L'équipe de France débutera dimanche prochain son parcours dans l'Euro féminin, avec une première rencontre face à l'Italie. Avec désormais Pauline Peyraud-Magnin dans les cages.
"Aujourd'hui on n'arrive plus la fleur au fusil"
Interrogée par L'Equipe à quelques jours de sa première grande compétition comme n°1, la gardienne de la Juventus s'est confiée sur les ambitions des Bleues.
"Quand je regarde dans le rétro, je me dis : 'Qui l'aurait cru ?' Never give up (N'abandonne jamais), c'est ma phrase. Je me suis dit tous les jours : 'Il y a moyen, c'est possible'. Je voulais aller au bout. J'avais fait la promesse à quelqu'un de ma famille d'aller le plus loin possible", a-t-il assuré au quotidien.
Une équipe de France qui fait partie des candidates à la victoire finale. "Il ne faut pas se dire favorites, car, aujourd'hui, le foot féminin a changé. On n'arrive plus la fleur au fusil en se disant qu'on va gagner, tempère Peyraud-Magnin. Alors, oui, au classement FIFA, on est troisièmes. Mais, pour moi, ce n'est qu'un chiffre."
Passée notamment par Arsenal, la gardienne se verrait bien disputer la finale du tournoi, le 31 juillet prochain à Wembley.
"Si je m'imagine jouer la finale ? Oui, parce que je suis fan de Queen. Ce serait comme Live at Wembley. J'aimerais trop entendre We are the Champions dans ce stade. C'est un rêve. J'espère qu'on va y aller avec mes copines."
"En France on est vachement fermés sur le sujet de l'homosexualité"
Pauline Peyraud-Magnin revient également sur son choix de dévoiler publiquement son homosexualité, en 2020.
"Le fait de partir à l'étranger m'a aidée, m'a ouvert l'esprit, dit-elle. J'ai dévoilé mon homosexualité, mais ce n'était pas conscient. J'ai juste mis une photo avec ma copine et tout le monde m'a appelée. Sujet croustillant ! Je n'ai pas trouvé ça courageux.
"On m'a posé des questions qu'on ne m'avait même pas posées il y a quinze ans. C'est un sujet encore vachement épineux en France. Je n'ai pas reçu que des bonnes choses, mais j'ai reçu beaucoup d'amour. Ça fait vraiment chaud au cœur. J'ai parlé pour que ça entre dans la vie de tous les jours et qu'on arrête d'être très négatif sur ce sujet."
Une question compliquée à évoquer en France, par rapport à d'autres pays européens, notamment. "Chez nous, je pense que c'est culturel. Pour avoir joué dans quatre pays, je trouve qu'on est vachement fermés sur le sujet. On avance à tâtons. On est très long à évoluer", poursuit l'intéressée.
"Il faut lâcher les chevaux et y aller. À un moment donné, ça existe, il faut arrêter d'être offusqué. On a le droit de vivre comme on veut. On n'embête personne, on n'est pas là pour juger qui que ce soit. Venez, on se respecte."
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