"Quel était le score ? 3-0, (en montrant trois de ses doigts). Qu'est ce que c'est aussi ? Les trois titres de Premier League que j'ai gagnés, plus que tous les 19 autres entraîneurs de Premier League réunis. Trois pour moi, deux pour eux. Alors respect." José Mourinho a gratifié les journalistes d'une conférence de presse mémorable suite à la défaite 3-0 de son équipe contre Tottenham lundi soir. Dans l'excès, comme souvent, l'entraîneur portugais a tenu à rappeler aux observateurs quotidiens de MU son rang et son palmarès, pour tenter de masquer un début de saison raté. Pourtant le contenu de son match contre les Spurs n'est pas à jeter entièrement. Contrairement à celui face à Brighton, United a proposé du jeu et des séquences intéressantes mais s'est fait sanctionner par des erreurs individuelles en défense et un Lucas Moura en feu, auteur d'un doublé.
Les joueurs : une dimension mentale inquiétante
Si United n'a pas proposé un jeu flamboyant l'an passé, l'équipe avait le mérite de souvent répondre présent dans les grands rendez-vous. La première période contre Tottenham allait dans ce sens mais l'ouverture du score d'Harry Kane au retour des vestiaires a totalement déréglé l'équipe, comme si chaque coup encaissé pouvait être synonyme d'effondrement. Peu convaincu par la paire Bailly-Lindelof, Mourinho avait relancé hier Phil Jones et Chris Smalling en défense centrale. Les deux internationaux anglais, pas dans le rythme, ont coûté cher à leur équipe.
Devant, Le trio Lingard-Lukaku-Pogba a eu quelques fulgurances en première période mais pas assez pour inquiéter une équipe solide et qui se connaît depuis de nombreuses années. Avec ses choix, Mourinho écarte petit à petit certains joueurs qui semblent avoir la tête ailleurs, comme Anthony Martial, qui pourrait faire ses valises dans les prochains jours. Comment aussi ne pas évoquer le cas d'Alexis Sanchez, recruté en échange de Mkhitaryan l'hiver dernier et qui est sérieusement à la peine depuis son arrivée (trois buts en 20 matches).
GettyL'entraîneur : le mercato a encore du mal à passer
Malgré ses états d'âme observés tout le long de l'été, notamment à propos des jeunes du club ou encore du mercato, le "Special One" n'a pas voulu accabler ses joueurs à l'issue de sa plus grosse défaite à domicile dans sa carrière de manager. Bien au contraire, le technicien portugais a remercié Old Trafford pour son soutien au coup de sifflet. "Nous avons perdu contre Séville et nous avons été sifflés parce que nous le méritions. Aujourd'hui les joueurs ont quitté le match après une défaite à la maison et ont été applaudis parce qu'ils l'ont mérité, on a essayé, encore et encore."
Souvent en froid avec le public mancunien, José Mourinho semble désormais avoir l'opinion pour lui dans sa guerre interne avec les dirigeants des Red Devils, Ed Woodward en tête. Le vice-président exécutif est jugé responsable du mercato en demi-teinte : seuls Dalot, Fred et Grant sont arrivés alors que l'équipe avait des besoins significatifs. Ironie du destin, Manchester United a affronté Tottenham où évolue un certain Toby Alderweireld, défenseur central belge et cible de l'intersaison. Relancé par Mauricio Pochettino, l'ancien joueur de l'Ajax a livré une excellente prestation lundi soir.




Les dirigeants : des explications attendues par les supporters
Ils sont sans doute les grands perdants de ces dernières semaines vécues du côté d'Old Trafford. Que ce soit Ed Woodward ou la famille Glazer, propriétaire du club, leur crédibilité a été sérieusement entamée suite à ce marché des transferts où certaines opportunités ont été manquées. Si le match parle pour les joueurs avec de nombreuses défaillances observées lundi soir, la stratégie prise par l'état-major est assez floue et n'a pas de quoi rassurer les supporters.
Paradoxalement, l'action en bourse du club ne s'est jamais aussi bien portée : une valeur record à 25,8 milliards de dollars a été enregistrée lundi, après une hausse de cette action à 2%. Si les chiffres sont un indicateur concret de la bonne santé économique de Manchester United, en coulisses et sur le terrain l'agitation n'a jamais était aussi grande.
