opinion publique à cette frange de supporters, sur laquelle la presse britannique s'appuyait pour ternir le bilan de Sarri.

L'Italien a dépassé toutes les attentes lors de sa première saison à Stamford Bridge en terminant troisième de la Premier League, en atteignant finale de la Coupe de la Ligue League Cup et en remportant un trophée européen majeur - tout en instaurant une philosophie de jeu radicalement différente de celle de son prédécesseur, Antonio Conte.

Pourtant, dès que les choses se sont gâtées après un début de saison quasi parfait (18 matches sans défaite) - ce qui était inévitable pendant une saison de transition - un nombre important de supporters de Chelsea sonnt tombés 'èu=ur le manager et son poulain Jorginho, sur fond de "F *** Sarriball !".

Les fans de Manchester City n'avaient pas eu la même ingratitude envers Pep Guardiola lors de l'an I du technicien espagnol en Angleterre. À trop réclamer, les supporters du Bridge pourraient tomber de haut, et se rendre compte qu'ils ont plus perdu que gagné avec le départ d'un entraîneur de ce calibre.


GAGNANT : Paulo Dybala


Paulo Dybala Massimiliano Allegri Juventus 2018-19

Ne vous y trompez pas : si Allegri était resté à la Juventus, l'aventure de Paulo Dybala à Turin se serait arrêtée là.

L'arrivée de Ronaldo du Real Madrid l'été dernier a été un coup dur pour l'attaquant argentin. Il a incité Allegri a modifié son rôle et son registre pour se mettre au service de la superstar. Résultat, après avoir signé la saison la plus prolifique de sa carrière (26 buts toutes compétitions confondues), Dybala a réalisé la pire.

Il n'a marqué que cinq fois en Serie A et n'a débuté que 24 matches, une misère pour un joueur de cette dimension. Le départ d'Allegri change donc tout pour lui.

En effet, il est à présent envisageable que Dybala devienne un attaquant encore plus efficace qu’en 2017-2018, lorsque l’on considère la manière dont des attaquants de taille similaire, tels que Dries Mertens et Lorenzo Insigne, ont franchi un cap sous les ordres de Sarri au Napoli.

Le nouveau patron de l'Inter, Antonio Conte, souhaite attirer Dybala à San Siro en offrant à Mauro Icardi en retour.

Cependant, comme l'a révélé Goal, la Vieille Dame hésite à lâcher un joyau dont la renaissance est attendue après une saison délicate.

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PERDANTS : ceux qui espéraient Guardiola


Pep Guardiola Manchester City 2018-19

"J'ai entendu parler de Pep Guardiola", a récemment déclaré Andrea Barzagli, "c’est agréable de rêver."

La réalité, c'est que la Juventus n’a jamais eu la possibilité de s'offrir le manager de Manchester City cet été.

Partant de ce postulat, Sarri ne débarque pas en terrain conquis dans le Piémont, il part forcément d'un peu plus loin. Ses préceptes tactiques se rapprochent de ceux de l'Espagnol, mais il n'a évidemment pas l'aura, la parcours royal et le palmarès de celui qui est aujourd'hui considéré comme la référence du métier.

Le travail que Sarri a accompli à Naples est largement considéré en Italie. Il était perçu comme un adversaire à prendre au sérieux, mais cela ne signifie pas pour autant que l'Italie le voyait comme un entraîneur digne de la Juventus.

"Sarri n'a aucune classe, qu'il porte un costume ou un survêtement", a déclaré l'ancien président des Bianconeri, Giovanni Cobolli Gigli, à Radio Kiss Kiss la semaine dernière. "Je n'oublierai pas le majeur qu'il a montré aux supporters de la Juve alors qu'il était dans le bus de l'équipe. Il peut coller ce doigt ailleurs !".

Dans ce contexte, Sarri peut-être faire quelques efforts pour se fondre dans l'environnement particulier du club le plus titré de Serie A.

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