Depuis le début de saison, quelques doutes commençaient à s’installer sur le recrutement parisien. A l’exception d’un Vitinha qui s'est rapidement adapté, peu de nouveaux ont réussi à s’installer durablement au PSG. Les sorties irrégulières de Mukiele et Ekitike et celles manquées d’un Sanches, déjà blessé à deux reprises, et de Soler ont amené quelques doutes.
Un joueur est pourtant en train de rejoindre la case des réussites : Fabian Ruiz. Un match cohérent contre Lyon et de belles prestations face à Marseille et Ajaccio ont fait de l’Espagnol le grand gagnant du passage à trois au milieu de terrain. Devenant tout naturellement l’homme qui manquait dans ce trio composé par Vitinha et Verratti, suspendu fac à Haïfa.
Paris voulait l’avoir avant son voyage au Japon
Pourtant, l’Andalou partait de loin et a pâti des tribulations du mercato estival, marqué par les tergiversations d’Antero Henrique dans les négociations. Attendu dès le mois de juillet dans la capitale pour faire partie de la tournée japonaise et du déplacement en Israël pour le trophée des champions, Ruiz a dû s’asseoir sur une préparation complète que le PSG aurait souhaité superviser.
Pour éviter tout risque de blessure et éviter de manquer un train qui ne repasserait peut-être pas deux fois, il a demandé aux dirigeants napolitains de ne prendre aucun risque. Résultat : le joueur s’est entraîné seul et n’a pris part à aucun match de pré-saison, entraînant de facto, un retard physique mais aussi technique et tactique, notamment dans la compréhension des consignes et les automatismes.
« On pensait qu’il allait nous rejoindre plus rapidement et les dernières semaines, il avait souhaité ne pas démarrer le championnat avec Naples. Il s’est donc entraîné à part pendant quinze-vingt jours, et a un peu de retard au niveau du rythme », confirmait Galtier avant la réception de Brest (1-0, le 10 septembre).
Pour rattraper ce retard, Fabian Ruiz a donc dû travailler plus que ses partenaires. Il le savait et avait été prévenu par Luis Campos et les membres du staff technique. « On lui a demandé d’être patient et ensuite il a fait le travail comme un grand professionnel : il a fait des compléments de séance, il était là très tôt le matin et partait très tard après les autres pour se remplir au fur et à mesure. »
En dehors du terrain, l’international espagnol n’a pas tardé à prendre ses marques. Il ne s’est pas éternisé au Royal Monceau et a trouvé son logement. Sans oublier des courts de français accélérés qui lui permettent d’espérer faire sa prochaine conférence de presse dans la langue de Molière mais aussi la petite communauté espagnole du vestiaire : Ramos, Bernat, Soler qu’il a côtoyés en sélection (il était dans la même chambre que Soler en Espoirs) et Rico. « Les premiers jours, comme je parlais italien, Marco (Verratti) m’a aidé autant que possible », ajoutait l’intéressé lors de la conférence de presse de veille de match.
Une bonne adaptation déjà dans ses deux clubs précédents
Cette montée en puissance, l’Espagnol la doit aussi à une faculté d’adaptation entrevue au Bétis et Naples mais aussi au changement de système opéré par Galtier. « En Espagne, lorsqu’il était monté avec les pros, il a joué assez rapidement. Il y a eu un changement de coach (Juan Merino a remplacé José Mel en janvier 2016) et son remplaçant, qui le connaissait depuis pas mal d’années, lui a fait confiance assez rapidement. Et la saison suivante a été celle de la consécration », se souvient Foued Kadir qui garde en mémoire « un super mec toujours avec la banane » et à « la technique fine malgré un grand gabarit ».
Interrogé sur sa faculté à jouer à deux ou à trois au milieu, Fabian Ruiz n’a pas donné sa préférence mais a surtout vanté sa capacité à s’adapter. Encore une fois. « Je peux m'adapter aux deux systèmes de jeu selon ce que décide l'entraîneur. J'ai joué dans un 4-3-3 ces dernières années mais je suis aussi à l'aise dans les autres systèmes. »
Foued Kadir, lui, se remémore qu’il avait effectué ses premiers pas en pros dans un 4-4-2.
« Il n’a aucun souci à jouer à deux ou trois milieux. Il est tellement à l’aise techniquement, il a un très bon pied gauche. Et puis, tu sens une grosse évolution, notamment physique, sur la capacité à répéter les efforts. J’ai eu l’occasion de le voir jouer avec Naples, il est capable de se projeter vers l’avant et de revenir défendre, de répéter les efforts, de faire des allers-retours. Il s’est épaissi aussi et il a pris du muscle en Italie. Quand on a joué ensemble, il était longiligne et mince. »
Mardi soir face à Haïfa, Fabian Ruiz, qui devrait bien démarrer aux côtés de Vitinha et Renato Sanches, a l’occasion de confirmer un peu plus ce nouveau statut de troisième homme au milieu. Et la deuxième satisfaction du recrutement parisien.


