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Robin Roefs, le géant néerlandais qui a conquis l'Angleterre en vingt minutes

Quand Robin Roefs pénètre dans les vestiaires du City Ground après un match contre Nottingham Forest, le brouhaha habituel s'arrête net. Puis, c'est l'explosion. Joueurs et staff de Sunderland acclament leur nouveau héros, celui qui, semaine après semaine, dégoûte les attaquants du royaume. En quelques mois, le Néerlandais de 1m93 a transformé le scepticisme en adoration.

Sa performance récente contre Manchester City, dans un duel à distance avec Gianluigi Donnarumma, a fini de convaincre les derniers sceptiques. Un match nul (0-0) où les deux portiers ont été infranchissables. Troy Deeney l'a qualifié de « meilleure recrue de la saison » sur la BBC, tandis que Jamie Carragher l'a inclus dans son équipe type de mi-saison. Mais le plus beau compliment vient peut-être de ce supporter sur X : « Je jetterais mon chien d'un pont si je savais que Roefs était en bas pour le rattraper. »

Le mur statistique de la Premier League

L'engouement autour de Roefs n'est pas seulement émotionnel, il est soutenu par une réalité statistique implacable. Avec 79% de tirs arrêtés, il affiche le meilleur ratio de toute la Premier League. Les chiffres donnent le vertige : 30 prises de balle aériennes, 67 arrêts (3,5 par match) et déjà 7 clean sheets.

Plus impressionnant encore pour les amateurs de données avancées : Roefs a empêché 3,71 "Expected Goals" (buts attendus), prouvant qu'il arrête des ballons techniquement destinés à finir au fond. Il a même stoppé le seul penalty concédé contre lui. Une adaptation fulgurante pour un joueur qui, il y a encore un an, cirait le banc en Eredivisie.

L'école de la patience et de l'autocritique

Car la trajectoire de Roefs n'a rien de linéaire. Lors la saison 2023/24, il n'était que la doublure de l'expérimenté Jasper Cillessen au NEC Nimègue. Loin de s'en plaindre, il a observé, appris et absorbé. « Jasper savait exactement ce qui était demandé au plus haut niveau. S'il rendait les choses faciles, c'est parce qu'il était excellent », confiait-il à Voetbal International.

Quand Cillessen est parti à Las Palmas, Roefs a pris le relais. Mais même après une première saison solide en tant que numéro un, ce perfectionniste n'était pas satisfait : « Ai-je eu trop de moments où je n'avais pas l'air à l'aise ? Oui. Ça ne doit pas m'arriver. » Cette exigence envers lui-même est sans doute ce qui lui a permis de franchir le fossé entre les Pays-Bas et l'Angleterre sans trembler.

Un transfert bouclé en 20 minutes chrono

L'été dernier, sa vie a basculé grâce à un Euro Espoirs réussi (où il a remplacé le titulaire blessé) et une négociation digne d'un film. Wilco van Schaik, directeur général du NEC, raconte la scène hallucinante dans un podcast : « C'est le transfert le plus rapide que j'ai jamais vu. Carlos Aalbers [le directeur technique] est entré avec un papier : "Regarde, 9,5 millions de Sunderland". J'ai dit : "Emballez, je signe où ?" »

Alors qu'Aalbers voulait négocier, van Schaik l'a traité de fou. Finalement, après vingt minutes de discussion, l'affaire était conclue pour 10,5 millions d'euros plus des bonus. Une transaction éclair pour un joueur que les scouts anglais avaient repéré lors de sa masterclass en demi-finale de l'Euro U21 contre... l'Angleterre.

Sunderland v Leeds United - Premier LeagueGetty Images

Du canapé au Mondial 2026 ?

Aujourd'hui, l'objectif a changé de dimension. Ronald Koeman l'a déjà appelé pour les qualifications au Mondial. Si Bart Verbruggen et Mark Flekken sont encore devant dans la hiérarchie, la dynamique de Roefs à Sunderland pourrait rebattre les cartes avant l'été 2026.

« Il y a quatre ans, je regardais le Mondial au Qatar sur le canapé avec des amis en tant que troisième gardien du NEC. Personne ne me connaissait », sourit-il. Aujourd'hui, il rêve de l'Amérique. Avec humilité, comme toujours : « Être dans le groupe serait déjà magnifique. Jouer ? Étape par étape. » Mais vu la vitesse à laquelle il franchit les étapes, personne ne parierait contre lui.

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