Omenuke Mfulu Red StarGetty

Omenuke Mfulu (Elche) : "Cette montée en Liga, c'est comme une consécration pour moi"

Omenuke Mfulu s'apprête à découvrir la Liga avec le club d'Elche, promu cette saison. Une récompense pour le milieu de terrain de 26 ans, passé par Lille, Strasbourg, Reims ou encore le Red Star. Pour Goal, il revient sur son parcours, sa première année en Espagne et révèle ses ambitions pour la suite.

Vous venez de monter en Liga avec Elche, comment s'est passée votre adaptation en Espagne et qu'avez-vous ressenti après la victoire contre Gérone (1-0) en finale d'accession ?

Omenuke Mfulu : C'était un moment unique. On joue au football pour vivre des émotions comme celle-là. On a tout de suite pensé à nos familles, à nos proches, et à cette longue saison, qui a vraiment été très, très longue avec le Covid et cet arrêt des compétitions. C'était un grand moment !

Vous avez disputé 900 minutes au total en championnat, pour 18 matches. Êtes-vous satisfait du rôle que vous avez joué dans cette montée ?

Je ne suis pas complètement satisfait parce que j'ai eu une blessure, un début de pubalgie et sans ça je pense que j'aurai fait une saison plus complète. Mais la montée atténue ce sentiment. J'ai participé à tous les matches de playoffs et quelques matches importants quand même. J'aurais aimé joué plus, mais je retiens le bon côté avec la montée.

Votre coach Pacheta n'a pas été prolongé malgré la promotion en Liga. Vous comprenez ce choix ?

Ce sont des paramètres qu'on ne maîtrise pas. On a changé de propriétaires il n'y a pas longtemps. Je n'en sais pas plus... Tout s'est passé très rapidement et maintenant c'est un nouveau projet. Je remercie le coach Pacheta et je lui souhaite le meilleur pour la suite. Pour nous, il faut passer à autre chose. On est tous derrière Elche et le nouveau staff pour continuer à faire du bon travail.

"Mon aventure au Red Star m'a complètement relancé"

Cette saison reste quand même plutôt bonne pour vous. Elle récompense votre abnégation, avec un parcours atypique. Rappelons que vous avez connu trois clubs pros à la formation : Strasbourg, Lille et Reims. Ce n'est pas commun...

C'est vrai que j'ai un parcours atypique avec pas mal de changements de clubs et des scénarios différents chaque saison. Cela vient récompenser le travail que j'ai fait jusque-là. Je suis descendu de division, je suis remonté, j'ai fait une saison blanche avec Reims aussi... Du coup, c'est comme une consécration pour moi, même si je n'ai que 26 ans et que j'espère en vivre d'autres. Je reviens un petit peu au premier plan après des moments difficiles.

À Reims, vous avez signé professionnel en 2014. Vous avez même joué en Ligue 1. Et pourtant, tout s'est enrayé avec cette saison blanche dont vous parlez en 2016-2017. Comment l'expliquer ?

On est descendus en Ligue 2. Le coach a changé. Michel Der Zakarian a pris les rênes de l'équipe et il ne comptait pas sur moi. Malheureusement, je n'ai pas réussi à trouver une porte de sortie à temps. Je suis resté là et ça a clairement ralenti ma progression.

Quand on fait l'historique de votre carrière, on voit d'ailleurs que vous avez connu énormément de changements de coaches.

Exactement. À Reims, j'ai connu quatre ou cinq entraîneurs en trois ans et demi. Au Red Star, j'en ai connu trois en deux ans. Là, on change d'entraîneur à Elche. Je suis arrivé dans des cycles où il y avait peu de stabilité dans les clubs où j'étais. Ce n'était pas l'idéal, mais je me suis toujours accroché pour prouver et essayer de faire ma place.

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Au Red Star, vous avez fini par hériter du brassard en L2. Que retenez-vous de vos deux ans là-bas ?

Mon aventure au Red Star m'a complètement relancé après ma saison blanche à Reims. J'étais venu pour retrouver du temps de jeu, et c'est ce que j'ai eu. Ce n'était pas prévu que je sois capitaine. C'était Formose Mendy. Mais avec le changement de coach, j'ai fini avec le brassard. C'est sûr que ça a été une étape importante.

Comment Elche est venu vous chercher l'an dernier ?

Le discours était très clair. Ils m'ont observé sur mes saisons au Red Star, mais aussi à Reims. Quand je les ai rencontrés pour la première fois, limite ils me connaissaient par coeur. Ils connaissaient mon parcours et tous les postes auxquels j'avais évolué. Ils cherchaient vraiment un joueur de mon profil et je n'ai pas hésité longtemps.

"Pouvoir découvrir la Liga c'est exceptionnel : je veux goûter à ça"

Pensez-vous avoir évolué en tant que footballeur cette saison en Espagne ? Si oui, dans quels domaines ?

Même si j'aurais pu jouer davantage, j'ai progressé au niveau technique et tactique. Ici, on travaille beaucoup les sorties de ballon, on repart du gardien, on prend beaucoup de risques. Je me suis retrouvé dans des zones où il faut gérer le pressing de l'adversaire. J'ai retrouvé le poste de mon enfance, comme n°8, box-to-box, capable d'aller dans les deux surfaces. C'est dans ce rôle que je me sens le mieux et c'est aussi ce qui a fait que j'ai pu montrer toutes mes qualités. 

Avec le changement de propriétaire et les mouvements inhérents à ce genre de contexte, avez-vous la garantie de rester à Elche ?

Je suis un joueur de l'effectif, j'ai un contrat (2021), et ils comptent sur moi de ce que je sais. C'est sûr qu'il y aura des changements dans l'effectif, mais ça c'est le coach et la direction sportive qui s'en occuperont. Je suis tranquille, car on a une saison de Liga à préparer.

Ce serait frustrant de devoir quitter le club alors que vous avez l'opportunité de découvrir la Liga ?

C'est quelque chose d'exceptionnel de pouvoir découvrir la Liga. C'est l'un des deux meilleurs championnats du monde pour moi. Je veux goûter à ça. Je serai heureux de participer à cette expérience et je devrai y participer, même si on ne sait jamais dans le football. Je ne suis pas inquiet.

Cela n'a pas empêché des clubs français (Lorient, Toulouse) de se renseigner ces dernières semaines. Revenir en France un jour, ça reste dans un coin de votre tête ?

C'est toujours envisageable, mais je suis très bien en Espagne et ce n'est pas d'actualité en ce moment.

Intégrer la sélection du RD Congo dont vous avez été le capitaine en U20 est un objectif aussi ?

C'est complètement un objectif. J'espère que ça se fera bientôt, en tout cas je travaille pour. J'ai le sentiment que je ne suis plus très loin. Il va falloir continuer à travailler très fort pour y arriver.

Propos recueillis par Benjamin Quarez

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