Depuis cet été, Peter Bosz est l'entraîneur de l'Olympique Lyonnais. Dans un long entretien accordé au magazine So Foot et paru ce mois-ci, il explique sa philosophie de jeu et évoque sa relation avec Juninho, le directeur sportif du club.
Sur le niveau de la Ligue 1
« Quand j'ai signé ici, beaucoup de gens m'ont dit que la Ligue 1 était difficile, parce qu'à part deux ou trois équipes, tout le monde défendait et jouait le contre. Honnêtement, jusqu'à présent, ce n'est pas le cas. […] Nos adversaires défendent bien, mais ils savent aussi attaquer et venir nous chercher haut. Je ne sais pas si c'est nouveau cette saison ou s c'était déjà le cas avant, mais je ne m'attendais pas à ça. »
Sur ses influences
« Une grande partie de ma vision du jeu provient de Johan Cruyff. […] Si je copie Johan Cruyff, les joueurs vont le sentir et réaliser que ce n'est pas vraiment moi. C'est comme si je me mettais à faire du Mourinho, à imiter ses conneries. Ce serait fake. Lui est comme ça, il est authentique. Après sur le plan tactique, là oui, je prends beaucoup de chose de Cruyff, mais aussi d'autres entraîneurs. Sampaoli, par exemple, j'adore, c'est vraiment spécial ce qu'il propose. Quand il était sélectionneur du Chili, il jouait avec deux défenseurs centraux de petite taille, alors que tout le monde pensait qu'il fallait des types de deux mètres super costauds. Ses centraux, ils pressaient, c'était impressionnant. »
Sur les entraîneurs dont il n'aime pas le style de jeu
« Mourinho, je déteste, mais c'est sa façon de jouer, ça marche et il a remporté beaucoup de titres avec ses idées. […] Bielsa porte surtout ce côté extrême de Cruyff. Moi, j'essaye d'être réaliste. Ce n'est une stratégie kamikaze, du style, « allez tous devant et après on verra ». Le style de jeu de Didier Deschamps avec la France ? Je préfère celui de l'Espagne. Mais la France a remporté la Ligue des nations, elle est championne du monde en titre, donc là-dessus, on ne peut rien dire. »
Sur sa relation avec Juninho
« Tout se passe très bien, même si je ne le connais que depuis quatre mois. On discute tous les jours et on sent tout de suite qu'il a été un grand joueur. Il connaît vraiment bien le football et sait ce dont on a besoin. Emerson, Shaqiri et Boateng sont arrivés, et c'était un recrutement bien ciblé. Il connaît exactement les qualités des joueurs de notre équipe ou des adversaires. Je ne peux pas vous donner de détails, mais en arrivant, il m'a fait une revue minutieuse de l'effectif. Je lui faisais confiance, mais je voulais quand même voir par moi-même. Tout ce qu'il m'a dit s'est vérifié. »


