Malgré un bilan contrasté, Unai Emery quitte le PSG par la grande porte

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La nomination de Thomas Tuchel marque la fin de l'expérience d'Unai Emery à Paris. En deux ans, l'Espagnol a souvent tâtonné pour imposer sa griffe.

Jusqu'au bout, Unai Emery aura été tancé par ses détracteurs. Dimanche soir, le technicien espagnol a reçu le prix de meilleur entraîneur de la saison 2017-18 lors de la cérémonie des Trophées UNFP. Un trophée décerné par ses pairs, et pour lequel il n'a pas caché sa fierté en s'exprimant dans la langue de Molière, une nouvelle fois, avant d'être moqué pour sa prononciation par un convive. Comme le symbole d'une incompréhension entre un entraîneur porté par ses convictions, mais plombé par sa communication. Comme si sa forme avait, une dernière fois, eclipsé le fond.

La remontada, un tournant

Il est l'heure des bilans, maintenant. Unai Emery pourra peut-être regretté d'avoir opté pour le Français pendant sa période parisienne, mais il a assumé ce parti pris jusqu'au bout. Et ses dernières sorties ont été dignes. Dans un entretien accordé récemment à SFR Sport, il disait notamment ceci : "Quand je fais l’analyse des deux saisons, je me réfère spécifiquement au jeu. Il s’agit aussi de voir comment l’équipe se transforme. La saison dernière, nous avons tous pris la décision de donner la priorité à l’attaque. Quand un joueur important comme Ibrahimovic part, le repositionnement dans l’axe de Cavani transforme l’équipe. Et nous avons réussi à faire progresser Cavani comme joueur. Il est devenu meilleur buteur de l’histoire du PSG, et il a réussi ses deux meilleures années d’un point de vue statistique: 49 buts l’an dernier et 38 cette année! En plus de cela, l’année dernière, il ne faisait que rarement des passes décisives. Et cette année, il en a délivrées une dizaine. C’est une amélioration. C’est un processus de changement, tout comme l’arrivée de Neymar. Tu ne joues pas de la même façon avec ou sans Neymar".

Les progressions individuelles passent derrière les deux éliminations successives au stade des huitièmes de finale de la Ligue des champions. La fameuse remontada à Barcelone (6-1), après l'un des matches les plus accomplis de l'histoire du club lors de la première manche (4-0), est resté dans toutes les têtes. Unai Emery est conscient que le chef d'oeuvre de l'aller aurait pu faire basculer Paris dans une autre dimension. "Même si les circonstances n’ont pas permis d’aller plus loin en Ligue des champions, on aurait pu le faire !", avait-t-il encore déclaré sur SFR Sport la semaine passée. "J'ai insisté et je l’assume comme entraîneur, parce que le tirage au sort a été ainsi. Tu joues contre le Barça et après avoir gagné 4-0, les circonstances là-bas te font perdre. Mais ce n’est pas normal ! Si tu rejoues le match dix fois, tu ne perds plus. Parce qu’à la fin, même si nous avons commis beaucoup d’erreurs, nous avons fait beaucoup de bonnes choses et un penalty aurait dû être sifflé pour nous à la 75e alors que le score était de 3-1. Ça aurait fait 3-2 après un 4-0 et tout le monde dirait que le PSG est une merveille...".

PS Emery

Cette année-là, Unai Emery avait aussi vu son équipe échouer derrière une équipe de Monaco exceptionnelle, malgré une saison pleine sur le plan comptable. La perte du titre de champion de France a été perçue comme un échec, mais le PSG a eu le mérite de ne pas couler en Ligue 1 après la déroute du Camp Nou. Une satisfaction pour Emery, avant une deuxième année tout aussi intense, mais au dénouement à peine plus heureux. Après les arrivées de Neymar et Kylian Mbappé, Unai Emery a disposé d'un des effectifs les plus impressionnats d'Europe, mais le club de la capitale s'est encore incliné au stade des huitièmes de finale de la Ligue des champions, cette fois-ci contre le Real Madrid, double-tenant du titre. En tombant deux années consécutives contre les deux géants d'Espagne au sortir des poules, Unai Emery n'a pas été verni par les événements. La blessure de Neymar avant la seconde manche contre l'équipe de Zidane, cette saison, a encore renforcé cette impression.

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Pourtant, Paris a collecté quatre titres sur la scène nationale cette saison, comme le club de la capitale l'avait fait à trois reprises sous Laurent Blanc. Vainqueur de la Coupe de France et de la Coupe de la Ligue, le PSG et son effectif XXL n'a pas souffert de la concurrence cette année, mais sa routine a été perturbée par les affaires extra-sportives, entre frictions d'ego et rumeurs de transferts. Une nouvelle page de l'histoire qatarie s'ouvre avec l'arrivée de Thomas Tuchel, désormais. Et samedi prochain, à Caen, Unai Emery dirigera le dernier match de sa carrière aux commandes du Paris Saint-Germain. Malgré les railleries, il y laissera une trace profonde. Celle d'un bâtisseur incompris.

 

 

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