Christophe Lollichon est une référence dans le monde des gardiens de football. Le Français a été coach des gardiens à Chelsea entre 2007 et 2016 et a énormément travaillé avec Petr Cech. Il est ensuite devenu recruteur des gardiens au sein du club londonien jusqu'en juin 2022. Chez les Blues, il a été le coach des gardiens de José Mourinho, Carlo Ancelotti et Guus Hiddink notamment. Invité à s'exprimer sur Hugo Lloris, il a critiqué l'ancien capitaine de l'Équipe de France.
Lloris n'est pas un gardien moderne
Invité au micro de l'After Foot de RMC, Christophe Lollichon a été interrogé sur la carrière et la valeur d'Hugo Lloris, fraîchement retraité de l'Équipe de France : « Quand on fait plus de 140 matchs, qu'on est capitaine et qu'on gagne la Coupe du monde, on passe du côté des légendes, qu'on l'aime ou pas. Son palmarès parle pour lui. Même si à Tottenham, il n'a aucun palmarès. »
Mais sur ses qualités, l'ex-coach des gardiens de Chelsea est plus critique : « Ce n'est pas un gardien qui correspond à mes critères de recrutement. Hugo n'a pas été formé dans ce qu'on attend d'un gardien de but moderne. Il est resté sur ses points forts : il est exceptionnel sur sa ligne et dans ses 5,5m mais au delà de cet espace, il n'est pas à l'aise. Et il n'a pas évolué là dessus. »Il y voit même un réel frein : « Hugo aurait beaucoup de mal pour jouer à Manchester City, c'est une évidence. Les plus grands clubs cherchent des gardiens qui jouent au pied. »
Selon l'ancien recruteur des Blues, il est même impensable qu'un gardien ne soit pas à l'aise au pied : « Pourquoi on devrait se priver d'un 11ème joueur? On voit aujourd'hui l'importance et l'apport d'un gardien qui est à l'aise avec ses pieds et qui est capable de lire le jeu. Et si on lit bien le jeu, on communique mieux, et on est donc forcément plus efficaces défensivement. »
Ne pas travailler les tirs au but? Une faute professionnelle
La finale de la Coupe du monde l'a rappelé : l'histoire d'Hugo Lloris avec les Bleusrestent tâchée quant à la question des tirs au but. Pour Christophe Lollichon, c'est un manque de travail qui l'énerve au plus au point : « Je ne peux pas tolérer que l'on dise que les penalties c'est une loterie. Certes, il faut avoir de la réussite mais des penalties, ça se travaille, ça se prépare. On analyse les penalties de l'adversaire, et on peut même analyser les routines du gardien adverse. »
Mais celui qui connaît le métier comme sa poche reconnaît un problème : certains gardiens ne veulent pas travailler.« Un entraîneur des gardiens doit récolter des infos. Après, c'est au gardien d'accepter ce type de travail, précise-t-il. Mais, selon moi, quelqu'un qui ne travaillerait pas les penalties, c'est une faute professionnelle. »
