Jules Keita 3

PORTRAIT – Qui est Jules Keita, le jeune attaquant prometteur du DFCO ?

Dijon. Jour d’entraînement. Quelques fidèles du DFCO s’amassent devant le terrain des Poussots, dont la pelouse verdoyante a fait peau neuve cet été. Les admirateurs du matin dissèquent la séance sous un soleil de plomb, lunettes et casquette vissées sur la tête. C’est la répétition des gammes. Les élèves sont impliqués, appliqués. À la fin de l’opposition, tous se plient au plaisir d’un petit bain de foule pour le retour aux vestiaires. Quelques visages familiers s’arrêtent pour le jeu des photos. Un sourire, toujours. Quelques accolades, parfois. Le cadre est accueillant.

Jules Keita est un des derniers à se présenter dans la file indienne. Ses accélérations ont encore fait leur effet. Tout juste débarqué en Côte d’Or après un passage à Bastia, ce jeune dribbleur de 20 ans est une nouvelle coqueluche du public dijonnais. Comme d’autres avant lui, il symbolise une stratégie gagnante pour un club habitué à détecter des talents dans les divisions inférieures avant de les faire éclore. L’affaire est bien engagée. Rencontre.


SON PARCOURS : « La Coupe du monde U20 est ma plus belle expérience »


Formé au FC Atouga, Jules Keita a fait ses armes en Guinée avant de débarquer à Bastia. Son illustre papa - Mamadou Aliou Keita dit N'Jo Léa - avait dignement porté les couleurs de la Guinée. La nouvelle recrue du DFCO a cette même faculté à affoler les défenses. Dans toutes les équipes de jeunes de la Guinée, des U17 aux U20, ses performances ont toujours sauté aux yeux. La CAN et la Coupe du monde de la catégorie U17 l'ont révélé en 2015. "Bastia m’a repéré à la Coupe d’Afrique. Ils ont ensuite contacté mon agent et j’ai signé deux ans là-bas. J’étais stagiaire pro", explique-t-il pour Goal. Deux ans plus tard, il crève encore plus l'écran au Mondial U20, malgré le parcours abrégé de la Guinée. "C’était en Corée du Sud. C’est ma plus belle expérience jusqu’à maintenant. C’est un bon moyen pour se faire remarquer". 

Jules Keita 3

Stagiaire pro à Bastia, où il avait signé deux ans, le jeune homme a été séduit par le DFCO pour une première expérience dans l'élite. "J’ai souvent regardé Dijon à la télé. C’est une équipe où il y a beaucoup jeunes joueurs, j’ai dit à mon agent que je voulais faire un test ici à Dijon". L'acclimatation est express. Le cadre familial et la vie de groupe y sont pour beaucoup. "Ah ouais, ici, c’est comme ça (rires) ! Depuis que je suis arrivé, je m’entends avec tout le monde, avec les joueurs, le coach, les dirigeants. Je me suis directement intégré dans le groupe".


SON JEU : « Au pays, les gens m’appellent Baba Neymar »


Jules Keita est encore un talent brut. Un type de profil rapidement identifiable visuellement, avec une arme claire : l'accélération. "Mon point fort, c’est ma vitesse et ma qualité de dribble avec le ballon". Explosif sur les premiers mètres, ce poids plume (1,68m, 56 kg) dispose aussi d'une belle pointe de vitesse. Cela lui permet d'être aussi percutant dans de petits espaces que sur de plus longues distances, lors des phases de contres. Son goût pour le dribble est assumé, ce qui accroît sa marge importante dans d'autres secteurs, comme ses derniers choix ou son repli défensif. "Défensivement, je dois m’améliorer. Le coach m’explique les choses, petit à petit ça va aller", concède-t-il.

PS Jules Keita

Loïc Chalier, membre de la cellule recrutement du DFCO, l'avait qualifié sur le site officiel du club de "véritable feu follet", relevant "une certaine facilité dans les uns contre uns". Son modèle ? "Neymar ! (affirmatif, ndlr). C’est mon idole, lui ! Au pays, les gens m’appellent Baba Neymar (rires). Il y a beaucoup de surnoms là-bas, moi c’est celui-là". Pour le moment, ses entrées sont remarquées. Il a notamment provoqué un penalty pour son baptême en Ligue 1, à Montpellier (1-2). "Je débute les matches sur le banc pour l’instant, mais le coach me demande d’apporter quelque chose à chacune de mes entrées. Je peux jouer à tous les postes de l'attaque, sauf avant-centre. Je n’ai jamais joué dans l’axe". À gauche ou à droite donc, l'attaquant varie ses courses. Capable de repiquer pour frapper comme la mode actuelle le veut, il se plait aussi à déborder pour distiller des centres en retrait. Question de circuits, d’automatismes et de position.


SES OBJECTIFS – « Je veux devenir un très bon joueur de Ligue 1 »


Jules Keita le sait, il n'est qu'au début d'un voyage où se présente l'étape la plus difficile à passer. Celle du grand saut. L'écart entre deux divisions est bien réel, mais le Guinéen l'a anticipé. "Je ne suis pas surpris par la Ligue 1. Je voulais faire une bonne préparation, c’est ça qui m’a facilité les choses (il a été le meilleur buteur du club lors de la pré-saison, ndlr). Après forcément, c’est plus dur ici qu’à Bastia au niveau athlétique". Avec l’attractivité grandissante du championnat de France, le Dijonnais a eu une idée en tête : prospérer en Ligue 1.

Il faut dire qu'avec un bon démarrage et un style offensif, le club bourguignon génère un contexte idéal pour son développement."On a très bien commencé avec le DFCO (deux victoires en deux matches, ndlr). On est deuxièmes. En entrant en jeu souvent comme je le fais là, je vais m’intégrer très vite. Je veux m’inscrire dans la durée dans le championnat".  L'objectif de Jules Keita tient en quelques mots, "devenir un très bon joueur". Et pour y parvenir, le dribbleur n'hésite pas à se fixer un objectif quantifié. "Je veux marquer beaucoup. C’est aussi une façon d’obtenir la confiance du coach. 10 buts en championnat, ce serait bien pour la première année (rires)". L'histoire est lancée. 

Propos recueillis par Jean-Charles Danrée, à Dijon

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