Nabil FekirGetty

Olympique lyonnais - Nabil Fekir, une immunité qui pose question

Il n'était pas simple, mardi soir, de se recentrer sur le sportif. Mais avant la scène dramatique de la conférence de presse conjointement mené par Bruno Genesio et Jean-Michel Aulas (voir par ailleurs), l'Olympique lyonnais avait livré une piteuse prestation face à Rennes, à l'image de celle de Nabil Fekir. Comme vendredi dernier sur la pelouse du Roazhon Park en Ligue 1, le capitaine lyonnais s'est montré hors du coup pendant 90 minutes, incapable de faire la différence et de l'accepter pour tenter de faire autrement. Son immunité - qui s'explique par son statut et les circonstances contractuelles- commence à poser de sérieux problèmes. 

Mardi, en demi-finale de la Coupe de France face à Rennes, Nabil Fekir n'a rien fait de bien. Emprunté devant le but, il n'a fait aucune différence par le dribble et a même montré un manque de dynamisme sur les appuis qui l'empêche d'être celui qu'il était par le passé. Entre ses approximations et une cascade de mauvais choix dictés par l'individualisme de l'attaquant, tout est allé de travers. Mais avec son joueur phare dans cet état, l'OL se saborde plus que de raison. 

Son rendement n'est pas à la hauteur de son privilège

Avec 23 buts et 9 passes décisives toutes compétitions confondues la saison dernière, Nabil Fekir apportait lui-même les solutions aux problèmes que son positionnement pouvait poser. Cette année, les statistiques ne racontent pas la même histoire et le capitaine lyonnais n'a pas souvent résolu les équations qui se dressaient sur la route de son équipe. Au contraire, les dernières semaines de compétition montrent même que l'international français a tendance à les rendre plus compliquées. Avec un rendement moindre (12 buts et 8 passes décisives en 33 matches), les aléas de son poste font davantage surface. 

Quoi qu'il en coute, Bruno Genesio choisit de mettre son champion du monde dans les meilleures dispositions, à son poste préférentiel, dans l'axe, derrière un ou deux attaquants. Les conséquences sont automatiques : moins de densité dans le milieu de terrain et une précarité assumée dans l'équilibre de l'équipe. Lorsque les offensifs marquent, l'édifice reste solide. La saison dernière, les 92 buts inscrits par les attaquants (Fekir, Depay, Traoré, Mariano et Cornet) avaient largement compensé des carences déjà existantes dans le jeu. Cette saison, les 53 buts marqués par Fekir, Depay, Dembélé, Traoré, Terrier et Cornet ne les masquent pas autant. 

Comment justifier alors le positionnement inamovible de Nabil Fekir qui, en plus des déséquilibres qu'il cause, entrave l'expression de Memphis Depay ? Contrairement à la fin de la saison dernière que l'OL avait terminé en trombe, les pièces du puzzle s'assemblent moins bien. Jusqu'à présent, avec la volonté de placer Fekir en 10 au détriment du reste, Bruno Genesio s'est évertué à vouloir faire entrer un carré dans un rond. Et puisque tout indique que le capitaine, en contrat jusqu'en juin 2020, ne sera pas soumis à la même concurrence que les autres, l'entraîneur lyonnais dispose d'encore 8 matches pour finalement y parvenir. 

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