José Anigo connaît l'Olympique de Marseille comme sa poche. Directeur sportif, entraîneur intérimaire, entraîneur principal, l'ancien défenseur a occupé tous les postes ou presque dans son club de coeur. Parti de l'OM à l'issue de la saison 2013-2014 pour des raisons personnelles, José Anigo conserve un attachement au club et continue de s'intéresser à son actualité. Parfois très critiqué à son époque, l'ancien directeur sportif peut jubiler devant le travail de ses successeurs.
Dans une interview accordée à Canal +, José Anigo ne s'est pas montré très tendre envers le Champions Project de l'Olympique de Marseille et envers les hommes portant se projet : "Les conséquences financières seront lourdes s'il n'y a pas de C1. Même sur le sportif, il n'y aura peut être même pas d'Europe pour l'OM. Ce serait un coup d'arrêt. Un coup d'arrêt brutal pour le Champions Project ? (Rires) Je ne sais même pas ce que c'est leur projet, ça me fait un peu rire. À Marseille, il ne faut pas faire d'annonce. Il faut arriver sur la pointe des pieds, montrer qui tu es, faire des choses. Quand tu fais les choses et que tu les mets en application, ça vaut beaucoup plus que les mots. Cet effet d'annonce va peut-être leur tomber sur la gueule un de ces quatre. Les gens s'attendaient à beaucoup plus grand".
"Le recrutement ? Strootman ? Sincèrement je ne vois pas l'intérêt de faire partir Anguissa à 23 ans pour récupérer 30 millions d'euros, qui a peut être dix fois moins en salaire, pour prendre un joueur plus âgé qui sortait de plusieurs blessures au genou. On lui met un contrat de cinq ans. Mais moi je me dis, si c'était moi qui avais eu cet échec, avec à peu près 60 millions d'euros sur le banc, on aurait dit c'est Anigo donc c'est opaque. Là c'est pas moi et j'en ris un peu. Tous ceux qui ont parlé beaucoup doivent se dire aujourd'hui que le football n'est pas si simple", a ajouté l'ancien entraîneur de l'OM.
"Garcia partira en juin"
Getty ImagesJosé Anigo a défendu les supporters et ne croit pas à un départ de Rudi Garcia avant la fin de saison : "Rudi Garcia ? S'en séparer maintenant ça sert à rien. Les supporters aujourd'hui c'est un conflit ouvert par rapport à plein de choses. Il fallait réfléchir avant, les considérer comme une partie du club. La nouvelle direction ne connaissait pas l'environnement. Ils pensaient pouvoir faire sans eux. Moi, j'ai pris la pression du peuple marseillais, je pense que l'histoire de Garcia se terminera au mois de juin. Je ne la vois pas aller plus loin et les supporters ne lâcheront pas comme ça".
L'ancien directeur sportif espère que Mario Balotelli sera la solution : "Inquiet non, parce que je sais que ce club tous les deux ans, deux ans et demi traverse une période de crise. Oui, c'est dans l'ADN du club de connaître ces situations. J'ai vu le dernier match, j'ai vu l'entrée de Balotelli, j'ai vu l'équipe perdre pied par moments. Alors est-ce que Balotelli sera capable d'être un élément fédérateur, de relancer la machine je n'en sais rien, je leur souhaite mais sinon ça va être compliqué. Je ne trouve pas de fond de jeu dans cette équipe, je ne trouve pas d'équilibre. Je la trouve même en difficulté au niveau du jeu".
"Je pense que c'est des raisons financières. C'est toujours pareil quand tu connais pas l'environnement, tu penses que tu as le temps, que tu es protégé de tout, et justement quand les contre performances arrivent tu fais les choses dans l'urgence. Et dans l'urgence ce n'est jamais bon. Ils ont une chance inouïe avec Balotelli mais je pense qu'ils auraient pu le faire dès cet été. Il faut être un peu barjo pour être dans ce club et je pense qu'il est assez compatible pour ce club", a conclu José Anigo.




