Il était arrivé à Monaco au début du mois de juillet dernier en suscitant quelques interrogations chez ceux qui n’avaient jamais entendu parler de lui. Pour les fins connaisseurs, Jonathan Panzo (2000) était déjà répertorié depuis un moment parmi les jeunes défenseurs centraux européens les plus prometteurs de sa génération. « Il a toutes les qualités du défenseur central moderne, résume Tony White, l’un des recruteurs en chef de Chelsea qui l’a vu grandir ces dernières années. Il est grand, athlétique et technique. Il a un profil complet parce qu’il est fort dans les airs, au duel et il est très à l’aise avec le ballon ». Un portrait-robot élogieux qui s’accompagne d’une personnalité que les formateurs monégasques ont commencé à découvrir et à apprécier. Installé en équipe réserve et avec les U19 qui disputent la Youth League, Jonathan Panzo avance avec l’objectif de rejoindre au plus vite les rangs de Thierry Henry.
Un défenseur tourné vers les autres
Du haut de ses 1m85, Jonathan Panzo a la silhouette du défenseur central costaud élevé aux duels rugueux du football anglais. Mais paradoxalement, c’est peut-être dans ce domaine qu’il doit encore étirer sa progression pour s’adapter totalement aux exigences du championnat de France. "Il n’est pas encore tout à fait mature physiquement, reprend Tony White, spécialiste du football français. Il est très calme avec le ballon et cherche toujours à relancer proprement ce qui compense parfois ses difficultés lorsque les attaquants adverses imposent un gros défi physique. Je pense qu’il n’est pas loin du niveau Ligue 1" En Principauté, le natif de Londres donne également cette impression. S’ils s’attendaient à voir évoluer un énorme potentiel, David Bechkoura et son staff l’estiment en avance sur les temps de passage prévus à son arrivée. D’autant que "JP" - "Jipi", comme le surnomment ses amis avec la prononciation anglaise - s’intègre très rapidement à son nouvel environnement. Grâce à la langue française, d’abord, dont les sonorités lui sont familières. D’origine ivoirienne, sa mère Laurence lui avait tant bien que mal inculqué quelques notions. "Il faisait la tête tous les mercredis parce que j’avais imposé qu’on ne parle que français à la maison ce jour là, se souvient-elle rieuse. Il n’aimait pas ça mais ça l’a aidé, il commence à bien parler et au club ils sont contents de son évolution."
Au delà de la barrière de la langue qu’il franchit donc à grands pas, Jonathan Panzo développe aussi facilement des liens avec ses nouveaux coéquipiers grâce à sa personnalité tournée vers les autres. "Il a quelque chose en lui qui fait que les gens l’apprécient partout où il passe, témoigne sa mère avec qui il vit à Monaco. C’est quelqu’un de souriant et respectueux mais il est surtout très sensible aux autres." Proche des gens qu’il fréquente au quotidien, Jonathan Panzo développe des relations intenses avec ses amis qu’il compte en nombre et reçoit régulièrement. "À Londres il invitait toujours 4 ou 5 amis à lui qui jouaient à Manchester City, Birmingham ou Wimbledon, se souvient Laurence. Ils venaient le week end, s’installaient quelques jours à la maison, m’appelaient tata… Et ça recommence à Monaco ! Il y a quelques jours je suis rentré et il était en train de jouer à la console avec 3 jeunes que je ne connais pas encore." Parmi eux, Eliot Matazo, un jeune belge également arrivé cet été sur le Rocher avec qui il peut parler quelques mots d’anglais… et partager ses rêves d’évolution aux cotés de Thierry Henry. Comme beaucoup, le nom du champion du monde 98 a une résonance particulière pour lui qui se souvient l’avoir vu à Stamford Bridge sous les couleurs d’Arsenal. "Même si tout se passait bien avec Leonardo Jardim avec qui il avait fait la préparation estivale, il est très content de sa nomination parce que c’est une légende, conclut Laurence Panzo. Et puis il parle anglais donc il espère que cela lui donnera plus d’assurance dans l’assimilation des consignes." S’il continue à les respecter, Jonathan Panzo devrait bientôt pouvoir les appliquer en Ligue 1.
