Sept points en trois journées de Ligue 1, une qualification pour l'Europa League et des recrues bien intégrées. On pourrait penser que tout baigne à l'Olympique de Marseille et que l'OM Champions Project est lancé sur de bons rails. Et pourtant, il règne autour du club marseillais une atmosphère étrange. Comme une amertume à peine deviné. La tournure prise par le mercato et les performances de l'équipe de Rudi Garcia ont provoqué les premières critiques. Les prochains jours constitueront un véritable tournant.
Garcia à l'exploit contre Monaco
Dimanche d'abord, l'Olympique de Marseille passe son premier test de la saison. Les Marseillais se déplacent chez le champion de France, Monaco. Après Dijon, Nantes et Angers, la route s'élève. L'occasion de montrer les progrès et surtout le potentiel de cette équipe. L'OM devra faire sans Payet, Njie et Rami blessés, ni Ocampos suspendu. Et avec un Cabella sur le départ. Un bon résultat et l'OM validerait son bon début de saison. Un faux-pas et il devra gérer ses premiers doutes.
C'est surtout Rudi Garcia qui sera scruté. Dix mois après son arrivée, l'entraîneur olympien vit sa première période de turbulences. Le jeu pratiqué par son équipe ne convainc pas. Et son discours irrite de nombreux supporters. Pour l'heure, l'identité de jeu de l'OM n'est pas identifiée. Pourtant, Garcia, qui est apparu tendu ces derniers temps, a les pleins pouvoirs depuis son arrivée et évolue sans aucune pression. La direction lui a offert toute latitude pour bâtir son projet sportif. Les recrues ont toutes été validées par le coach. Les joueurs qui sont restés également. Hormis un attaquant voire un défenseur supplémentaire, Garcia a tout le matériel qu'il a souhaité. Et pourtant, il peine à offrir un visage plaisant à son OM. Y parviendra-t-il à moyen terme ? C'est tout l'enjeu des prochaines semaines. "Notre équipe n'a pas perdu depuis 18 rencontres. On joue peut-être mal au football, mais j'espère qu'on jouera comme ça longtemps car c'est un bilan qui ne me semble pas mauvais...", a déclaré Jacques-Henri Eyraud. Un discours qui ne passera pas bien longtemps si la situation comptable devait se gâter.
Eyraud aussi joue gros
Car le président est lui aussi sous pression. Peut-être bien plus encore que Rudi Garcia. Homme fort du projet McCourt, JHE a entrepris un énorme travail de fond pour structurer l'OM et lui donner un cap. Mais c'est sur le recrutement qu'il sera jugé, lui la pointe du triumvirat qu'il forme avec Garcia et Zubizarreta. "Fini la tisane, on met la pression", lui ont indiqué les supporters de la Vieille Garde jeudi dernier. "Ils aiment la bière alors ?" a rétorqué JHE sur le même ton de l'humour. Mais les supporters n'ont plus envie de rire. Ils attendent des actes de leur président qui avait répété à l'envi son fameux "Faire c'est faire taire".
À quelques heures de la clôture du marché des transferts, le mercato olympien n'est pas à la hauteur des espoirs suscités par l'arrivée du milliardaire américain. Certes, neuf joueurs ont été recrutés depuis janvier pour environ 100 millions d'euros. Tous sont d'excellents éléments. Mais il manque encore plusieurs renforts notamment le fameux grand buteur de niveau international promis. On voit mal comment l'OM pourrait en dénicher un avant le gong. En défense centrale, la seule venue de Rami ne peut être suffisante. Un latéral droit manque également à l'appel. Et au milieu, un relayeur ne serait pas de trop pour éviter au jeune trio Sanson-Lopez-Anguissa de traverser toute la saison aux côtés de Gustavo. Eyraud a-t-il l'intention de renforcer l'effectif dans ces proportions ? Le mercato d'été qu'il avait lui-même qualifié de "temps fort" du projet est pour l'heure décevant à plus d'un titre. Il reste encore quelques jours pour faire mentir les plus inquiets. Et rassurer les autres.
