Ligue 1 - Nîmes : avec Umut Bozok, y a comme un hic

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Meilleur buteur de National puis de Ligue 2 lors des deux dernières saisons, Umut Bozok s'accroche malgré une adaptation difficile en Ligue 1.

En l'espace d'une semaine, Umut Bozok (22 ans) a envoyé le Nîmes Olympique en huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue, avant de signer une passe décisive contre Amiens (3-0). Et pourtant, celui qui était le meilleur buteur de Ligue 2 la saison dernière (24 buts en 36 matches) traîne son spleen, dans l'attente d'un temps de jeu plus conséquent (704 minutes en Ligue 1). Samedi, ce n'est qu'à la 78e minute qu'il a fait son entrée en jeu. Il n'a touché que trois ballons. Suffisant pour offrir un but à Rachid Alioui. Mais trop peu pour le ravir. "Si vous demandez à un attaquant si un but est identique à une passé dé, je pense qu'il vous répondra non. C'est ce que je réponds aussi, ça n'a pas la même saveur", a réagi Bozok au micro de Canal+. "Mon objectif, c'est de marquer", a-t-il rappelé. Ce qui ne lui est arrivé qu'une fois cette saison, contre Bordeaux le 16 septembre.

"Son ascension a été très rapide, commentait son entraîneur, Bernard Blaquart, la semaine dernière. Mais cette fois-ci, il lui faut un temps d'adaptation. Il pensait peut-être que ça irait plus vite..." Il pensait surtout jouer davantage et se retrouve régulièrement sur le banc, au profit de Baptiste Guillaume (805 minutes en Ligue 1). Même Clément Depres, non convoqué pour le déplacement à Caen et qui n'a plus marqué depuis la 1ère journée, lui a été préféré samedi. Une forte concurrence, dans une équipe en 4-3-3, où les ailiers bénéficient du travail de sape des avants-centre pour se mettre en lumière. À l'image de Sada Thioub en début de saison, et de Denis Bouanga maintenant.

Moins dans la zone de finition et plus altruiste

"Umut s'adapte à ses partenaires et aux consignes comme le font les autres axiaux, souffle-t-on du côté de Nîmes. Ils produisent un énorme pressing, redescendent davantage et tentent de faire des décalages pour les joueurs de couloirs." Cette saison, l'attaquant franco-turc a touché 25 ballons dans la surface adverse, contre 44 pour Bouanga et seulement 19 pour Guillaume. Il doit revenir plus bas que de coutume. "Sans ce dézonage, c'est plus difficile de toucher des ballons", a-t-il concédé. Un jeu "contre-nature" récompensé par trois passes décisives, mais qui ne lui permet pas d'être autant dans les zones de vérité que par le passé. Les spectres de l'été dernier remontent aussi à la surface. Car au moment où on pensait Nîmes en droit de prolonger son contrat (2020), il n'en a rien été. Selon nos informations, aucune offre concrète n'a été formulée après divers échanges.

Umut Bozok 2018/2019
* Les ballons touchés par Umut Bozok en Ligue 1 cette saison. 25 dans la surface adverse.

Entre des prétentions élevées de la part du club pour le transfert du joueur -qui n'a jamais été proche de se faire- et des échanges infructueux pour une prolongation de contrat, l'attaquant a vite souhaité se remettre au travail même s'il a fallu du temps pour digérer ces événements. Aujourd'hui, son épanouissement n'est plus total, malgré les émotions de la saison dernière, tant sur le plan individuel que collectif. Mais il peut compter sur le soutien des supporters, qui reste "la plus belle reconnaissance", selon ses proches.

En attendant qu'il retrouve son efficacité, il s'attelle à démontrer qu'il n'est pas qu'un renard des surfaces. Son entente avec Rachid Alioui, déjà forte la saison passée, a abouti à deux buts depuis le retour de l'international marocain, malgré un temps de jeu cumulé globalement faible pour le duo. Comme Bozok, Alioui n'a pas prolongé (2019). Il joue peu jusqu'ici. Mais contrairement à son partenaire, il a retrouvé le plaisir de marquer le week-end dernier. Une sensation que Bozok espère revivre assez vite.

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