PORTRAIT - Le fabuleux destin de Stéphane Masala, le coach des Herbiers

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Propulsé n°1 sur le banc des Herbiers (National) en janvier dernier, Stéphane Masala se prépare à vivre sa première demi-finale de Coupe de France.

C'était peut-être ça, son destin. Devenir l'entraîneur n°1 des Herbiers, les aider à remonter la pente en National, et réaliser l'exploit de les mener en demi-finale de la Coupe de France. À Nantes, sa ville natale. En l'espace de trois mois, la vie de Stéphane Masala (41 ans) a pris un tournant incroyable. "Si vous m'aviez dit en début de saison que tout cela m'arriverait, je vous aurais pris pour un fou, commente pour Goal le coach de l'équipe vendéenne. Aujourd'hui, je connais un début de carrière accéléré." Car au moment des fêtes de fin d'année, l'ancien joueur de Reims était encore l'adjoint de Frédéric Reculeau, limogé début janvier. "Quand il y a eu l'éviction de Fred, ça a été un cataclysme pour tout le staff, mais la place, quelque part, je ne l'ai pas prise. C'était un interim, puis les choses se sont installées au fil des résultats. Moi et mon staff, on est dans le travail au quotidien, on n'a pas le temps de cogiter."

Opposé ce mardi (21h) à Chambly, également pensionnaire de National, Stéphane Masala vit les choses à fond. "C'est une première pour nous de se retrouver en demi-finale de Coupe de France. Il faut savoir le gérer, réussir à se créer une bulle pour que la concentration ne soit pas perturbée", lâche-t-il, avec assurance. Il reprend : "Le fait de passer d'adjoint à n°1 n'a absolument pas changé ma manière de travailler et mon quotidien. J'avais un rapport très proche avec les joueurs, je connaissais les problématiques de l'équipe et le championnat. Ce qui aurait pu détruire le groupe l'a soudé", explique l'ancien joueur, pour qui le métier d'entraîneur était "une évidence, une vocation même", de son propre aveu.

Stéphane Masala Les Herbiers

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Franck Lorenzetti, qui fût son coach à Troyes et Châlons, se souvient d'un joueur réfléchi, à qui il avait fini par confier le brassard de capitaine. "On voyait déjà que Stéphane était un joueur-entraîneur. Il était autant intéressé par le fait de jouer que la manière de comprendre comment faire l'équipe, précise-t-il. Aujourd'hui, ce qui fait sa grande force, je pense, c'est qu'il ajoute à sa rélexion un feeling. Il ne laisse rien au hasard, mais il accepte que le hasard puisse avoir une incidence. Ce qui est rare chez un entraîneur."

"Je n'ai pas le diplôme pour entraîner en National la saison prochaine"

Dans le vestiaire, les causeries du coach ne passe pas inaperçue. "Avant Lens. Il était devant nous. Il avait mis deux petites tables et une poutre au milieu, raconte l'attaquant des Herbiers, Ambroise Gboho. Il nous a dit 'Regardez ! Est-ce que je peux traverser ?' On a tous répondu 'Oui'. Il l'a fait une deuxième fois, plus vite. Puis, il nous a dit 'Regardez ! Je suis dans les bonnes conditions, sans vent, à 100 mètres au-dessus du sol. Est-ce que je peux le faire encore ?' On a tous dit 'Là, ça commence à être chaud'. Mais il ne voyait pas ça comme ça. Pour lui, c'était la même chose. Il voulait qu'on se concentre pleinement sur notre objectif et visiblement ça a eu de l'effet puisqu'on s'est qualifié."

"Il m'arrive de me mettre en scène pour faire passer mes messages, reconnaît Stéphane Masala. Si j'ai besoin de monter sur une poutre ou de faire le poirier, je le fais sans souci." Une méthode bien à lui, qu'il entend péréniser dans le temps même si son contrat avec Les Herbiers se termine à la fin de la saison. "Je ne sais pas ce qui va se passer. Je n'ai pas le diplôme pour entraîner en National la saison prochaine, rappelle-t-il. J'ai fait une demande à la FFF pour passer le BEPF. Si j'étais inscrit à la formation, j'aurais la possibilité d'avoir une dérogation" "En se qualifiant mardi, ce sera plus compliqué pour la Fédé de lui interdire de passer le dîplome", imagine son ami Franck Lorenzetti. De quoi se dire qu'en cas de qualification il mettrait dans l'embarras la Fédération ? Nous n'en sommes pas là. Mais avec ce parcours, il ne fait aucun doute que Stéphane Masala s'est déjà fait une petite carte de visite.

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