Presque un mois après son départ de Bordeaux, Gustavo Poyet a choisi de sortir de son silence et s'exprimer en détails sur son différend avec la direction en place. Le technicien uruguayen estime avoir eu raison d'agir comme il l'a fait et provoquer de manière indirecte son limogeage.
Dans une interview accordée à RMC lundi soir, Poyet a indiqué que la rupture avec les responsables des Marine et Blanc était inévitable parce qu'il n'acceptait pas leur manière de fonctionner. Il a bien essayé de faire des efforts, mais a fini par lâcher prise. "J’ai pris la décision de dire la vérité. Je pense qu’il y a des choses qui se passent depuis longtemps, peut-être même sur les deux, trois dernières années. On a eu beaucoup de problèmes sur le mercato même si quelqu’un au club disait que ce n’était pas la même chose avec Jocelyn Gourvennec", a-t-il confié.
Poyet a ensuite pris l'exemple du dernier mercato estival pour démontrer que la gestion du club laisse cruellement à désirer : "Il ne faut pas oublier qu’ils ont fait deux achats de dernière minute car on n'a pas bien fait les choses avant. En tant qu’entraîneur, je sais que l’été est toujours le plus important mais on n'a rien fait. J’ai dit que je n’étais pas content mais on ne peut pas le dire, il faut mentir ! Et comme ça, ça continue de marcher comme ça marchait les dernières années".
"Je ne sais pas si les Américains vont arriver"
Et quand on lui a fait remarquer qu'il aurait pu prendre sur soi en attendant que le rachat du club se concrétise (fin septembre) et qu'il se retrouve ainsi avec de nouveaux supérieurs à sa tête, l'ex-joueur de Chelsea a lâché : "Bordeaux est un club vraiment amateur. Je ne sais pas encore s'ils vont partir ces dirigeants amateurs, et je ne sais pas s'ils vont arriver, les Américains. J'ai vu beaucoup de choses, les supporters ont dit qu'il fallait faire attention. C'est pour ça que j'ai préféré tout dire et ne pas attendre".
Enfin, Poyet est revenu une dernière fois sur le cas Gaëtan Laborde, celui qui l'a fait sortir de ses gonds lors de la conférence de presse d'après-match face à Mariupol : "deux fois j’ai dit 'non, il ne part pas (ndlr, à Montpellier) car il joue demain soir'. L’attachée de presse qui a mis en ligne le groupe de joueurs convoqués sur internet, elle ne savait pas. Le délégué qui est monté dans ma chambre ne savait pas. Les autres joueurs ne savaient pas non plus. Moi je ne savais pas, personne ne savait. Et l'affaire Laborde, c’est la fin. Je n’ai pas parlé de tout ce qu’il s’est passé avant".


