Il ne s'agit pas d'une nouveauté car le 4-4-2 losange est un peu la roue de secours habituelle de Bruno Genesio. En fin de saison dernière, déjà, l'entraîneur rhodanien avait expérimenté ce système qui lui avait permis de tirer le meilleur de son groupe dans la dernière ligne droite du championnat. Vendredi dernier, face à Rennes, l'OL s'est donc présenté dans son ancien habit qu'il semble toujours aussi bien porter. Mis à part la suppression d'un poste offensif, l'animation en losange présente beaucoup d'avantages et met plusieurs joueurs phares dans les meilleures dispositions.
Fekir reste dans sa position préférée
Même s'ils n'ont pas fait preuve d'une grande maîtrise sur la pelouse du Roazhon Park vendredi dernier, Bruno Genesio devrait bien reconduire le losange. En dépit de quelques questions en suspens sur la gestion des tempos et des espaces à la perte du ballon, le système offre plusieurs perspectives intéressantes. Il permet, avant toutes choses, de garder Nabil Fekir en position de numéro 10. Tout comme dans le 3-4-2-1 qui avait fait son apparition cet hiver, le capitaine lyonnais peut jouer à un poste axial derrière deux attaquants, là où il préfère évoluer et où il devrait continuer à s'exprimer en vue d'une prochaine prolongation de son contrat.
Plus à l'aise dans cette position, Nabil Fekir présente plus de garanties sportives et le 4-4-2 losanges permet à Bruno Genesio et à l'état-major lyonnais d'y lier des considérations un petit peu plus politiques. Le revers de la médaille se situe dans le secteur offensif où le coach lyonnais dispose d'un joueur de moins. Sans les deux excentrés, Bruno Genesio doit donc constituer une paire d'attaquants pour son animation. En considérant que Moussa Dembélé, par son profil de numéro 9 unique, dispose d'une place particulière, Memphis Depay, Martin Terrier, Bertrand Traoré et Maxwel Cornet se disputent l'unique créneau restant. Une abondance au poste qui peut également avoir des répercussions positives sur la concurrence et l'émulation au sein du groupe d'autant que Memphis Depay, l'autre star de l'effectif, se plait plus dans cette position qu'il occupe notamment avec les Pays-Bas.
Un meilleur équilibre et plus de libertés pour Aouar et Ndombélé
L'absence de joueurs offensifs excentrés n'est pas un grand manque à gagner pour l'OL qui est une équipe qui centre peu (8e équipe du classement sur cette statistique). Le système en 4-4-2 losange fait la part belle au milieu de terrain qui se renforce. Avec la présence de Lucas Tousart en numéro 6, les Lyonnais apparaissent mieux équilibrés et gèrent avec plus de certitudes les phases de transition défensive. Tanguy Ndombélé et Houssem Aouar, cantonné ces dernières semaines dans un double pivot qui les empêchait d'exploiter leurs qualités offensives, ont davantage de libertés.
GettyAlors que le profil box to box de Tanguy Ndombélé rendait ses carences moins visibles, Houssem Aouar était plus impacté. Vendredi dernier, l'international Espoirs français est apparu bien plus libéré et sa feuille de statistiques pointe une certitude : son rendement est bien meilleur lorsque son activité est soutenu par une sentinelle. Beaucoup plus présent dans le jeu avec ballon, son rayonnement s'est étendu des ballons touchés aux duels disputés (89 et 24, les deux plus haut totaux de son équipe) et ses zones d'actions se sont agrandies pour toucher les 30 derniers mètres où sa vision du jeu et son intelligence situationnelle font la différence.
Avec Nabil Fekir, Memphis Depay, Tanguy Ndombélé et Houssem Aouar placés dans des conditions idéales, l'OL pourrait bien finir la saison en trombe, comme il avait su le faire lors de l'exercice précédent. Avec, en bonus, la possibilité de disputer une finale de Coupe au Stade de France. Pour cela, Bruno Genesio et ses hommes devront battre le Stade rennais mardi au Groupama Stadium (21h10).




