Marcelo Bielsa a annoncé son départ du poste de sélectionneur de l’Uruguay. Cette nouvelle n’est guère surprenante : l’Argentin n’a pas réussi à éviter les conflits internes, et la Celeste a été éliminée dès la phase de groupes après une Coupe du monde catastrophique.
L’Uruguay avait été versé dans un groupe comprenant l’Espagne, l’Arabie saoudite et le Cap-Vert. Vue comme le grand favori pour terminer deuxième derrière l’Espagne, la Celeste a finalement terminé parmi les quatre pires troisièmes et a dû rentrer chez elle.
Après deux matchs nuls contre l’Arabie saoudite (1-1) et le Cap-Vert (2-2), la Celeste devait battre l’Espagne. Bien que l’équipe ait affiché un niveau de jeu supérieur à celui des rencontres précédentes, une erreur de Fernando Muslera a finalement coûté la victoire à l’Uruguay (1-0).
Peu après son erreur, Muslera est rentré aux vestiaires de son propre chef. Le remplacement de la star Federico Valverde, sorti dès la 55^e minute, a également surpris. Le capitaine a cédé sa place pour renforcer l’attaque, a justifié Bielsa, visiblement frustré.
Valverde, furieux de sortir, a observé depuis le banc un sursaut offensif insuffisant pour percer le verrou espagnol. Quelques heures après l’élimination, Bielsa a convoqué la presse pour officialiser son départ.
« Je suis responsable de cette déception », a-t-il notamment déclaré. « Bien sûr, je n’ai pas à définir cette performance. Si vous me demandez comment on se souviendra de mon passage en équipe nationale, je dirai que c’est une période durant laquelle je n’ai rien laissé derrière moi. »
« Je ne laisse rien au football uruguayen, car toute contribution que je pourrais apporter à un pays où j’ai travaillé pendant trois ans ne prendra pas racine si aucun résultat n’est obtenu », a-t-il expliqué.
En coulisses, ses relations avec le groupe se sont rapidement détériorées : il a notamment refusé la demande de quatre joueurs expérimentés (Sergio Rochet, Manuel Ugarte, Rodrigo Bentancur et Valverde) qui souhaitaient organiser une réunion.
Ces quatre joueurs, mandatés par le groupe, souhaitaient aborder l’intensité des séances d’entraînement, jugée trop élevée, et les problèmes physiques qui en résultaient. Ils proposaient également d’adopter une approche plus défensive contre l’Espagne que celle prévue par Bielsa.
Bielsa a rejeté leur demande et a convoqué l’ensemble du groupe pour une réunion. Il y a réaffirmé sa méthode, exacerbant encore les tensions.
Les joueurs, déjà refroidis par sa dispute publique avec Luis Suárez, ne voulaient plus entendre parler de Bielsa. « Les réunions étaient fractionnées et ne duraient jamais plus de 10 minutes », explique-t-il à propos de ces échanges très controversés.
« J’ai consulté des experts pour m’adapter aux mentalités des jeunes et ils m’ont dit que les réunions devaient être plus courtes et avoir lieu à des jours différents afin de ne pas surcharger l’attention des joueurs. »
Bielsa affirme que ses méthodes n’ont pas affecté les performances sur le terrain. « Un ancien international uruguayen (Diego Lugano, ndlr) a déclaré qu’on voyait très clairement sur le terrain que le groupe et l’entraîneur étaient divisés. »
« Moi, je soutiens le contraire : nous étions assez unis pour courir 20 % de plus que l’Arabie saoudite, 30 % de plus que le Cap-Vert et 25 % de plus que l’Espagne », a-t-il conclu.
