Le Qatar a-t-il espionné Michael Lauber, un haut magistrat suisse qui enquêtait sur la corruption dans le cadre de l’attribution du Mondial 2022 à l’état gazier ? Oui, répond l’hebdomadaire helvète NZZ Am Sonntag. Selon nos confrères, des micros auraient été cachés lors d’une réunion informelle entre le procureur et le président de la FIFA, Gianni Infantino, le 16 juin 2017.
Des micros cachés !
La réunion aurait eu lieu à Berne (Suisse), à l’Hôtel Schweizerhof, propriété du Qatar depuis 2009, dans une salle de conférence. Où auraient été cachés les micros, donc, à une époque où le pays gazier craignait de perdre l’organisation de la compétition après plusieurs accusations de corruption et de non respect des Droits de l’Homme.
Selon NZZ Am Sonntag, Lauber et Infantino ne sont pas les seuls à avoir été espionnés, puisque d’autres membres de la FIFA l’auraient également été. Pour cela, le Qatar aurait employé d’anciens agents de la CIA. «Des documents secrets officiels attestent de cette opération d'espionnage», peut-on lire dans l’hebdomadaire, dont l’objectif aurait été de faire pression sur le procureur.
Lauber finalement écarté de l’enquête
Comment ? Justement en révélant à sa hiérarchie ses contacts avec Infantino, censés restés secrets, d’où la présence de micros. Le Qatar, qui a tout démenti auprès de nos confrères, a-t-il fait pression ? M. Lauber a été écarté de l’enquête en juin 2019… à cause de ses liens non déclarés avant le président de la FIFA. Il a démissionné un an plus tard, tandis que le Qatar a bel et bien organisé son Mondial.
