Dimitri Payet Marseille 2021-22Getty Images

OL-OM : Indignation généralisée, la faute à la LFP

Drôle de saison, décidément. Pour la première fois depuis bien longtemps, le jeu a repris ses droits en Ligue 1. Et le championnat n’a jamais été aussi passionnant à suivre, malgré un manque évident de suspense pour le titre. Il convient donc d’en profiter. Pleinement. Avant que les 0-0 ne reviennent nous hanter. Mais certains excités, au QI sans doute peu élevé, en ont décidé autrement. Pourtant privilégiés par leur présence au stade, à quelques mètres des joueurs qui nous font tous rêver, ces derniers payent donc leur billet… pour lancer des bouteilles sur les acteurs de la rencontre.

Nice-OM a créé une jurisprudence trop molle

Et à Nice comme à Lyon, avec l’OM et surtout Dimitri Payet pris pour cibles, ces gestes condamnables et condamnés ont entraîné l’interruption du match. Et des sanctions. De la part des autorités pour les personnes responsables des agressions (hormis le lanceur de bouteille à Nice, ndlr), et de la part de la commission de discipline pour les clubs concernés. Problème : celles de l’organe de la LFP ne conviennent à personne. Rappel du barème actuel, vu que Nice-OM a visiblement créé une jurisprudence : un point de retrait, et match à rejouer.

La décision de la commission «n’est pas à la hauteur des enjeux»

«Ça veut dire qu’à chaque fois qu’on va frapper un joueur, il y aura un point ferme et la possibilité de rejouer le match ? Je pense que ce n’est pas à la hauteur des enjeux», s’est insurgé le directeur de la communication de l’OM, Jacques Cardoze, ce jeudi sur les ondes de RMC. Difficile de lui donner tort sur ce point. La sanction paraît trop clémente, encore une fois. Et elle n’empêchera sans doute pas d’autres énergumènes de faire de la publicité à la célèbre marque d’eau de source par la suite. Notamment en toute fin de saison, lorsqu’un point de plus ou de moins ne pèse plus rien pour certains clubs.

Dimitri Payet Lyon Marseille Ligue 1Getty


L’OL crie à l’indignation

Et pourtant, du côté de l’OL, on crie à l’indignation ! «La commission de discipline a fait le choix de céder à l’émotion», a écrit le club rhodanien dans un communiqué, en se réservant «le droit de faire appel de la décision». Avec un argument plus que recevable : «La commission de discipline a créé une inégalité de traitement sur une même saison entre les clubs, où des actes bien plus graves ont entraîné des sanctions bien plus légères que celles décrétées contre notre équipe», peut-on également lire. Comme pour Cardoze, il est ici difficile de donner tort à l’actuel 12e de Ligue 1.

Des évènements bien plus graves à Nice qu’à Lyon

Car si l’on compare les évènements de l’Allianz Riviera à ceux du Groupama Stadium, les pensionnaires de la seconde enceinte peuvent clairement se sentir lésés. À Nice, plusieurs dizaines de supporters ont - rappelons-le - pénétré sur la pelouse pour en découdre avec les Marseillais. L’un d’entre eux a même tenté d’asséner un coup de pied (!) à Payet. Et si le milieu offensif a - avant cela - eu le réflexe de renvoyer une bouteille dans la tribune, c’est bien parce qu’il en a reçu plusieurs. Sans oublier le fait que les coupables n’ont été ni identifiés ni inculpés (hormis celui du coup de pied, ndlr), contrairement à OL-OM.

Nice MarseilleGetty

La commission piégée par sa jurisprudence

Peu importe pour la commission de discipline, à priori. La jurisprudence, molle au possible, a été appliquée à l’OL. Qui, il est vrai, aurait effectivement pu crier au scandale s’il avait été sanctionné d’une défaite sur tapis vert. Car c’est bien avant que la Ligue aurait dû frapper fort. Dès le début, dès Nice-OM. Si le supporter lyonnais avait auparavant vu les Aiglons «offrir» les trois points à l’OM, aurait-il gâcher ces gorgées d’eau - toujours précieuses au stade, encore plus dans le kop - pour les envoyer dans le visage de Payet ? On ne le saura jamais, mais il y a fort à parier que non.

Le voeu pieux de Longoria

Indignation généralisée, donc. À Lyon, comme à Marseille. La faute à une commission de discipline trop lâche, incapable de taper du poing sur la table. Et finalement piégée par sa jurisprudence Nice-OM. «Je souhaite simplement avoir un règlement clair dans lequel les sanctions qui s'appliquent sont actées pour chaque type d'incident, a déclaré l’éclairé président de l’OM, Pablo Longoria, dans L’Équipe. Cela éviterait à tout le monde de se poser des questions à chaque fois.» Un voeu sans doute pieux. En attendant le prochain jet de bouteille…

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