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Les 4 choses que Lucas Hernandez va apporter au Bayern Munich

22:45 UTC+1 27/03/2019
Lucas Hernandez Bayern Munchen Atletico Madrid
Lucas Hernandez, qui va poursuivre sa carrière au Bayern Munich, a plusieurs attraits dans son jeu. Gros plan.

L'histoire retiendra que le Bayern Munich a choisi les 2 défenseurs latéraux de l'équipe de France championne du monde pour entamer la profonde refonte de son effectif. Tout cela semble mûrement réfléchi. Le superpuissance allemande est en fin de cycle. Franck Ribéry et Arjen Robben ont trop de place dans ce club pour que leurs départs programmés ne soient pas en première ligne, mais le secteur défensif, vieillissant et déficient, constitue l'autre chantier majeur du club bavarois. Et pour cela, Lucas Hernandez est une recrue de choix. À 23 ans, le Français compte déjà une expérience solide du haut niveau depuis ses débuts en pro à l'Atlético, il y a quatre ans. Ce choix de carrière, loin de son cocon madrilène, dans un pays où il n'a aucune attache, en dit long sur son tempérament. Voici ce qu'il peut apporter au Bayern.

Sa polyvalence

Le nouveau cru du Bayern sera très malléable. Comme son compère Benjamin Pavard (apte à jouer dans l'axe, à droite ou même au milieu), Lucas Hernandez offre une polyvalence salutaire pour ses entraîneurs. C'est à gauche que le natif de Marseille s'est présenté au grand public, d'abord en sortant une prestation XXL en finale de l'Europa League contre l'OM (3-0), à Lyon, l'an passé, pour couronner son épopée européenne, puis en crevant l'écran en Russie avec les Bleus à chacune de ses apparitions. Hernandez a été aligné en continu, pendant les 7 matches de la grande aventure. C'est tout sauf un hasard. Mais le Français a aussi ses repères dans l'axe. Diego Simeone n'a pas hésité à lui octroyer majoritairement ce rôle cette saison. Boateng et Hummels n'offrant plus les mêmes garanties que par le passé, l'hypothèse d'avoir une charnière centrale formée par les deux latéraux de l'équipe de France prend tout son sens.

OFFICIEL - Lucas Hernandez au Bayern Munich pour 80 millions d'euros

Sa hargne défensive

Une signature. Une griffe, même, dans tous les sens du terme. Le genre d'attrait qui se voit au premier coup d'oeil. Le Français a été façonné par Diego Simeone dans le moule de l'Atlético. Cela devrait suffir à expliquer pourquoi il est avant tout un défenseur de tout premier plan dans la fonction première du poste. Un constat valable sur un côté, dans une ère où les latéraux offensifs sont à la mode. L'an passé, Didier Deschamps résumait bien les qualités du bonhomme. "Lucas met beaucoup d'agressivité dans ses duels. A un moment, des actions, des attitudes d'un ou deux joueurs réveillent un peu tout le monde. Lui, il a ça en lui, au fond de lui. Il est comme ça, ce n'est pas le seul. Il y a des joueurs, qui par leur action, leur agressivité positive, poussent les autres dans le bon sens". Alors évidemment, dans l'histoire, une question se pose : entre Hernandez et l'Atlético, qui a le plus profité à l'autre ? Il sera intéressant de voir si la nature du Français ressort autant dans une identité collective différente. Le Bayern est un club dominant. Ce nouvel environnement n'exacerbera pas son goût pour le combat. Pour les Bleus par exemple, il serait mieux que l'âpreté qui caractérise Hernandez déteigne sur ses partenaires, plutôt que l'inverse.

Ses qualités de contre-attaquant (aussi)

Bien qu'il rejoigne le Bayern pour occuper l'axe, Lucas Hernandez aura aussi l'occasion de retrouver son flanc gauche, au moins par parcimonie, s'il ne l'occupe pas de façon plus continue - l'identité de l'entraîneur du Bayern l'an prochain en cas de départ de Niko Kovac sera un facteur déterminant. Ce qui est sûr, c'est qu'il serait réducteur de lire les performances du Français à travers son seul rendement défensif. Dans son mode opératoire, Hernandez n'a pas pour habitude d'errer dans les zones d'attaque. Les expressions collectives de l'Atlético ou de l'équipe de France, basées sur un jeu plus vertical que placé, ne s'y prêtent pas, d'ailleurs. Mais le champion du monde est toujours insisif dans ses montées. Il a distillé 2 passes décisives pendant l'épopée des Bleus en Russie, une autre face à l'Allemagne cet automne (2-1), et avait obtenu un penalty contre l'Italie (3-1) en juin dernier pour tordre les premiers clichés que son profil appelait. Son volume de jeu, sa qualité de centre et sa ténacité en bout de course sont franchement remarquables.

Son vice

L'image est restée dans toutes les têtes. Des Bleus sur le reculoir, un retour autoritaire de Lucas Hernandez pour s'intercaler devant un attaquant, une protection parfaite du ballon grâce à son jeu de corps, et une chute, rapide, intuitive, presque naturelle, avant de récupérer le ballon dans les mains après un regard vers l'homme en noir, au cas où la faute n'ait pas encore été sifflée... On l'aura compris, le vice est un art dans lequel Lucas Hernandez a déjà un certain métier, du haut de ses 23 printemps. L'Atlético en a souvent profité, les Bleus aussi. Bien-sûr, dans sa longue liste de qualités, celle-ci n'est pas la plus noble, mais elle peut faire son effet dans les grands combats du printemps, en Ligue des champions, où tout se joue pour un club de cette dimension. Demandez-donc à Sergio Ramos et au Real Madrid...